Le Transport Public en HAITI

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Le Transport Public en HAITI

Post by » Tue Dec 07, 2004 10:11 am

[quote]Une Pensée pour les Usagers du Transport Public en HAITI

Je suis en possession , depuis quelque temps , de plusieurs catalogues annuels renseignant sommairement mais suffisamment sur l'état des nations de notre monde .

Les informations de ces ouvrages assez volumineux touchent différents aspects et secteurs vitaux des pays de la Terre.

Comme il m'arrive de penser souvent au Système de Transports chez nous, et aux malheureux usagers de ce système, je suis en mesure de commenter pour vous et avec vous les données suivantes comparatives entre Haiti , la Jamaique et la Dominicanie en matière de Transport ( Ces données datent de la fin de la décennie 90 ) :

HAITI
Population : 6,491,450
Superficie : 27,750 km2
Côte : 1771 km
Véhicules : 55000
Véhic. Publics : 33000
R
outes : 4000 km ; dont 950 km revêtues ( ??? )
Voies ferrées : 40 km (circuits de la HASCO abandonnés)
Aéroports : 14 pistes dont 3 passablement revêtues .

JAMAIQUE
Population : 2,555,064
Superficie : 10,990 km2
Côte : 1022 km
Véhicules : 115000
Véh. Publics : 97000
Routes : 18200 km dont 12600 km revêtues
Voies ferrées : 370 km
Aéroports : 40 pistes; 27 praticables ; 10 revêtues

DOMINICANIE
Population : 7,826,075
Superficie : 48,730 km2
Côte : 1288 km
Véhicules : 260000
Véh. Publics : 150000
Routes : 12000 km dont 5800 km revêtues
Voies ferrées : 1655 km sur différents segments
Aéroports : 36 pistes; 31 praticables; 12 revêtues


Le constat sommaire que l'on fait à partir de ces tableaux est la grande pauvreté du système de transport en HAITI au niveau de la Caraibe. Ces données renseignent également sur le degré d'accomplissement des charges étatiques
de base par les Gouvernements successifs sur une période de temps dans ces pays.

Nous devons savoir que notre situation géographique, notre cadre hydrographique et physiographique nous permettent d'avoir les différents types de transport : maritime, fluvial, aérien, ferroviaire et routier.

Transport aérien
L'amélioration du transport aérien chez nous nécessite des investissements énormes qu'il nous faudrait rechercher. Le transport aérien est/était rentable (avant le 11 Septembre 2001). Nous appuyons les contrats de gestion de nos installations aéroportuaires qui requièrent une grande expertise. Nous souhaitons que soit poursuivi le projet de construction de l'Aéroport d'Aquin .

Transport maritime
Avec nos 1771 km de côte, la problématique de notre système de transport maritime se pose de la même façon que pour le transport aérien : il faut des investissements énormes pour aménager nos ports et une grande expertise
pour les gérer. Ici nous souhaitons que soit poursuivi le projet de la construction du port de Saint-Louis du Sud . Les organismes de défense du territoire et de la sécurité publique ainsi que les douanes doivent être à même de jouer leur rôle aux différents ports d'entrée du pays. On doit faire confiance aux fonctionnaires de ces organismes dans une décentralisation et une déconcentration bien comprises et effectives, d'où la nécessité pour l'État d'être équitable envers tous ses cadres, où qu'ils se trouvent. Autrement, la tendance sera toujours de fermer nos ports de province.

Par ailleurs, en construisant nos ports, nous devons toujours songer que notre territoire se trouve , malheureusement, sur le passage des cyclones saisonniers, et, qu'il y a lieu de leur donner une résistance particulière.

Transport fluvial
Pour avoir ce système de transport, il nous faut des cours d'eau à régime permanent. Les niveaux d'eau, les berges, les lits , le chemineme
nt des cours d'eau , fleuves et canaux d'amont en aval doivent être journellement contrôlés . Ceci fait appel à l'hydrologie, à l'hydro-géologie, à la météorologie, à la pluviométrie. Il s'agit de maitriser ici l'une des grandes forces de la nature : l'eau. On peut comprendre la technicité particulière de la gestion du transport fluvial. Bien gérer un tel système, c'est gérer , limiter et réduire les risques et les menaces d'érosion.

Transport ferroviaire
Nos 40 km de chemins de fer représentaient sans doute les circuits Plaine du Cul-de-Sac à HASCO et Léogane-HASCO
Ces rails ont été levés et/ou abandonnés, il n'y a pas longtemps.

Nous avions durant la première moitié du vingtième siècle un début de circuit ferroviaire de Port-au-Prince à Verrettes en passant par Saint-Marc. Nous l'avons éliminé sur notre parcours à reculons.

Un train permet de transporter dans un temps très court relativement, de grandes quantités de personnes et de bien
s.

La disponibilité du transport ferroviaire dans un pays est l'un des signes patents de l'état de progrès de ce pays.
Nous n'avons pas besoin de rêver d'un métro à Port-au-Prince.

Mais, définitivement, il nous faut un circuit ferroviaire interdépartemental parallèlement à nos routes nationales. Un tel projet nous porterait à augmenter la disponibilté nationale en énergie électrique.

Il n'est pas trop tard pour nous de faire étudier ce projet.

La ville d'Ottawa, la capitale fédérale du Canada, n'a pas de métro à ce jour. On s'est rendu compte qu'Ottawa a besoin impérativement d'un métro pour aider le transport public dans cette ville : le projet a été étudié et sera exécuté dans quelques années.

Transport routier
Avant que ne se pose la problématique du Transport Routier en Haiti et celle adjacemment du Développement Urbain en Haiti, il serait bon de reconsidérer l'espace Haitien, le territoire Haitien, le découpage territ
orial, les divisions géographiques.

Neuf (9) départements pour 27700 km2 d'un pays de montagnes, 133 Communes dont la plupart n'ont qu'une superficie dérisoire sans structures et sans ressources, Tout cela invite à ré-étudier et à redéfinir la planification de l'espace Haitien.

On n'aura pas besoin de réinventer la roue dans ce domaine, car il existe bel et bien des études faites sur l'espace Haitien au Ministère du Plan entre 1978 et 1985. Ces études touchent :
a) Le découpage du pays en régions. On avait trouvé 4 régions : Nord, Sud, Ouest et Transversale, qui étaient appelées à remplacer les départements.

b) Le découpage des régions en Unités Spatiales de Développement. On avait trouvé une soixantaine d'Unités Spatiales de Développement pour tout le pays. Ces USD devaient remplacer nos communes ou arrondissements bidons. Ces USD seraient les villes modernes de notre futur pays unifié où l'on n'aurait plus à parler de monde urbain et rural. Ces USD ont été choisies par a
nalyse multi-critère.

En raison maintenant de la dégradation du pays de 1985 à ce jour, il faudrait qu'on revoie ces études ainsi que les découpages proposés.

C'est de là que l'on devrait partir dans toute approche des questions infrastructurelles et physiques d'Haiti.

Quand cet exercice a été fait, et que les choix ont été faits, on peut envisager les plans directeurs sectoriels pour :
-les réseaux routiers
- les réseaux de chemin de fer
- le transport maritime
- le transport aérien
- le développement urbain
- le développement des télécommunications
- le développement du Système national d'adduction d'eau potable
- le développement énergétique.

Développement Urbain en HAITI
Un Développement urbain repensé est la garantie d'un avenir physique salutaire d'Haiti.

Il y a un certain nombre de facteurs à considérer pour HAITI, s'agissant de son développement urbain :
- Notre superficie de seulement
27700 km2 environ
- Notre forme insulaire avec 1700 km de côte
- Notre caractéristique première de terre montagneuse avec très peu de plaines.
- Notre climat
- La qualité de nos sols du point de vue géotechnique.
- Nos ressources locales et localisées
- La vocation de nos terres par région.

Il ne fait point de doute que l'une des recommandations que l'on peut faire à priori est de promouvoir la construction de buildings en Haiti sur 3, 4, 5 ou 6 niveaux dans toutes nos futures villes(les USD), question de réduire la pression sur la surface du territoire couverte aux 3/4 de montagnes, et de laisser assez d'espace pour les parkings et les espaces verts, par exemple.

C'est un fait que nous n'avons en Haiti à ce jour que très peu de villes saines et sécures pour les habitants. Jacmel fait partie de ce petit groupe, tout petit.

On devra se résoudre à étudier et à commencer à édifier des sites nouveaux de villes modernes à côté des anciennes (Port-au-Prince, Cap
-Haitien, Cayes, Gonaives, Port-de-Paix). On pourrait progressivement démolir ainsi les structures pourries adjacentes aux nouvelles villes.

La fonction des Mairies devrait être entre temps relevée, pour leur permettre d'avoir des services de Génie Municipal performants, à la hauteur d'une révolution urbaine.

Situation urbaine actuelle à PaP
Considérons les réseaux urbains desservis par les autobus de Service Plus ou Dignité, par les autobus privés, camions, camionettes , voitures, motocyclettes et brouettes de particuliers, ils ne répondent pas aux besoins de transport des gens de la population active, pour diverses raisons :

1- Ils n'ont pas été étudiés en conséquence

2- On n'est pas encore parvenu à des plans directeurs pour la circulation automobile dans nos différentes villes.

3- Les règlements de la circulation automobile ne sont ni impartialement, ni intégralement appliqués ou respectés.

4- Nonobstant certains efforts ici et là, nos rues dans l'e
nsemble ne sont pas aménagées et équipées pour favoriser une bonne circulation. La signalisation verticale est souvent absente, non fonctionnelle. Il en est de même de la signalisation horizontale qui est rarement rafraichie. Le tracé des rues laisse à désirer. Ce sont des méandres, sans alignements droits. C'est tout à fait inesthétique de jour comme de nuit, le réseau de nos rues. On n'a qu'à se tenir dans les hauteurs de Boutilliers pour contempler le spectacle désolant du tracé des rues d'une ville réalisé sans équerre. Le centre est acceptable ,mais l'extension périphérique est si tortueuse.

5- Il n'y a pas une ville au monde qui peut prétendre résoudre aujourd'hui ses problèmes de circulation sans des voies expresses , des passages dénivelés, des giratoires et des échangeurs. C'est de la technique à la portée de nos bureaux d'études, firmes d'exécution et entités de supervision d'avant-garde.

Il est prévu un passage dénivelé au projet de construction de la Route de Carrefour p
ar les rails. Il est souhaitable qu'on le fasse.

Il ne devrait pas être dit qu'on aura fait toutes ces expropriations, en l'an 2001 de notre ère, au carrefour Delmas-Aéroport-Nazon pour qu'on n'aménage qu'un carrefour à-niveau élargi avec quelques ilôts de séparation et des arrêts d'autobus.

On pouvait espérer une voie expresse de Delmas à l'Aéroport.

6- Les lois de l'Urbanisme doivent être appliquées et respectées autant que les règlements de la circulation. Une Police municipale respectée est la chose à souhaiter.

Le MTPTC projeté
Le MTPTC devrait être à la hauteur de la révolution urbaine à opérer en HAITI.

Le Ministère des TPTC ne devrait pas chercher à récupérer des attributions qui ne sont pas les siennes telles : collecte et ramassage d'ordures ménagères et autres résidus solides, approbation de plans d'études et de construction de maisons de résidence. C'est l'affaire des services de Génie Municipal des Mairies. En r
evanche, le ministère des TPTC devrait s'évertuer à devenir pleinement et effectivement un grand Ministère des Travaux Publics, des Transports, des Communications, du Logement, de l'Energie, des Equipements et de l'Environnement.

Le Ministère des TPTC doit savoir qu'il est le responsable de l'avenir physique de notre pays. Comme notre pays est à bâtir après d'immenses démolitions, alors c'est à ce Ministère que devrait être allouée momentanément la plus grande part du budget national (sans négliger les 2 secteurs de base : L'Éducation et la Santé ).

Il ne sert à rien de multiplier les ministères et les organismes quand nos ressources sont si maigres.

Le ministère des TPTC doit revendiquer la gestion de l'exécution de l'aménagement du territoire national, une fois que les plans et schémas d'aménagement ont été approuvés.
Le ministère des TPTC devrait contrôler la question de l'eau potable, de l'énergie au sein d'organismes unifiés. Pourquoi devrait-on continuer à avoir
la CAMEP d'un côté , le SNEP et le POCHEP d'un autre côté à Port-au-Prince ?

Il doit y avoir une bonne place pour tous les cadres de haut niveau du pays , mais sans gaspillage inutile.

J'en viens à la pensée que j'ai eue pour les usagers du Transport Public chez nous. Il faut voir le matin et l'après-midi aux heures de pointe la quantité de gens suspendus des 2 côtés des routes à Carrefour, sur la nationale 1, à Delmas 31-32, sur la route de Nazon, à Lalue etc... attendant désespérément un taxi ou un tap-tap sous le soleil, parfois sous la pluie. Les gens qui descendent seuls au volant de leurs voitures , évitent de regarder dans les yeux ces personnes attendant un transport public qui n'arrive pas. Ce peut être là une cause d'agressivité et d'insécurité au milieu de notre population. Le transport public dans les pays normaux est organisé pour toutes les classes sociales. Tout le monde l'utilise peu ou beaucoup. Il est subventionné par l'Etat, car l'Etat doit cela à tous les citoye
ns.Il n'est pas gratuit et les conducteurs ont une haute moralité. Ils ont la même autorité qu'un agent de la Police et inspirent le même respect.

Les humiliations subies au bout d'une corde, les risques d'accident auxquels s'exposent nos soeurs, nos filles , nos épouses et nos amies entassées dans ces pick-ups sans sièges desservant certains axes de Port-au-Prince m'ont inspiré ce message de solidarité par la pensée avec elles.

Le réaménagement global du territoire et la construction de nouvelles cités suivant les normes de l'urbanisme sont les seules voies susceptibles de transformer le cadre de la vie physique en HAITI pour la rendre saine, sécure , ordonnée et attrayante.

Il est bien évident que des études et des travaux de cette envergure ne pourront être exécutés que sur plusieurs années et mandats présidentiels. Il faut bien que nous commencions à penser long terme, pour nos enfants et petits-enfants. Il faut bien que nous commencions un jour à nous atteler à des projets
nationaux, dépassant nos projections gouvernementales habituelles. La nation devra s'unir pour des travaux de constructions nationales, comme à l'Arcahaie en 1803.

A ceux-là qui me demanderaient : Où trouverions-nous des fonds, quand nos ressources sont si limitées, pour conduire et exécuter des programmes si ambitieux de Reconstruction du Pays, en fait ?
Je réponds qu'il nous faut, à coup sûr et absolument un Plan de Soutien du Type MARSHALL d'après-Guerre et/ou une Convention plus avancée et plus étendue que celle de 1919 entre notre pays et le Grand-Frère.

Il appartient à nos Dirigeants, à notre Classe Politique et à notre Société Civile de se mettre d'accord sur la préparation d'un tel agenda diplomatique de recherche de solutions viables et durables au Mal-Développement séculaire d'HAITI. Les prérequis pour un tel Acte de Percée Nationale sont du ressort et à la portée de nos Hommes et Femmes Politiques. Est-ce trop leur demander ?


Lemane Vaillant [/quote]

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