Kèk pati nan diskou Gérard Latortue

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Manno Michel

Kèk pati nan diskou Gérard Latortue

Post by Manno Michel » Sun May 16, 2004 10:48 pm

Nan dat 6 me 2004, nou tout konen Konsèy pèmanan OEA te òganize yon seyans pwotokòl pou resevwa chèf gouvènman ayisyen an, Misye Gérard Latortue. Misye te fè yon gwo diskou devan OEA nan okazyon sa. Menm si gen kèk jou li pwononse diskou sa map pran inisyativ repwodwi pi ba kèk pati « enteresan » nan diskou sa. Dwe gen anpil nan lektè fowom lan ki pètèt pa janm li diskou sa. Se pou sa mwen te panse li taka bon pou nou li kèk pati sa yo mwen chwazi mwen menm, yon jan pou nou kapab konpare sa Latortue di, ak reyalite sa kap fèt jounen jodya nan peyi a, epi pou nou ka fè kèk bon jan diskisyon tou. Jan yo di nan lang franse a: Bonne lecture!

……..Ce gouvernement de transition que j'ai l'honneur de diriger est le fruit d'un large consensus et fait suite à un mouvement pacifique et courageux de citoyens de toutes les origines et de toutes les conditions sociales qui souvent, au péril de leur vie, bravant la répression et les violations constantes de leurs droits fondamentaux, ont manifesté leur volonté de tourner le dos définitivement à la dictature et ont choisi de travailler ensemble à la construction d'une nouvelle Haiti……..

…….Il n'est pas inutile de souligner la démarche innovante qui a permis ma désignation comme Premier Ministre et la formation du gouvernement. C'est la première fois qu'en Haiti la constitution d'un gouvernement a donné lieu à des consultations aussi démocratiques et aussi poussées. Cette manière de faire démontre qu'il est possible d'espérer qu'à l'avenir les relations politiques seront plus apaisées en Haiti. En s'inspirant d'une proposition de la CARICOM, un Conseil tripartite, composé d'un représentant du parti Lavalas, d'un représentant de l'opposition et d'un représentant de la communauté internationale, ont choisi sur une liste de personnalités proposées par divers secteurs sociaux et politiques les sept membres du Conseil des Sages. Et c'est avec ce dernier que j'ai pu, après de larges concertations, constituer un gouvernement que l'on peut qualifier de neutre et de non partisan, en qui tous les Haitiens peuvent se retrouver, peuvent avoir confiance pour la préservation de leurs intérêts et pour la défense de leurs droits fondamentaux……

…..Peut-être est-ce l'occasion aussi pour moi de vous rappeler que j'étais hors d'Haiti. Et c'est par la radio, en écoutant les nouvelles, que j'ai appris que j'avais été désigné Premier Ministre d'Haiti. Sur tous les candidats en présence, on m'avait donné comme le dernier des candidats et, le jour même de la désignation du Premier Ministre, c'est avec étonnement que j'ai appris que c'était moi que le Conseil des Sages avait désigné après avoir préparé le profil du candidat idéal……

….. mon gouvernement dont les membres ont pris l'engagement de ne pas participer aux prochaines élections et de ne pas faire partie du gouvernement qui sortira de ces prochaines élections. Aucun membre du gouvernement non seulement ne pourra être candidat aux prochaines élections, mais ne pourra pas non plus faire partie du prochain gouvernement, ne peut pas non plus accepter un poste dans la représentation diplomatique et consulaire du prochain gouvernement. Nous avons voulu prendre toutes les dispositions pour éviter toutes formes et toutes sortes de conflits d'intérêt entre le gouvernement et le processus électoral…….

En peu de mots, je veux brosser devant vous les grandes lignes de la vision de mon gouvernement pour la transition et pour l'avenir d'Haiti. J'ai conscience qu'en si peu de temps le gouvernement ne pourra pas transformer Haiti, ni prendre les décisions fondamentales qui incombent en général à un gouvernement élu. Nous croyons, cependant, pouvoir démontrer – et c'est là surtout notre objectif – qu'il est possible de gouverner autrement en Haiti que comme nous l'avons fait pendant ces 200 dernières années. Plus que des actions, c'est une nouvelle démarche que nous voulons imprimer à la vie publique. Notre objectif majeur est de remettre le pays sur les rails de la démocratie et du développement, sur les rails de l'état de droit et de l'engager sur les voies de la prospérité dans une paix sociale et politique durable…………

………Il n'est pas question pour mon gouvernement de couvrir des crimes et les violations des droits humains. Nous devons poursuivre en justice tous ceux – je dis bien : tous ceux – qui ont commis des crimes quel que soit le camp auquel ils appartiennent. Mais il n'est pas possible de reconstruire ce pays en excluant certaines catégories de citoyens uniquement en raison de leur préférence politique. Nous disons « non à l'exclusion, oui à l'inclusion ». Et nous devons trouver avec vous, j'espère, la bonne formule entre une démarche inclusive et le respect du droit de chacun à obtenir justice.

………. Mon gouvernement reste particulièrement préoccupé par la situation des plus pauvres, des plus démunis, des laissés-pour-compte, ceux qui n'ont pas la voix au chapitre. Ils sont largement majoritaires dans le pays. Aucune politique de développement ne peut réussir si elle ne prend pas en compte leurs besoins essentiels et leurs revendications. Le combat contre la pauvreté va constituer un des points centrauxde l'action gouvernementale durant cette période de transition.

………. D'autres pays de la région ont promis de participer de manière significative à la Mission de stabilisation que le Conseil de sécurité des Nations Unies vient de décider de mettre en place et c'est avec plaisir que nous les accueillerons principalement avec le grand Brésil qui va probablement prendre la position de tête de peloton dans cette force. Laissez-moi rappeler à nos amis brésiliens que quand il s'agit de football, les Haitiens sont Brésiliens d'abord et Haitiens en second lieu. J'aimerais bien voir un match Haiti-Brésil et voir tous les Haitiens pour le Brésil et contre Haiti. Les Haitiens attendent déjà les soldats brésiliens pour venir nous aider à maintenir la paix et désarmer les groupe
s armés dans le pays.

……. Mais, parlant de la CARICOM, permettez-moi de sortir un peu du texte écrit pour laisser un moment parler mon cœur. Depuis plus de 40 ans, je suis engagé et les moins jeunes de ceux qui sont aujourd'hui représentés ici peuvent se rappeler de la coopération étroite que j'ai eue depuis 1963 avec tous les pays membres de la CARICOM. Cela a commencé par des amitiés personnelles développées autour des fondateurs de la Caraibe, tel qu'Eroll Barrow, où ensemble au courant des années 60, alors que j'étais un très jeune exilé de mon pays, nous rêvions d'une Caraibe unie et démocratique. Et c'est à l'Université interaméricaine de Porto Rico à San German où j'ai accueilli des étudiants de toutes les îles où beaucoup d'entre eux sont devenus des personnalités de vos pays occupant parfois de très hautes fonctions. Je me rappelle par exemple de mon ancien étudiant, Courtney Blackman, qui est devenu Gouverneur de la Banque [centrale] de la Barbade, ou bien alors d'Anton Norris au Barbados Development Bank en Guyane. Nommez-les, je les connais tous ces jeunes économistes. Et ensemble nous avions pensé à cette Caraibe que nous voudrions voir unie et travailler ensemble. Pour la première fois en Haiti, on a su ce qu'était le Mouvement des Antilles. J'étais le premier à écrire un texte français sur Haiti et les institutions caraibéennes de développement en parlant de la CARIFTA. Mon souhait le plus profond, comme je l'ai rappelé encore il y a trois jours à mon vieux camarade et ami Edwin Carrington, Secrétaire général de la CARICOM, c'est le paradoxe de ma vie de croire et de penser qu'il pourrait y avoir une différence avec des pays de la région quand toute ma vie a été consacrée à la défense de la coopération régionale. Ce que j'entends faire est de mieux faire comprendre l'importance de la CARICOM dans la région.

………. Chers amis de la Caraibe, vous avez devant vous quelqu'un qui a consacré sa vie professionnelle à la défense de la coopération régionale. Qu'il n'y ait pas de malentendu sur ce point ! Peu de gens – et si on cherche en Haiti deux personnes qui peuvent contribuer à expliquer ce qu'est la CARICOM, ce que nous pouvons obtenir de la coopération avec les pays de la Caraibe – je suis l'une de ces deux personnes.

……… Je crois que c'est important pour moi de sortir du texte écrit pour vous le dire. Certains d'entre vous sont peut-être trop jeunes pour le savoir, mais pour moi, c'était un poids sur ma conscience – le paradoxe de ma vie, comme je l'appelle – pour que certains pouvaient comprendre que moi, Gérard Latortue, je pouvais avoir des différends qui empêcheraient le bon fonctionnement de la CARICOM en Haiti.

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Post by admin » Tue May 18, 2004 8:37 am

[quote]J'aimerais bien voir un match Haiti-Brésil et voir tous les Haitiens pour le Brésil et contre Haiti.[/quote]
Men ki koze sa? Gérard Latortue apèn fin di kite Ayisyen manje mayimoulen, li deklare manm Black Caucus yo se nan "black power' sèlman yo enterese, kounyè a li vin deklare devan lemonn antye ke tout Ayisyen ta swete Brezil kale Ayiti nan yon match foutbòl. Eske se mwenmenm ki pa konprann... sanble fò m ta retounen lekòl.

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