Les Chimères de Washington...

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Les Chimères de Washington...

Post by admin » Fri Jul 11, 2003 12:05 am

Discours de Brian Dean Curran, l'ambassadeur americain en Haiti, le 9 juillet 2003


Monsieur le Président de la HAMCHAM
Messieurs/Dames les Membres du Conseil d'Administration de la Chambre de Commerce Américaines d'Haiti
Messieurs/Dames les Membres du Cabinet Ministériel
Messieurs/Dames les Membres du Corps Diplomatique

Chers invités, chers amis,

C'est un grand honneur d'être avec vous ce soir et de partager quelques réflexions personnelles sur mes deux années et demie passées en Haiti. Je veux remercier Philippe Armand pour son aimable introduction et le féliciter pour les initiatives qu'il a déjà prises en tant que président de la HAMCHAM, notamment la création d'un forum entre les Chambres De Commerce Américaines des deux cotés de l'île. C'est une preuve de plus que la HAMCHAM est l'association d'entreprises privées la plus dynamique en Haiti.

J'ai eu une proche association avec la HAMCHAM depuis mes premiers jours en Haiti. Une semaine à peine après mon arrivée en Janvier 2001 comme Ambassadeur en Haiti, je m'asseyais avec le Conseil de Direction et son président d'alors, Gladys Coupet, pour commencer mon éducation sur les réalités du monde des affaires en Haiti. Depuis, je n'ai eu que les meilleures des relations avec la HAMCHAM, sous la présidence de René Max Auguste, de Cedrick Bouquety et maintenant celle de Philippe Armand. Pourtant je me demande comment j'ai pu travailler avec quatre présidents, dont le mandat est d'un an, alors que je suis au pays depuis seulement deux ans et demi. Comptabilité dynamique, je suppose. En tout cas, il y a eu moins de présidents de la HAMCHAM pendant mon temps en fonction qu'il n'y a eu de Directeur Général de Police. Et tous ont été élus dans la transparence et aucun n'a dû fuir le pays.

Philippe et le Conseil m'ont demandé de partager mes réflexions personnelles sur les 30 derniers mois. Et je suis heureux de le faire. A mesure que je réfléchissais sur le thème de mes remarques de ce soir, j'ai dû me rendre à l'évidence que la leçon la plus importante que j'avais apprise durant ces deux années et demie est que je ne savais pas grand' chose, que j'avais encore beaucoup à apprendre. Je sais et je comprends certainement que le pays est en proie à une crise fondamentale depuis quelque temps. Bien que nous autres de la communauté internationale ayons tendance à nous concentrer sur la crise politique, je comprends aussi que la crise est beaucoup plus profonde. Elle est aussi économique; elle est aussi humanitaire; et elle est aussi morale.

Et à mesure que j'essaye de comprendre ces crises, ma logique américaine y voit des inconsistances et des incohérences.


Commençons par la crise politique.

Les aspects fondamentaux sont connus de tous. Fraude électorale. Violation des droits humains. Intolérance. Impunité. La solution est aussi connue de tous : de nouvelles élections. Mais comment en arrive –t-on là ? Les négociations ayant pris fin au cours de 2002, l'OEA a par la suite tracé une feuille de route menant aux élections. La Résolution 822. La Communauté Internationale a peaufiné et interprété cette feuille de route en un document de la délégation de Haut Niveau OEA/CARICOM qui est venue en visite en mars dernier. Cette approche a été reprise par l'Assemblée Générale de l'OEA à Santiago. Ce que je n'arrive pas à comprendre c'est la raison pour laquelle le gouvernement ne saisit pas l'occasion offerte par les efforts que fait la Communauté Internationale pour trouver une issue à l'impasse politique. Ce qui est demandé n'est pas une capitulation ou une réforme en profondeur, mais le changement. Des signes clairs et concrets que les violations des droits humains, l'intolérance, l'impunité prendront fin pour que des élections non frauduleuses puissent avoir lieu. Ce qui est demandé n'est pas excessif. Comme l'a remarqué un éminent ministre des affaires étrangères du CARICOM : « Ce qui est demandé est ce que ferait n'importe quel gouvernement décent. »

Si le gouvernement n'agit pas bientôt, l'OEA devra réévaluer son rôle. Une telle réévaluation a été proposée par le Secrétaire d'Etat Colin Powell à Santiago et acceptée par l'OEA dans la Résolution 1959. Il n'est pas possible de prédire ce que seront les résultats de cette réévaluation. Personnellement, je ne crois pas que l'OEA voudra ou pourra conclure d'abandonner Haiti. Je ne crois pas non plus que l'OEA voudra transférer cette patate chaude qu'est Haiti aux Nations Unies, déjà surchargées. Ce que je crois qui en résultera sera une redéfinition du rôle de l'OEA qui pourrait inclure un effort renouvelé de la part de l' OEA de négocier une entente.

Ceci met en relief une des incohérences fondamentales dans l'approche haitienne à la crise politique : le sentiment, ou l'espoir, ou la crainte que la seule solution en serait une imposée internationalement. L'OEA, les Nations Unies, Les Marines, tout ça, pour moi, n'est qu'un laborieux marronage. Il incombe aux Haitiens la responsabilité de trouver une voie de sortie. Une solution haitienne est la seule qui soit durable. C'est pourquoi je continue de croire qu'un grand compromis historique entre le gouvernement, l'opposition politique et la société civile est nécessaire, même inévitable. Les Etats-Unis et la Communauté Internationale peuvent appuyer un tel compromis, l'OEA peut même faciliter des négociations pour y aboutir. Mais son succès repose sur une entente haitienne entre Haitiens. N'est-il pas temps de mettre les partisaneries de coté, de penser au sort du peuple haitien qui souffre de cette crise, de penser aux enfants d'aujourd'hui, les leaders de demain, qui grandissent dans cette atmosphère de crise et de ‘méfiance' ?

Bien qu'il soit vrai qu'il revienne au gouvernement la responsabilité première d'établir un climat de sécurité, je veux profiter de cette occasion pour rappeler à l'opposition politique et à la société civile que nous continuons d'espérer qu'ils s'engagent activement et visiblement dans le processus d'une manière positive et que, une fois les étapes concrètes demandes par la délégation de Haut Niveau franchies, qu'ils participeront à la formation d'un CEP. La sécurité ne sera pas parfaite, elle ne pourra jamais l'être. Mais toutes les parties devraient démontrer leur volonté de faire partie de la solution et non de contribuer au problème, en agissant une fois que des mesures raisonnables seront en place.

Aux Etats-Unis, nos partis politiques cherchent à unir des points de vue disparates sous une bannière électorale la plus large possible. En Europe de l'Est, c'était une large coalition opposée au totalitarisme qui a fait tomber les régimes communistes les uns après les autres. Par la suite, les diverses composantes idéologiques de ces coalitions sont métamorphosées en partis politiques plus traditionnels de droite ou de gauche. En regardant la Convergence Démocratique aujourd'hui, je crois qu'il serait juste de dire que leur unité demeure remarquable. C'est pourquoi il est difficile pour moi de comprendre pourquoi aujourd'hui, avant d'engager l'inévitable bataille électorale avec Fanmi Lavalas, ils se subdivisent en partis idéologiques. Suis-je en train d'appliquer trop de logique américaine en pensant que ‘l'union fait la force' s'applique à la politique électorale aussi bien qu'à autres choses? Peut-être. Mais c'est l'unité éléctorale qui compte et si c'est toujours possible entre plusieurs partis our groupements idéologiques, tant mieux. Après tout, la démocratie ne veut pas simplement dire des alternatifs, mais des alternatifs viables.

Il y a une autre incohérence qui m'a beaucoup vexé : l'incohérence dans la manière dont les vues de Washington sont interprétées ici. Ceux d'entre vous qui me connaissent savent bien que depuis mon arrivée ici en tant qu'ambassadeur du Président Clinton, puis du Président Bush, j'ai toujours parlé franchement, clairement de la politique des Etats-Unis et de ce que pourraient être ou non les nouvelles directions de cette politique. Mais il y en avait beaucoup en Haiti qui ont préféré ne pas m'écouter, le représentant du Président, mais écoutaient plutôt leurs propres amis à Washington, les sirènes des extrémismes ou des revanchismes d'un coté ou celles des apologistes de l'autre. Ils n'ont pas de fonctions gouvernementales. C'est pourquoi je les appelle les chimè de Washington. Jetez un coup d'œil sur les deux dernières années et si vous en faites une évaluation honnête, j'espère que quand vous voudrez comprendre la politique américaine, vous écouterez mon successeur, un diplomate de carrière éprouvé et cohérent, et non pas aux chimères.

Ceci dit, permettez-moi, encore une fois, d'être clair et cohérent concernant la politique américaine en Haiti. Les Etats-Unis acceptent le Président Aristide comme président constitutionnel pour la durée de son mandat qui prendra fin en 2006. Nous estimons que les élections législatives et territoriales de mai 2000 étaient entachées d'erreur et que le gouvernement haitien a la responsabilité première de les rectifier. Nous avons vigoureusement appuyé les efforts de l'OEA en vue d'arriver à un compromis négocié entre les parties qui doit conduire à de nouvelles élections. Dans le cadre de la résolution 822 de l'OEA, nous avons appuyé une feuille de route pour la tenue des élections et la normalisation des relations d'Haiti avec les institutions financières internationales. Nous continuons d'appuyer la résolution 822 et, en particulier, les demandes formulées par la délégation de haut niveau CARICOM/OEA en vue d'établir des étapes spécifiques et concrètes pour créer les conditions préalables à la formation d'un CEP crédible, indépendant et neutre chargé d'organiser les élections. A notre avis, le gouvernement n'a pas encore satisfait à d'importants éléments des demandes formulées par la délégation de haut niveau, notamment l'arrestation d'Amiot Métayer qui, en toute vraisemblance, continue de jouir de l'impunité officielle; la professionnalisation du leadership de la PNH, en consultation avec la mission spéciale de l'OEA (nous ne croyons pas que la récente nomination d'un nouveau chef de police satisfait à cette demande); et le lancement d'une campagne crédible de désarmement des escortes illégales et des bandes armées. Si le gouvernement adopte ces mesures, nous nous attendons à ce que l'opposition et la société civile participent à la formation et au fonctionnement du CEP. Les Etats-Unis, et à notre avis, nos partenaires internationaux, supporteront un tel CEP ainsi que l'organisation d'élections libres et justes.

Je pense que tout ceci est clair. C'est-à-dire les objectifs sont clairs même si le processus pour y arriver peut sembler obscure. Pour moi, je crois que le processus comportera un grand compromis historique entre le gouvernement, l'opposition politique et la société civile pour produire les changements nécessaires au sein du gouvernement, dans la police, dans le système de justice et dans l'environnement politique devant conduire aux élections législatives et territoriales. Il est difficile de savoir maintenant si ce compromis sera le résultat de l'appel au dialogue lancé par le Président Aristide le 4 juillet dernier, d'une initiative interne de la société civile ou d'éléments de la société civile, ou le résultat d'un redoublement d'efforts au niveau de la médiation de l'OEA. Les Etats-Unis appuyeront les efforts qui visent sincèrement à trouver un compromis devant conduire à des élections libres et justes.

M. Le Président, Mesdames, Messieurs,

Les Etats-Unis sont un pays constitutionaliste. C'est une des raisons qui a fait que les Etats-Unis ont passé à l'action pour restaurer l'ordre constitutionnel en 1994. L'hémisphère est aussi constitutionaliste, ceci est clairement énoncé dans la Charte Démocratique Interaméricaine. Aussi, nous sommes profondément préoccupés aujourd'hui quand nous voyons des ballons d'essai qui prévoient l'amendement de la constitution de 1987 de manière à pérenniser le régime. Après les années de cauchemar de la dictature duvaliérienne, cette constitution avait été élaborée précisément pour empêcher une telle perpétuité. Changer ces éléments de la constitution particulièrement à travers des actes d'un parlement élu de manière douteuse serait, à mon avis, fondamentalement destabilisant et incohérent et pourrait même mettre en question la legitimité du régime. J'espère que les têtes froides prévaudront.

Et j'espère que l'ultime incohérence, la nostalgie de l'ère duvaliérienne, n'induise personne à appuyer financièrement ou autrement, aucun rôle politique pour Jean Claude Duvalier. Le passage du temps ne devrait pas effacer les crimes. Les pages de l'histoire ne peuvent pas être retournées.

Cherchez de préférence parmi vos incroyablement talentueux jeunes professionnels éduqués à Harvard, Columbia, Stanford, Georgetown et autres universités américaines, à la Sorbonne ou l'HEC, à McGill ou Laval, pour une nouvelle génération de leadership politique, éprouvés dans le creuset des idées modernes, mais ici en Haiti, préparant un meilleur avenir pour Haiti et non la perennité, la nostalgie ou la revanche.


Passons à la Crise économique

La crise économique est une crise que cet auditoire connaît beaucoup mieux que moi. Nous sommes à la troisième année d'une croissance négative, la gourde a baissé de 56% depuis mon arrivée ici le 4 janvier 2001; l'investissement international est tombé à zéro pratiquement, l'épargne domestique est à la baisse, le déficit budgétaire est de 3,25% du PIB pour l'année fiscale en cours, les profits sont à la baisse, les faillites sont à la hausse.

Le récent accord avec le FMI, le Staff Monitoring Program, est un signe encourageant. Mais il y a des voix qui s'élèvent pour le critiquer et introduisent l'incertitude dans le système financier; ceci ne me paraît pas cohérent. Une des raisons principales pour la normalisation des relations de coopération entre Haiti et les institutions financières internationales, c'est d'obtenir les outils, tels les audits indépendants et de subventions de coopération technique, grâce auxquels la bonne gouvernance économique peut être encouragée et renforcée. Le Staff Monitoring Program a été signé le mois dernier et a pris effet dès le 1er avril. Les premiers signes de conformité du coté du gouvernement sont encourageants et une équipe du FMI ici maintenant s'assure que le budget pour l'année fiscale 2004 respecte les lignes directrices du Fonds. Nous devons être vigilants, bien sûr, mais encourageants, si nous voulons bien et bel sortir de la crise économique.

Parallèlement, la reprise des prêts de la BID, après le paiement des arriérés cette semaine, exigera des mesures de transparence accrûe et des audits répétés des dépenses. Ceci est un créneau d'opportunité et Haiti, et la communauté des affaires en Haiti devrait, à mon avis, saisir cette chance d'arrêter le déclin économique et de préparer la croissance.

Mais ceci ne suffit pas. Vous êtes sûrement d'accord avec moi que la clé demeure l'investissement privé. Premièrement, l'investissement international de même que l'investissement local, ne pourra décoller dans un climat d'insécurité. L'impunité des criminels est une pierre au cou de l'économie haitienne. Deuxièmement, les affaires, le commerce ont aussi besoin d'un système judiciaire indépendant et fort et d'une police qui n'est ni politisée ni corrompue. Quand la justice est à vendre, les droits des individus en pâtissent. Une économie de marché libre dépend des droits de propriété et de l'exécution des contrats. Parfois, des compagnies américaines viennent à l'ambassade pour rapporter des cas où leurs propriétés ont été saisies par des gangsters ayant des affiliations politiques ou simplement par des squatters. Dans plusieurs cas, l'investisseur américain a eu gain de cause au tribunal, mais les décisions ne sont pas exécutées. La loi nous fait obligation d'avertir les autres investisseurs potentiels de ce problème et vous pouvez bien vous imaginer l'effet de douche froide que cela produit sur ceux qui auraient choisi d'investir en Haiti. En fin de compte, c'est Haiti qui bénéficie le plus de l'adhésion à l'état de droit et aux institutions judiciaires renforcées.

Il y a un peu plus de deux ans, tout juste après mon arrivée en Haiti, j'avais eu l'honneur de faire pour la première fois un discours à la Chambre Américaine de Commerce en Haiti. A cette occasion, dont je me souviens comme si c'était hier, l'un des domaines sur lequel je me concentrais le plus était la nécessité d'un dialogue entre le secteur privé et le gouvernement : concerté, structuré, ciblé, mené de manière à débattre de thèmes relatifs à l'investissement, à la création d'emplois, à la croissance et à la diversification de l'économie haitienne. Hélas, nous n'y sommes pas encore. En fait, nous en avons pour un bon bout de temps.

Tandis que je me prépare à boucler mon terme ici, je suis quand même satisfait de certains pas très importants qui ont été faits vers l'avant. Le développement l'année dernière de l'Agenda national des Affaires, coordonné par le Centre pour la Libre Entreprise et la Démocratie (CLED) avec l'assistance du Centre pour l'Initiative Privé (CIPE), était un de ces pas en avant. Car cet exercice a rassemblé, virtuellement sans exception, toute la gamme des intérêts du secteur privé –de Port au Prince ainsi que des villes secondaires, ceux de la production à ceux des industries de service; des exportateurs aussi bien que des producteurs pour le marché local- pour se mettre d'accord sur un ensemble d'actions concrètes nécessaires de la part des autorités publiques pour faciliter les activités commerciales dans le court et le moyen terme. Et la semaine dernière, un autre pas important était fait avec la présentation par le CLED de « Haiti 2020 : vers une nation compétitive ». Ce document va bien au delà d'une simple compilation des divers conférences internationales, ateliers thématiques et séminaires que Forum 2000 a organisés pour 1200 participants.

Mais Haiti 2020 ne prétend pas être une Bible. Au contraire, il devrait être vu comme une œuvre en cours, comme le lancement d'une discussion vraiment nationale autour de sujets qui en constituent le noyau, un questionnement des actions proposées et un ajustement au niveau de certaines des solutions proposées. En tant que tel, Haiti 2020 n'appartient plus au CLED ou au secteur privé et autres groupes de la société civile qui ont contribué à sa création. L'importante campagne radiophonique qui doit débuter plus tard ce mois autour de ce document -- avec des semaines de présentations et de discussions autour de chaque chapitre, suivi ensuite d'antennes libres aux auditeurs pour qu'ils expriment leurs opinions et puissent discuter -- vise en effet, la formulation de politiques publiques, mais c'est aussi une manière d'écouter attentivement ce qui constitue les priorités pour les autres.

Haiti peut être une nation compétitive, avance Haiti 2020, mais pour qu'elle le soit, elle doit s'attaquer, de front et avec un consensus national opérationnel, à toute une gamme de tares historiques; éducation et santé, c'est-à-dire le développement du capital humain; l'environnement; une gestion macroéconomique saine, comprenant un engagement réel pour une mobilisation équitable des ressources publiques; la justice et la primauté du droit; la modernisation du système financier comprenant un élargissement, une ouverture vers des entrepreneurs jusqu'ici exclus; la modernisation de l'état ainsi que l'éradication de la corruption à tous les niveaux; l'acceptation à bras ouvert des horizons économiques, techniques, sociaux, culturels qu'offre la Diaspora Haitienne, pour n'en citer que quelques uns. Plusieurs de ces impératifs sont autant de conditions pour qu'Haiti jouisse des privilèges d'échanges commerciaux élargis compris dans la proposition de loi intitulée "Opportunités de Relance Economique d'Haiti" HERO, si elle devient loi.

Voilà une approche cohérente. Que le monde des affaires accorde ces violons pour entrer en dialogue avec le gouvernement en vue de concrétiser les recommandations de Haiti 2020 et l'Agenda du Secteur Privé des Affaires.


La Crise humanitaire

Pour moi, la crise humanitaire est différente de la crise économique quoiqu'elle y soit liée directement. Elle est visible dans les statistiques de santé du pays. Une mortalité infantile de 80 pour mille, la mortalité maternelle de 523 pour 100.000. Deux Cent Cinquante Mille (250.000) Haitiens sont séropositifs et 250.000 autres Haitiens sont mort du SIDA et de ses complications depuis le début de l'épidémie. Les victimes du SIDA sont estimées maintenant à tout juste moins de 30.000 par an et il y a plus de 150.000 orphelins du SIDA en Haiti. Elle est visible dans le taux de scolarité le plus bas de la région avec un taux d'inscription de 64% au primaire et de 20% au niveau secondaire. Seulement 32% des enfants qui commencent la première année arrivent à la huitième. Vous la voyez aussi dans le taux d'analphabétisation dans les proportions africaines- 48% d'analphabétisation adulte -- beaucoup plus élevé dans le monde rural. En effet, dans l'indice de Développement Humain des Nations Unies publié récemment, Haiti figure à la 150ème place sur 175. Seuls vingt-cinq pays d'Afrique ont fait pire et évidemment Hait est le pays le moins développé de tous les pays de l'hémisphère. Encore plus préoccupant, les Nations Unies ont aussi récemment fait un urgent appel d'assistance humanitaire en raison de la sécheresse persistante dans le Nord-ouest et les sécheresses intermittentes du Nord Est et du Plateau Central. Si donc la situation actuelle périlleuse est en train de se détériorer davantage, nous avons tous l'obligation d'agir.

Aux Etats-Unis, nous voyons les effets de la crise aussi en terme d'un accroissement régulier du flot d'immigration illégale. Pour la plupart, ces immigrants illégaux se dirigent vers la République Dominicaine, la destination traditionnelle. Mais, avec l'économie dominicaine souffrant du plus faible taux de croissance depuis des années et secouée par un scandale bancaire de proportions pharamineuses, la disponibilité d'emplois pour les Haitiens est pour le moins problématique. D'où la préoccupation grandissante des Bahamas -où un tiers de la population est déjà haitienne – et des Etats-Unis. Tout juste le weekend dernier, nous avons rapatrié 464 immigrants illégaux à Port-au-Prince. Est-ce le début d'une nouvelle tendance ? Avons-nous atteint le seuil critique dans le monde rural où la désespérance et l'espoir l'emportent sur les maigres chances d'un voyage de six jours vers la Floride du Sud dans un bato po pistach?

Nous autres de la communauté Internationale devrons avoir une approche cohérente à cette crise humanitaire. Les Etats-Unis ont augmenté leur assistance cette année à Haiti. Les zones sources de migration traditionnelle seront particulièrement ciblées par cette assistance. Comme vous le savez, notre programme d'assistance est caractérisé par un refus de traiter directement avec le gouvernement pour des raisons politiques. L'assistance américaine est acheminée au peuple haitien par le biais des ONG et du secteur privé. Nos amis Européens ont eux aussi décidé de ne pas aider directement le gouvernement d'Haiti à cause de la crise politique. Nos amis Canadiens ont adopté une approche similaire. Mais tandis que nous sommes tous en train de réduire notre assistance au gouvernement, nous devons garder en tête les besoins humanitaires croissants de la population. La communauté internationale aussi doit être moins incohérente dans son approche et j'espère que nos amis continueront et même augmenteront leurs programmes existants d'assistance généreuse directement au peuple haitien. C'est ce que nous faisons. Est-ce pourquoi nous encourageons la BID à être prête à agir rapidement mais d'une manièr
e appropriée, maintenant que les arriérés sont réglés. La Banque Mondiale ne devra pas être loin derrière.

Dans ce contexte, je note que le gouvernement prépare une nouvelle loi pour gérer le fonctionnement des ONG. Des règlements plus clairs, la transparence dans les déclarations de douane, les exemptions fiscales correctes sont les bienvenues. Mais que ces nouvelles réglementations ne deviennent pas une forme d'harcèlement de ces organisations qui font tant pour acheminer l'assistance et l'aide nécessaire au peuple haitien.

Si nous avons une obligation morale d'aider le peuple haitien, nous devons aussi nous pencher un moment sur la crise morale qui sévit dans le pays.


La crise morale

J'ai été frappé par les deux dernières déclarations des Evêques Catholiques d'Haiti. Le 30 Novembre 2002, ils avertissaient que le navire de l'état se dirigeait vers un désastre et préconisaient des mesures de redressement. Le 23 juin de cette année, les évêques allaient plus loin et décriaient la crise morale et éthique croissante sévissant dans le pays, notant que la nation était en péril.

Je suis d'accord avec le diagnostic des évêques sur la crise morale.

Je ne comprends pas ce qui est advenu des valeurs morales quand un sénateur critique des déclarations de ses collègues et est ensuite sujet à une intimidation psychologique, est menacé d'expulsion de son propre parti et même d'une interdiction temporaire de départ. Je ne comprends pas ce qui est advenu des valeurs morales lorsque des sénateurs réclament l'arrestation d'un ex chef de Police parce qu'il a osé critiquer ou « lancer des flèches ». Je ne comprends pas ce qui est advenu des valeurs morales quand des officiels élus profitent de la vente des commodités de base au peuple Haitien, au détriment des contribuables. Je ne comprends pas ce qui est advenu des valeurs morales quand les démunis sont encouragés à investir dans une arnaque de coopératives bidons et ensuite perdent tout ou presque tout leur argent alors que les arnaqueurs corrompus se tirent d'affaires avec la complicité de certains officiels.

Je ne comprends pas ce qu'il est advenu des valeurs morales de la société lorsque le trafic de drogue est toléré. Et je ne parle pas seulement du secteur public. Ceci est un sujet qui nous affecte tous. Ou du moins, il le devrait. Considérez les résultats d'une enquête qui montre qu'en 2000, trente pour cent (30%) des élèves Haitiens du secondaire avaient accès à la drogue et que beaucoup d'entre eux en avait usés. Ou alors l'étude de la USAID de l'année dernière qui montre que l'usage de la marijuana et de la cocaine a augmenté de 30% en un an. Parents d'Haiti ! Réveillez vous! Le problème de la drogue n'est pas un problème de Lavalas, ou du gouvernement, ou des Etats-Unis. Il est devenu votre problème et peut vous ravir vos propres enfants. Mais quelle a été la réaction de la communauté des affaires, de la société civile à ce fléau? Franchement, je ne sais pas. Mais je sais que les trafiquants sont bien connus. Vous êtes probablement au courant d'un sondage récent d'HaitiScopie dans lequel 39% des répondants disaient savoir, avant qu'il ne soit arrêté, que Jacques Ketant était un trafiquant de drogue – oui les trafiquants de drogue sont connus. Ils s'approvisionnent dans vos magasins, vous leur vendez des maisons ou leur en construisez de nouvelles, vous prenez leurs dépôts, vous éduquez leurs enfants, vous les élisez à des postes dans les chambres de commerce…

Cette bataille ne peut être laissée au gouvernement. Sans l'appui de la communauté, nous ne pouvons pas gagner. Mais nous persévèrerons, nous ne pouvons pas accepter l'intolérable, nous ne serons pas complaisants. A cet effet, nous venons une nouvelle fois de révoquer les visas de trafiquants haitiens. Des officiels chevronnés des deux pôles du spectre politique; des agents de police; des hommes d'affaires et leurs familles.


Mr. Le Président, Mesdames et Messieurs,

A mesure que nous approchons de 2004, nous devrions anticiper une célébration digne de la portée universelle de l'Indépendance Haitienne de 1804. Mais au cœur de ces crises, particulièrement politique et morale, la célébration encourt un danger. Mon pays, pour ne citer que lui, se considère un cousin historique d'Haiti. Pourtant, nous ne pourrons que très difficilement envisager une délégation de haut rang aux festivités de l'année à venir si la situation ne s'améliore pas, si les conditions ne sont pas créées pour la formation d'un conseil électoral, si nous ne sommes pas assez avancés dans les préparatifs pour les élections en 2004 qui pourraient sortir Haiti de l'impasse. Quant à présent, ce que nous savons qui adviendra en 2004 n'est pas une grande célébration mais plutôt une descente vers une gouvernance à coup de décret. Le parlement actuel, issu des élections contestées de mai 2000, sera en grande partie caduc. La plupart des fonctions parlementaires, y compris l'approbation de nouveaux emprunts de la BID et d'ailleurs, ne seront plus possible. Quel genre de testament cela sera-t-il à la démocratie haitienne, aux héros de l'indépendance?

J'espère sincèrement que ce sombre scénario peut être évité. Le peuple mérite mieux. C'est pourquoi, comme vous le savez, nous avons choisi de concentrer nos efforts de célébration du Bicentenaire sur la profonde culture haitienne. Le Festival de Vie Populaire du Smithsonian à Washington DC de la mi-juin à la mi-juillet se portera sur Haiti. La culture populaire haitienne sera présentée au Mall, en plein cœur de la Capitale de l'Amérique pour être vue et admirée de tous. Ce sera un grand pas positif pour l'image ternie d'Haiti aux Etats-Unis.

Mais pour en revenir à un thème antérieur, la Communauté Internationale ne peut pas sauver la démocratie en Haiti. Cela, les Haitiens seuls le peuvent.

Ezili Danto
Posts: 197
Joined: Sat May 31, 2003 11:57 pm

A good hammer to use on those mental chains

Post by Ezili Danto » Mon Jul 14, 2003 3:35 am

One et repe Jafrikayiti;

In reference to your above post dated, Sun Jul 13, 2003 8:50 pm, post subject, "Bon Vent!"

I've got nothing to say.

I only want to reinforce what you, Jafrikayiti wrote, over and over and over again. Maybe put it to music. It should be published and republished and republished.

Jafrikayiti writes: "Maladi a, se anti-Ayisyanis laplipa endividi ki nan klas ki gen privilèj ekzèse pouvwa politik ak ekonomik nan peyi a. E anti-Ayisyanis sa a, se yon bagay yo aprann depi yo piti, sou ban lekòl, sou ban legliz, nan reyinyon 'club litéraire', 'brigadye', 'anfannkè' elatriye.... “

Jafrikayiti writes: “ Depi 3 zan gen yon swadizan kriz electoral…………..kouman ou esplike ke Ayisyen ki nan klas privilejye a, ………yo TOUT aksepte al chita nan fouk etranje pou yo pran direktiv. Se paske yo anti-Ayisyen. Anti-yomenm. Pwo-etranje. “

Jafrikayiti writes: “Lè yon anbasadè Meriken kanpe nan yon 'Chanm Komès' epi li pwenti dèyè li nan tout direksyon pou li gaye depi se endijesyon ki te antòtye bil li... epi se gwo aplodisman li resevwa.....se sèlman plizyè jou annapre chak nèg ki te fin aplodi tankou esklav plantasyon k ap aplodi bastonad esklav parèy li...koumanse ap konprann ke se nan direksyon li mouche a t ap voye move lodè li yo....sa vle di ou annafè ak anpil moun lanvè-landwat. Yo pa konprann ki moun yo ye, sa y ap fè kote yo ye a, ni kouman yo fè kote yo ye a.”

What can I say? except, something is clearing, a vision is starting to emerge….. If Haitian fratricide doesn't stop and see the way, see that the net results of their actions in Haiti, remains pwo-entranje, anti-Ayisyen. anti-yomenm. Then, many more of us Haitians in the US will be “disappeared” like the people in Pinochet's Chile, except it will be called “indefinite detentions,” in US immigration holding pens. Then, in Haiti, in the next ten years, our poorest will continue to be displaced off their lands, like the hydroelectric dams have displaced the Dalits (untouchables) and Muslims in India, to make way for Euro/US multinational corporations and their export agribusiness and their economic/Structural Adjustment Plans, or, Haiti will go the civil war ways of the Congo, Sudan…..

Jafrikayiti writes: “Depi plizyè ane CIA ap fè ti dife boule ant Lavalas ak Convergence pandan y ap finanse yon ti klik mèsènè tradisyonèl nan sektè ekstrèm dwat la pou yo vin dechouke yo toulede sou teren politik la. Anpil nan vrè dirijan ti klik sa a, se etranje yo ye. Poutan, tankou yon bann enbesil mesyedam Lavalas ak Convergence yo kontinye ekzekite ti pyès teyat yo ba yo jwe a, pandan y ap obsève pouvwa ti klik etranje anti-Ayisyen sa a k ap pran jarèt dejouzanjou. “

I think the last paragraph needs to be read twice and put in capital letters:

Jafrikayiti writes: "DEPI PLIZYÈ ANE CIA AP FÈ TI DIFE BOULE ANT LAVALAS AK CONVERGENCE PANDAN Y AP FINANSE YON TI KLIK MÈSÈNÈ TRADISYONÈL NAN SEKTÈ EKSTRÈM DWAT LA POU YO VIN DECHOUKE YO TOULEDE SOU TEREN POLITIK LA. ANPIL NAN VRÈ DIRIJAN TI KLIK SA A, SE ETRANJE YO YE. POUTAN, TANKOU YON BANN ENBESIL MESYEDAM LAVALAS AK CONVERGENCE YO KONTINYE EKZEKITE TI PYÈS TEYAT YO BA YO JWE A, PANDAN Y AP OBSÈVE POUVWA TI KLIK ETRANJE ANTI-AYISYEN SA A K AP PRAN JARÈT DEJOUZANJOU."


Yes, indeed: POU YO VIN DECHOUKE YO TOULEDE SOU TEREN POLITIK LA.

Sure you're right! - "TANKOU YON BANN ENBESIL MESYEDAM LAVALAS AK CONVERGENCE YO KONTINYE EKZEKITE TI PYÈS TEYAT YO BA YO JWE A, PANDAN Y AP OBSÈVE POUVWA TI KLIK ETRANJE ANTI-AYISYEN SA A K AP PRAN JARÈT DEJOUZANJOU."

True that! Sure enough!

Jafrikayiti writes: “Pou nou konprann maladi sa a, fòk nou etidye yon lòt maladi ki nan menm fanmi an…….Ayisyen ki nan klas privilejye a anti-Afriken?"

And he continues, by making the appropriate connections as to why, the Haitian business class and the political classes, how the privileged classes in Haiti keep jumping up and down, whenever White Massah says “jump.” Totally ignoring the Haitian majority -, the Haitian people who are not, at all, complaining or clamouring for what?- that new pro-Euro/US, pro-foreigner and anti-Haitian parliamentary elections, appointments or concessions, be made?

Patriarchy, paternalism, racism – all, are the very same Euro/American disease which has metastasized in a particular “successful” Haitian's brain, turning it cancerously anti-Haitian, anti-yomenm, anti-African. So much so that the white Brians of this world get standing OVATIONS from the bodies, whose minds and reflexes they control, whose very soul they are eating through whole, systemically and methodically. This anti-Ayisyen, and anti-African cancer of the intellectuals, business classes, of the Convergence and Lavalas leadership, both equally running after Euro/American dollars, while, as Guy astutely pointed out, in another recent post, while Haitians in the Bahamas, in the Dominican Republic, and I point, while, Haitian toddlers are indefinitely detained, Haitian immigrants are disappeared within the US immigration system, or outright shot, in cold blood, on the streets of Brooklyn (like Patrick Dorismond, etc) by the same police officers “training” the Haitian police; where we ask is the duly elected Haitian government when USAID is bankrupting the small Haitian farmer and the Madam Sara merchant, WHERE?

It is SILENT. So, what is its purpose to us-Haitians?

Thus, though we understand the mainstream Haitian press is very much bought off by the Euro/US/USAID, that the structure, the culture, the raison d'etre of neoliberalism is to distract the citizenry with political chicanery so that transparent, participatory democracy - neoliberalism greatest and most lethal enemy - does not come about; though we understand this, we still ask, in light of the plight of the Haitian peoples, at home and abroad, as enumerated above (i.e. in the Bahamas, Dominican Republic, Brooklyn, at home for the Madam Sara, etc), what concrete steps, other than to “jump,” when Massah says “jump," other than to beg for Euro/US “aid” dollars, other than to "stay busy with meetings with the Internationals" - what has the current Haitian government truly done to carry out “the burden of LEADERSHIP that comes with winning elections.”
(See Guysanto post, dated Sun Jul 13, 2003 3:14 am. Under General Issue: Haitians in the Bahamas: Un éditorial du Journal The Punch
http://www.annpale.com/viewtopic.php?t=334 )

If its obsolete, than, I say, let the dead bury the dead and let us-Haitians keep moving on, protecting ourselves by ourselves, the best we can, as the majority of Haitians, historically, have had to do from day one. But, let's not forget this when next, any Haitian politician comes to us, for support again, the next election cycle.

Jaf, you write: “Kanmarad, sa nou pa janm vle pran tan analize, sèke evènman k ap pase nan lòt peyi montre nou aklè ki sous tentennad n ap viv Ayiti jounen jodi a. Voye je gade Kongo ou va wè kouman apre kriminèl blan ki te rele Léopold la te fin pati kite peyi sa a, blan yo (Meriken, Angle, Bèlj, Franse elatriye...) te òganize yo pou yo toujou jwenn lò ak dyaman agogo pandan nèg yo byen drese pou yo anti-Kongo kontinye ap petefyèl yo youn kont lòt. Pase nan Sierra Leonne, Cote d'Ivoire epi founi je gade. Lè ou fini, gade kijan pou defann entèrè 2% blan ki nan Zimbabwe yo, tout blan sa yo mete ansanm pou fokis fòs dechoukay yo kont sila a ki ap menase pouvwa yo nan peyi sa a.”

What can I say? Except, repeat, something is clearing; a vision is starting to emerge… If Haitian fratricide and infighting doesn't stop; if we Haitians, despites our differences, don't find COMMON GROUND as “Ayisyen” and each of us don't start seeing who the real enemy is, within us and outside of us, then, Haiti slides the way of the Congo…..or, just take a look at what the Hindus are doing to the Muslims in India if you really want to know what internal divisions, abetted by the imperialists bent on exploiting it's “MARKETS” can do to a people. Look at the brutal dictatorships and regimes the US is currently propping up against the people in Turkey, Egypt, Pakistan, Saudia Arabia and the Central Asian Republics, not too mention its foreign policy towards the Palestinians and the people of Latin America.

What can I say, except that, we Haitians, of all hues and classes, from those of us in the Diaspora, to the Haitian privileged classes in Haiti, to the Haitian urban poor, slum dwellers, struggling farmer to the small vendor merchant, all we-Haitians, have ONE COMMON ENEMY– US Imperialism, racism and patriarchy, in its present form as “help,” “democracy enhancement projects,” “globalization,” “neoliberalism or Structural Adjustment,” as “humanitarian aid,” or, as the “war against terrorism,” with its organizing, lobbying and corporate media campaigns to distract and marginalize our voices in Haiti or abroad, AND, to subvert and discredit all constructive advances of the Haitian people in Haiti and abroad since our 1986 overthrow of US-sponsored dictatorship. That's our common enemy.

Jafrikayiti writes: “Ayiti ap viv menm dram tout nasyon Afriken yo ap viv toupatou sa latè. Nanm pitit li yo nan boutèy. Yo poko kase chenn, yo poko aprann renmen tèt yo plis pase yo renmen sila a k ap tòtire nanm yo a. Gen yon travay dezentoksikasyon ki pou fèt. Yon REMANBRE. E, menm jan dekonstonbray la - mete nanm nan boutèy la - transfòmasyon anti-noumenm nan te pran plizyè jenerasyon pou li te konplete, se menm jan an tou, nou pral oblije pase plizyè jenerasyon anvan nou reyisi rekonstwi fanm ak gason Ayisyen ki va anfavè Ayisyen olye li anti Ayisyen an.”

Jafrikayiti writes: “Lè sa a, non sèlman politisyen Ayisyen an ap respekte konstitisyon peyi li, jounalis Ayisyen ap respekte deyontoloji metye li nan peyi li, doktè Ayisyen an pap kite malerèz mouri nan lopital jeneral paske li poko wè koulè lajan, chanm komès Ayisyen, se Ayisyen y ap nonmen alatèt li e yo pap aplodi lè yon 'pimp ki fristre paske li pèdi nonm li' ap vin deboulonnen yon litani ipokrizi nan figi yo.”

What's happening in Liberia, the Congo, the Sudan and now all over Western Africa, including the Ivory Coast is happening in Haiti at its own scale. But, if you study these others, you'll see our divisions are not so, so, so impossible. Haiti is 80%Catholic and 20%Protestant, but because we are 100% Ginen, all of us, at some level, even the most privileged and anti-Ayisyen and anti-Afriken amongst us, unlike these other countries were their divisions is with languages, culture and religion (For instance, in Ivory Coast alone, there are 54 different African languages spoken and tons of different cultures; India, the largest democracy in the world has a communal warfare going on with the Hindus vs. the Muslims, ever since their Independence and, which, was responsible for the assassination of Gandhi, et cetera. The pogrom, killings, murder, rapes of Indian women of different religions, culture than the Hindu, etc. in India, up to this very day is off the Richter scale). In contrast, perhaps in the past, but today, I may be wrong, but I firmly believe only a felony stupid Haitian, living in Haiti, would say aloud he/she owns a phony French culture to the extent of STILL yearning, claiming:” ‘Vive nos ancêtres les Gaulois.”

Even the most Europeanized of the White powers-that, whose white women are combing the Caribbean and Africa for the dread locked Black man for their personal pleasures and to bring home as exotic sexual souvenirs); Even the White-powers that-be, today recognizes that the Haitian struggle Charlemagne Peralt and Jacque Roumain led, way back when, and as today redefined by the 1986-2003 Haitian people's movement, has indeed discredited and rendered obsolete and idiosyncratic the Haitian colonized mindset that would regurgitate Le Petit Prince in every conversation.

I'm afraid, the culture everyone wants now is the-US-dollar-over human-values culture, if you can call it “culture.” It not about, polish, taste, refinement, civility. That's a European facade. In the US, people go into politics, law, engineering, art, music literature, refinement, etc., all, not for self-development, not for service to community, but, under US-neoliberalism, nothing is worthy, valuable or successful if it doesn't make a dollar, a profit. This has become “culture” globally. We, who must put value to the African life, need to confront that. It will be harder to do so, because it's a racist mercantile beast hiding behind the facades of “the race fiction” the facades of “democracy” “advancement” “progress” “justice.” It's no longer about the phony culture of rote memorization, of learning antiquated French, from antiquated French books and those disconnected French/Belgian priests; it's not about learning the French classics and sprouting out Little Prince at the drop of a hat.

And, just as the there are no more “For Whites” only signs in public places in the US; just as the US apartheid and racial discrimination tyranny is more hidden; just as the mental colonization of successful African-Americans are more subtle, so is the anti-Ayisyen mentality of the privilege Haitians, much, much, more subtle these days - taking on other forms beyond and above the political/economic stupidity you analyze above Jaf, and which other forms, this Forum probably should start evaluating, and exposing, more.

But what I want to stress is we-Haitians have a decent basis for unifying the classes and masses at certain strategic levels, because, all Haitians, no matter their pretensions, can understand a little Kreyol, the language of the majority. So, unlike many of the countries in Africa or States in India we have a stronger starting point for unifying ourselves. For instance, we Haitians have, not only, a history of our ancestors defeating the racist/imperialist Euro/Americans in physical combat when their rule looked all but “inevitable,” we also have a language, culture and spirituality in common. Our self-esteem may have been shattered but not so much that we've lost Vodun and Kreyol - despite the Euro/US best efforts. So today, if we could STOP the mental colonization reflected in the “got a few dollars” classes in Haiti, then, all we Haitians, could turn outwards together and face, what? the Monroe Doctrine, Manifest Destiny, Dollar Diplomacy, Restoring Democracy, Preserving US National Interest, Structural Adjustment Plans, Neoliberalism; we could turn outwards together, in our pro-noumenm, pro-Ayisyen mode, and, together face whatever new form or names, white exploitation might try and take in Haiti.

Finally, Jafrikayiti writes: “Annatandan, se travay la ki pou kontinye fèt toupatou pou Ayisyen kontinye kase chenn. “

Yes, meanwhile, lets break those mental chains within us. Let's let Haitian self-love shine. Let's start trusting that no matter our difference, bottom line we are Ayisyen, we love our selves because of the legacy left to us by our African liberators. We owe them our allegiance, not the blan who wants us to be pwo-etranje, anti-Ayisyen, anti-Afriken, anti-noumenm.

Jaf, your post above, dated, Sun Jul 13, 2003 8:50 pm, is a good hammer to use on those mental chains.

Kenbe fem, pa lage.

Ezili Danto

Pitit Ginen

Face à l' arrogance d' un ambassadeur cynique

Post by Pitit Ginen » Wed Jul 16, 2003 12:57 am

Face à l' arrogance d' un ambassadeur cynique

[quote]En tout cas, il y a eu moins de présidents de la HAMCHAM pendant mon temps en fonction qu'il n'y a eu de Directeur Général de Police. Et tous ont été élus dans la transparence et aucun n'a dû fuir le pays.[/quote]

Pas une seule fois on aura entendu un ambassadeur américain parler en ces termes sous la dictature des Duvaliers. Surtout, sous le règne du père. Au moins François D. a su imposer le respect de sa personne et de celui du pays. Suis-je duvaliériste? Non! Sauf que parfois il faut avoir le courage de regarder la réalité en plein dans les yeux.

[quote]Et à mesure que j'essaye de comprendre ces crises, ma logique américaine y voit des inconsistances et des incohérences.[/quote]

Quelle logique américaine? Le soutien éternel aux sanguinaires. Un soutien qui est même parfois dénoncé dans la presse américaine. Quelle logique américaine? Des élections volées et l'imposition d' un pouvoir fasciste.

[quote]Fraude électorale. Violation des droits humains. Intolérance. Impunité. La solution est aussi connue de tous : de nouvelles élections.[/quote]

Fraude électorale! Ai-je bien entendu? Je souffre d' un sérieux problème de surdité. Violation de droits humains! Au demeurant, il importe de souligner le fait que régulièrement les États-Unis sont cités parmi les pays violateurs des droits humains dans les publications de L' ONU. Récemment les pays européens ont empêché que les États-Unis se fassent représenter dans la Commission Internationale de Droits Humains (Newsweek March 24/2003).

[quote]Ce que je n'arrive pas à comprendre c'est la raison pour laquelle le gouvernement ne saisit pas l'occasion offerte par les efforts que fait la Communauté Internationale pour trouver une issue à l'impasse politique... Comme l'a remarqué un éminent ministre des affaires étrangères du CARICOM : « Ce qui est demandé est ce que ferait n'importe quel gouvernement décent. »[/quote]

[quote]Personnellement, je ne crois pas que l'OEA voudra ou pourra conclure d'abandonner Haiti. Je ne crois pas non plus que l'OEA voudra transférer cette patate chaude qu'est Haiti aux Nations Unies, déjà surchargées.[/quote]

Ici l'ironie, le mépris, l'arrogance touche visiblement à son comble. Pourtant, des dizaines d'Haitiens étaient assis là à savourer ces propos dévalorisants.

[quote]...je continue de croire qu'un grand compromis historique entre le gouvernement, l'opposition politique et la société civile est nécessaire, même inévitable. Les Etats-Unis et la Communauté Internationale peuvent appuyer un tel compromis, l'OEA peut même faciliter des négociations pour y aboutir. N'est-il pas temps de mettre les partisanneries de coté, de penser au sort du peuple haitien qui souffre de cette crise, de penser aux enfants d'aujourd'hui, les leaders de demain, qui grandissent dans cette atmosphère de crise et de 'méfiance' ?[/quote]

Après avoir payé des salauds pour foutre le trouble dans le pays, ce sale petit cynique vient nous faire la morale. Il peut rancir autant qu'il veut. Car il n'est pas au pays adoptif de Che où l' on n' hésite pas à juger et condamner comme il faut les traites à la patrie au solde d' ambassadeurs mafieux qui osent débarquer dans un pays pour organiser la subversion. A quand cette loi qui foutra derrière les barreaux les traites à la patrie? Il faut dire que cette loi risque de ne jamais voir le jour; par le simple fait que toute la classe instruite du pays, voire celle économique, compte sur les ennemis du pays pour se nourrir, à défaut de pouvoir penser et sortir des projets de développement pour le bien du pays.

[quote]En regardant la Convergence Démocratique aujourd'hui, je crois qu'il serait juste de dire que leur unité demeure remarquable.[/quote]

Il ne manquait que ça. Sans aucune pointe de diplomatie, on nous dit qu' il faut bien accepter la réalité que ces traites peuvent servir de modele. Nous revoilà! Ils seraient même l' avenir du pays. On peut bien penser ainsi puisque la Convergence fait preuve d' unité.

[quote]Il y a une autre incohérence qui m'a beaucoup vexé : l'incohérence dans la manière dont les vues de Washington sont interprétées ici.[/quote]

N' observons-nous pas ici l' arrogance dans son élan le plus fort. Face à cette arrogance, les petits esclaves sont assis-là à délecter l'odeur puante de cette guele en décomposition.

[quote]A notre avis, le gouvernement n'a pas encore satisfait à d'importants éléments des demandes formulées par la délégation de haut niveau, notamment l'arrestation d'Amiot Métayer qui, en toute vraisemblance, continue de jouir de l'impunité officielle; la professionnalisation du leadership de la PNH, en consultation avec la mission spéciale de l'OEA (nous ne croyons pas que la récente nomination d'un nouveau chef de police satisfait à cette demande); et le lancement d'une campagne crédible de désarmement des escortes illégales et des bandes armées.[/quote]

L'ordre est formel : voici les lignes que doit suivre littéralement le gouvernement. Jaf, saurais-tu par hasard ce que le pouvoir en place a répondu à toute cette vague d' impertinence et d' arrogance? Des articles ont-ils été publiés dans certains journaux pour dénoncer cette arrogance imbécile?

[quote]Cherchez de préférence parmi vos incroyablement talentueux jeunes professionnels éduqués à Harvard, Columbia, Stanford, Georgetown et autres universités américaines, à la Sorbonne ou l'HEC, à McGill ou Laval, pour une nouvelle génération de leadership politique, éprouvés dans le creuset des idées modernes, mais ici en Haiti, préparant un meilleur avenir pour Haiti et non la perennité, la nostalgie ou la revanche.[/quote]

Les Haitiens sont incapables de créer leurs propres institutions académiques pour former une intelligentsia capable de gérer le pays; alors, mieux vaut faire appel à ses instruits aliénés qui ont été achetés par le néo-libéralisme. Bref, en Haiti, il n'existe pas de têtes pensantes, apart celles qui ont été dressées dans ces universités blanches oú le mensonge, la manipulation, la propagande, le cynisme sont de rigueur. Et le flot d' arrogance de cet espion agitateur suit son petit bonhomme de chemin.

[quote]Le Staff Monitoring Program a été signé le mois dernier et a pris effet dès le 1er avril. Les premiers signes de conformité du coté du gouvernement sont encourageants et une équipe du FMI ici maintenant s'assure que le budget pour l'année fiscale 2004 respecte les lignes directrices du Fonds.[/quote]

Si cette information est bien vraie, nous devons avoir le courage de reconnaître que Lavalas a définitivement sacrifié le pays sur l' autel des assassins, des cyniques. C' est quoi cette histoire de conformité et de "Respect des Lignes Directrices du FMI"? What the heck is that? Si tel est le cas, je prends la responsabilité de déclarer ici que Aristide et cette merde de Lavalas sont des traites.

[quote]la reprise des prêts de la BID, après le paiement des arriérés cette semaine, exigera des mesures de transparence accrûe et des audits répétés des dépenses.[/quote]

Ces 30 millions de dollars auraient pu servir à bien des projets, mais ils sont allés dans les coffres de la BID avec en échange une reprise hypothétique de prêts onéreux. Je demanderais aux militants conséquents et conscients de réaliser à quel point la situation de notre patrie est critique. Nous avons besoin de penser sérieusement au devenir de notre pays.

[quote]Premièrement, l'investissement international de même que l'investissement local, ne pourra décoller dans un climat d'insécurité. L'impunité des criminels est une pierre au cou de l'économie haitienne. Deuxièmement, les affaires, le commerce ont aussi besoin d'un système judiciaire indépendant et fort et d'une police qui n'est ni politisée ni corrompue. Quand la justice est à vendre, les droits des individus en pâtissent.[/quote]

En dépit du fait que toutes ces dérives existent aux États-Unis, cela n' a pas empêché les investissements étrangers de continuer à se déverser sur ce pays, même si le débit a un peu baissé au profit de l' Asie. Aux Philippines ainsi que dans d' autres pays asiatiques, ces mêmes dérives sont mille fois bien plus flagrantes qu' en Haiti, pourtant, les investissements américains n' ont pas cessé dans ces pays. De plus, quand est-il de la Colombie? Du Mexique?

[quote]...la préoccupation grandissante des Bahamas -où un tiers de la population est déjà haitienne – et des Etats-Unis. Tout juste le week-end dernier, nous avons rapatrié 464 immigrants illégaux à Port-au-Prince. Est-ce le début d'une nouvelle tendance?[/quote]

Quelle insinuation contiennent ces propos? Serait-ce déjà une sorte de bénédiction au massacre annoncé contre les Haitiens? Rien n' est plus évident quand on connaît l' histoire de ce pays et le parcours de ses dirigeants qui ont été associés aux crimes les plus sordides.

[quote]Les Etats-Unis ont augmenté leur assistance cette année à Haiti. Comme vous le savez, notre programme d'assistance est caractérisé par un refus de traiter directement avec le gouvernement pour des raisons politiques. L'assistance américaine est acheminée au peuple haitien par le biais des ONG et du secteur privé. Nos amis Européens ont eux aussi décidé de ne pas aider directement le gouvernement d'Haiti à cause de la crise politique. Nos amis Canadiens ont adopté une approche similaire.[/quote]

Il n' a jamais eu une telle concertation contre Cédras, encore moins contre les Duvaliers. Bref, il n' a jamais eu de telles mesures contre les dictatures les plus répugnantes de l'Amérique Latine. Il ne s' agit pas seulement ici d' un racisme international, mais surtout d' un profond cynisme blanc international avec, comme toujours, la complicité d' une multitude de chiens habitions. Nous devons, le camp du progrès, trouver les moyens de contrecarrer ce cynisme.

[quote]Dans ce contexte, je note que le gouvernement prépare une nouvelle loi pour gérer le fonctionnement des ONG. Des règlements plus clairs, la transparence dans les déclarations de douane, les exemptions fiscales correctes sont les bienvenues. Mais que ces nouvelles réglementations ne deviennent pas une forme d'harcèlement de ces organisations qui font tant pour acheminer l'assistance et l'aide nécessaire au peuple haitien.[/quote]

Jaf parle constamment de ces petits colons nostalgiques. Voici en face de nous un véritable colon qui ne cache en rien sa pensée de nous réimposer l'esclavagisme. Ce serait une grave erreur de prendre les déclarations de cet individu à la légère. Et c'est là que doit intervenir LACHASAUCHA dans une réplique et dénonciation correctes de ces menaces sournoises. Nous ne sommes pas obligés d'attendre une quelconque réaction d'un gouvernement qui s'est déjà rendu face et vendu aux conquérants. Haiti nous appartient! Nous avons donc la responsabilité de nous porter à sa défense. On se souviendra des milliers de nos frères tombés pour libérer le pays des dictatures successives. Cette lutte pour une Haiti libre ne fait que commencer. Nous devons nous y impliquer par tous moyens.

[quote]Considérez les résultats d'une enquête qui montre qu'en 2000, trente pour cent (30%) des élèves Haitiens du secondaire avaient accès à la drogue et que beaucoup d'entre eux en avait usés. Ou alors l'étude de la USAID de l'année dernière qui montre que l'usage de la marijuana et de la cocaine a augmenté de 30% en un an.[/quote]

Ecoutez ceci : un petit pion des faucons qui nous parle de l' impact de la drogue dans notre société. Soyons sérieux pour uns fois, car il semble que jusque-là nous l' avons pas été; un ambassadeur américain est si soucieux des autres qu' il leur rappelle l' effet de la drogue chez eux. C' est fort intéressant cette courbe argumentaire, non! Bon, il faut en convenir qu' il doit savoir mieux que nous, ce dont il parle. Il nous parle de l' entrée de fléau sur notre territoire. Nous avons tout intérêt à demander à cet individu par qui, d'où et comment toute cette drogue a pu atterrir chez nous. Il doit certainement en savoir quelque chose; dans la mesure où son pays en est le plus grand consommateur au monde.

[quote]Cette bataille ne peut être laissée au gouvernement. Sans l'appui de la communauté, nous ne pouvons pas gagner. Mais nous persévèrerons, nous ne pouvons pas accepter l'intolérable, nous ne serons pas complaisants. A cet effet, nous venons une nouvelle fois de révoquer les visas de trafiquants habitions. Des officiels chevronnés des deux pôles du spectre politique; des agents de police; des hommes d'affaires et leurs familles.[/quote]

En effet, on ne saurait être complaisant à l'égard de ceux (le peuple haitien) qui refusent de se soumettre aux dictas des sales colons nostalgiques; ceux-là qui ont osé défier toutes les assurances de l' histoire en vainquant l'armée la plus puissante au monde en 1803. On n' hésitera pas d' inventer les mensonges les plus répugnants pour tenter d'envahir et soumettre ces insolents. On aura été complaisant envers les Contras de Nicaragua; on l'aura été également envers les sales traites cubains; on l' aura été aussi envers l' Afghanistan des années 80. Ces trois entités pré-citées ont toutes reçu le feu vert des États-Unis pour trafiquer de la drogue à l' intérieur de ce pays. Cette histoire de commerce de drogues permis par les autorités américaines en plein cœur des ghettos noirs est bien connue. Pourtant, c' est Haiti qui tolérerait le trafic de la drogue qui atteint les États-Unis. Je l' ai dit et je le répète: nous avons pour devoir d' être mobilisés, d' être alertes, d' être éveillés, au risque d' être effacés par ces criminels sournois et cyniques.

[quote]Quant à présent, ce que nous savons qui adviendra en 2004 n'est pas une grande célébration mais plutôt une descente vers une gouvernance à coup de décret. Le parlement actuel, issu des élections contestées de mai 2000, sera en grande partie caduc. La plupart des fonctions parlementaires, y compris l'approbation de nouveaux emprunts de la BID et d'ailleurs, ne seront plus possible. Quel genre de testament cela sera-t-il à la démocratie haitienne, aux héros de l'indépendance?[/quote]

A l'orée de ce 2004, rien ne devra fonctionner. Implicitement, cet ambassadeur américain nous menace du feu de l'occupation. Regarder bien le schéma tracé par ce cynique: Le cas d Haiti ne saurait être laissé aux mains de l'ONU; ce pays doit par ailleurs se soumettre aux dictas des institutions internationales; le gouvernement doit s'accommoder des traites de la Convergence; Haiti est en outre un paradis des trafiquants de stups; enfin, 2004 ne laisse présager rien de bon. Quand on accorde le premier terme (le cas d' Haiti…) avec le dernier (2004 ne laisse présager...), s'y dessine implicitement le scénario d' une occupation. Ceux qui osent penser que ce plan macabre dénoncé ici relève de l'hallucination de la part d'un patriote haitien a tout intérêt à regarder les massacres, les crimes qu' est entrain de subir maintenant le peuple irakien. L'occupation de l' Irak nous aura prouvé que tout est possible sous le règne des fascistes. Tout est possible, absolument tout (...)

[quote]Ce sera un grand pas positif pour l'image ternie d'Haiti aux Etats-Unis.[/quote]

L' image des autres peuples, ceux du Tiers Monde, est constamment ternie.
Tous les autres peuples ne sont-ils pas des sauvages et que seuls les blancs sont civilisés! Que des policiers blancs américains soient munis de pouvoir leur permettant de tuer comme des cinglés; aucune image n'est ternie. Récemment, on a vu comment un petit fasciste (Brian) a rappelé Jaf à l' ordre parce que ce dernier a eu le courage de dénoncer les méthodes sanguinaires de l'ex-maire Giuliani. Que des enfants habitions boat-people aient été gardés en prison; aucune image n'est ternie. Que des autorités américaines aient permis le commerce de la drogue dans les ghettos; aucune image n'est ternie. Que des élections aient été vulgairement truquées; aucune image à ternir. Que des gouvernements américains successifs aient collaboré avec les dictatures les plus nauséabondes; aucune image ne doit être questionnée.

La lutte n'est qu'à son tout début. A bon entendeur salut !!!


Pitit Ginen.

Pitit Ginen

Post by Pitit Ginen » Fri Jul 18, 2003 3:51 pm

Onè tout moun,

L'intervention de notre frère JGP est, à mes yeux, d'un intérêt extrême. J'aimerais bien vite commenter certaines de ses remarques. Ne tardons pas, entrons dans les détails.

"....nous nous sommes laissés conduire comme du bétail à l'abattoir. J'en ai assez de cette triste histoire! On le sent, on le voit mais on n'y fait rien".

En effet, car c'est la politique qui détermine, définit, dessine le paysage économique, social, intellectuel, voire culturel d'un pays. Si le leadership politique d'un pays est aliéné ou bien compromis, cela reflètera sur l'ensemble de la société. En termes plus clairs, si les dirigeants politiques (ou mieux la classe instruite dans sa grande majorité) se prostituent avec les étrangers, nous serons donc, malgré nous, comme des animaux parqués dans un abattoir. Pour que l'Asie soit là elle est aujourd' hui, les dirigeants ont très tôt compris qu'il fallait changer les mentalités. Telle a été la tâche première à laquelle les révolutionnaires cubains se sont attelés. Pourtant, chez nous, de 1803 à aujourd' hui, la classe politique et instruite (consciemment et inconsciemment) s'est arrangée pour que la majorité continue de vivre à l'état primitif. Nous avons beaucoup parlé dans ce forum même de ce problème. Seul un changement radical au niveau mental, une nouvelle conception de soi et une nouvelle vision du pays tel que nous l'observons actuellement chez plusieurs de nos compatriotes, peuvent nous épargner du pire.

La majorité d'entre nous en ont assez. C'est un fait. Mais rien ne changera tant que les mentalités resteront abruties. Que ce soit pour changer la politique du pays; cela demande un travail énorme (un travail qui est en train de se faire à partir de certains débats sérieux qui se font dans ce forum même) avec tous les risques que cette mission comporte. Car nous devons penser sur les moyens d'empêcher l'ennemi d'acheter les consciences pour semer le désordre et entretenir cette division perpétuelle. Que ce soit pour amener les Haitiens de l'extérieur à investir dans leur pays ("De la Passivité à la Practibilité"); il s'agit encore d'une autre bataille à mener d'abord et à gagner ensuite. Nous devons réaliser que cette tâche colossale est à la fois théorique et pratique.

Sans vouloir sonner nullement vaniteux, je me permets de dire que j'ai déjà, en maintes reprises proposé quelques idées pratiques dans ce forum qui ont été malheureusement négligées. Je me propose de réintroduire toutes ces idées sous une forme plus élaborée. "Yon ti lide pou 2004" entre de plein pied dans cette obsession à vouloir aller vers le concret, vers le productif. A propos, je te conseillerais JPG de ne pas hésiter à partager tes bonnes idées avec les amis de ce forum. J'ai remarqué que plusieurs des leçons que j'ai apprises de toi (W sonje bèl ide sou zafè volontaria nan payi-a) ne sont pas introduites ici. Je continue de croire que si j'ai pu trouver une motivation dans tes réflexions, d'autres gens peuvent en bénéficier également. Je reste persuadé que le travail doit se faire petit à petit par une combinaison de théories appliquées ou applicables à notre réalité, ou par un mélange de théories et de pratiques.

"Haitien, Pourquoi faut-il que nous nous haissions autant. Pourquoi nous ne sommes pas tolérants entre nous tandis que nous avalions et acceptions n'importe quelle pillule fielleuse de l'étranger".

Je ne crois pas que les Haitiens se haissent (je pense ici aux masses). La division entre les éléments instruits du pays qui se déchirent pour pouvoir lécher les restes de l' impérialisme risque de nous renvoyer une image déformée de la réalité. Est-ce pourquoi ils sont prêts, pas seulement, à avaler n'importe quelle pilule de la gueule des colons; mais aussi et surtout, à éliminer tous ceux qui se dressent sur leur chemin. Ils ne sont pas seulement disposés à effacer un autre frère pour leurs intérêts de drogues, ils sont aussi prêts à vendre leur conscience pour ces millions que distribue l'ennemi sournois et cynique. Et c'est dans ce contexte que la lutte pour la libération de notre pays se révèle d'une énormité effrayante. Comment réformer une classe politique qui baigne dans la corruption, l'opportunisme depuis presque deux siècles? Comment influencer positivement les mentalités citoyennes habituées à la survie indécente? Récemment, Jaf nous parlait de l'effritement, de l'éclatement voire de l'explosion du mouvement populaire. Tout ceci mérite une analyse sérieuse lorsque nous parlons de l'avenir de notre pays. Et tu conviendras avec moi JGP que nous ne pouvons tout à fait sortir de la philosophie (un point de vue sur le réel. Un réel d'une flexibilité foudroyante.)

"Réveillez vous haitien. l'heure n'est plus à la discorde".

La discorde n'est pas prés de disparaître tant et aussi longtemps que les apatrides, les sales opportunistes aliénés continueront de dicter la donne politique. Depuis presque un bi-centenaire, nous sommes menés du bout du nez par des mécréants. Aujourd' hui encore, ce n'est définitivement pas Lavalas, qui a d'ailleurs lui-même trahi, qui dirige; mais bien la Convergence. Parce que c'est elle qui impose son désir sur l'ensemble de la nation. Et justement, nous sommes assis là en spectateurs impuissants. Que pourrions-nous faire concrètement dans cette gageure? Voilà un sujet pour débat.

"....Une conséquence de notre éducation dont le but est de la masturbation intellectuelle puis rien de pragmatique et pratique".

"...si nous accordons trop d'importance à leurs envolées nostalgiques nous commettrons une grande erreur".


Nous avons pour devoir, toi et moi, de changer cette situation. Et cela passe aussi par une bataille idéologique. Par exemple, face à toutes les critiques, voire des menaces (réunions pour la mise sous tutelle de notre patrie à Ottawa) sans parler du discours de cet ambassadeur, nous avons pour obligation de nous manifester et de dire à l'ennemi qu'il y a des Haitiens qui sont prêts à se battre pour la Dignité d' Haiti. Ce n'est pas du tout insignifiant. Lorsque le Canada fut mis en quarantaine par l' OMC suite à la maladie du SRAS, tous les secteurs se sont mobilisés pour se porter à la défense du pays. Un ambassadeur se serait exprimé ainsi sur le Canada tel que l'a fait cet américain, on aura vu des réactions très marquées dans la presse locale et sur l' internet. Le terme "masturbation intellectuelle ", tout en ayant sa justification dans notre réalité, risque de dissuader la militance authentique. Je comprends, et je m'engage résolument dans ce combat, que la pratique doit l'emporter. Mais la vigilance, ce mouvement de conscience doit continuer d'exister. C'est tout aussi important. Franchement, je dois avouer avoir été étonné de voir Castro prendre la tête de plusieurs manifestations contre les colons. En bref, il nous faut occuper tous les terrains, ne rien laisser aux mains de L'ennemi. Absolument rien.

Je suis désolé de dire que le terme "masturbation intellectuelle " a peut-être amené plusieurs compatriotes à fuir ce forum et préférer jouer les spectateurs. Ce qui est loin d'être une saine stratégie. Or, que vient de nous dire Palast : l'Internet reste l'espace militant par excellence. Fallait-il attendre ce combattant pour nous rendre à l'évidence? Dans plusieurs pays, l'Internet est fortement contrôlé. La Chine est le cas le plus cité. Mais elle n'est pas seule. Il convient de rappeler que ce control est effectué dans une optique politique. Pourquoi vouloir censurer un médium apparemment passif ? La vérité en est que l'Internet n'est pas que pour les chat rooms (espace pour rancir) et les jeux vidéos.

Il est plus qu'évident que la situation socio-économique requiert des solutions pratiques et urgentes. Nous devons maintenant et tout de suite oeuvrer dans ce sens ; sans que cela nous fasse oublier, qu'en dépit de l'échec de la classe politique, nous devons garder ferme l'esprit patriotique.

Malgré le travail colossal qu'a réalisé la révolution cubaine, toutes les média occidentales, faute de mieux, supportent unanimement—avec l'exception du Monde Diplomatique—l'embargo américain contre l'ile et s'acharnent contre Castro qui est traité de dictateur. Il ne faut jamais sous-estimer le cynisme des colons. D'un côté, ils financent la subversion dans nos pays (invasion de la baie des cochons, aide aux contras, support aux dictateurs et autres vendeurs de pays) ; de l' autre, ils nous décrivent comme des sauvages dans leurs média de masse (radio, jounaux et télévisions.)

Pendant longtemps nous avons été passifs face à ces manipulations qui ne sont pas sans influence dans la tête de nos enfants, voire nos compatriotes. Désormais, nous ne devons plus permettre que ces sordides propagandes soient l'unique point de vue sur notre réalité. As-tu vu combien ce Brian n'a pas apprécié la réplique de Jaf. Ce petit colon s'est fait surprendre. Dès que les manipulateurs se voient contestés, ils deviennent nerveux (trou manti pa fon.) Ils sentent qu'ils perdent curieusement du bon terrain et que leur glisse entre les doigts une idéologie qui a longtemps servi leurs intérêts économiques soutenus par une visée raciste. Il serait très naif de laisser le terrain entre les mains de ces sales idéologues. Ce serait même dangereux (...) En nous impliquant, en expliquant à nos compatriotes quels sont les vrais enjeux, nous permettons à certains d' entre eux de se faire une idée différente de la réalité. Nous n ‘allons pas convaincre tout le monde mais certains finiront par se rendre à l'évidence du jeu macabre de l'ennemi. Notre implication sur tous les angles (pratique et idéologique) est cruciale dans cette lute pour une libération véritable de notre patrie.

"Haiti doit passer à l'offensive et c'est à nous de donner les couleurs. d'utiliser notre savoir faire, notre créativité pour modeler notre avenir et non pas de recevoir de diktat d'un quelconque modèle américain trompe l'oeil".

Cette offensive se réalise également par une implication constante sur le terrain idéologique. Il est utile de souligner qu' au moment oú une petite tranche des éléments éclairés du pays (à l' intérieur comme à l' extérieur) se soulève contre tout diktat et manipulations extérieurs, la classe politique, dans sa grande majorité, continue d' afficher un comportement pire que des esclaves domestiques. Ce comportement nous avilit tous. Il apparait donc plus que logique que les enfants conscients du pays disent haut et fort que tous les Haitiens ne sont pas des abrutis à l'instar des énergumènes de la Convergence et de Lavalas. Cette démarche fait partie intégrante de la bataille.

Pitit Ginen.

P/S. Nous tenons à préciser pour tous nos amis que nos commentaires ne constituent en rien une appropriation personnelle des remarques de notre ami JGP. Nous pensons simplement qu'il est parfois nécessaire d'expliquer toutes les facettes de la lutte.

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