PREVAL - BAZIN : Lavalas versus Lavalas

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PREVAL - BAZIN : Lavalas versus Lavalas

Post by admin » Mon Oct 24, 2005 8:59 pm

Haiti en Marche, 15 Octobre 2005

PREVAL - BAZIN

Lavalas versus Lavalas


EDITORIAL

PORT-AU-PRINCE, 17 Octobre - Dans la rue, les mordus du Lavalas ne s'intéressent qu'à un tout petit groupe de candidats sur les 35 qui participent à la présidentielle.

En tête, reviennent tout naturellement les noms de René Préval et Marc Bazin. Le premier a été président de la république (1996-2001); le second plusieurs fois ministre et premier ministre, de la dictature Duvalier fils (1971-1986) au second mandat brutalement interrompu de Jean Berrand Aristide (février 2001-février 2004) en passant par le régime issu du coup d'Etat militaire et anti-Lavalas de septembre 1991.

Par une ironie du destin, Marc Bazin est aujourd'hui l'un des deux principaux aspirants au vote de l'électorat Lavalas.

Depuis le "coup" qui a emporté Aristide le 29 février 2004, il s'est
installé volontairement dans cette lucarne. Il a pris sans relâche la parole pour dénoncer les arrestations arbitraires, les détentions abusives, les persécutions de toutes sortes contre les leaders et sympathisants de l'ex-parti au pouvoir.

Ces derniers lui en savent gré aujourd'hui. L'état-major du parti de l'ex-président actuellement en exil en Afrique du Sud, du moins ceux restés au pays, est presque dans sa totalité aux côtés du candidat Marc Bazin, dans le cadre d'une alliance entre son parti, le MIDH (Mouvement pour l'Instauration de la Démocratie en Haiti), et Fanmi Lavalas.

De son côté, René Préval a choisi de ne pas se présenter sous l'étiquette Lavalas (comme on dit, pour des raisons que la raison ne connait pas). Sa candidature est appuyée par une organisation paysanne appelée KONPA, ainsi que par deux partis politiques d'une importance moyenne sur le plan national, PLB et COREGA.

Quoi qu'il en soit, c'est Préval qui semble actuellement le favori pour le petit peu
ple Lavalas des rues.



Le partage des eaux...

Dommage qu'il n'existe pas de sondages, et quand il y en a, qu'ils ne soient pas crédibles. Comme celui qui nous est parvenu récemment de la république voisine (Santo Domingo) selon lequel les chefs d'Etat dont les haitiens gardent un meilleur souvenir sont en tête de liste Baby Doc, suivi de René Préval, puis Leslie Manigat.

L'empressement avec lequel les duvaliéristes, rentrés au pays après le 29 février 2004, s'en sont emparés soit pour annoncer le retour bientôt de leur ex-souverain retiré en France, soit pour faire qualifier leurs candidatures en masse par l'actuel conseil électoral, constitue le plus grand démenti au sérieux de ce sondage.

Toutefois une ligne des eaux semble évidente entre les deux camps Bazin et Préval, cela au milieu du grand bassin Lavalas. La séparation est nette entre les ex-cadres rangés aujourd'hui derrière celui qui était aux antipodes du Lavalas aux présidentielles historiques de déce
mbre 1990 et qui pis est, acceptera d'être le premier ministre du régime militaire qui renversera le Lavalas du pouvoir en septembre 1991, en y faisant des milliers de victimes...

Et la masse populaire dont le coeur semble battre prioritairement pour l'ex-président qui a initié la réforme agraire au bénéfice du paysan haitien, René Préval.



Le facteur Cité Soleil...

La preuve en est que Cité Soleil, bidonville imprenable depuis les événements de février 2004, a reçu le conseil électoral qui a pu enfin y ouvrir des bureaux d'inscription qui fonctionnent depuis deux semaines et sous la protection des jeunes activistes du quartier eux-mêmes.

En même temps que c'est à Cité Soleil qu'a eu lieu la première manifestation en faveur de la candidature de René Préval. Jusqu'ici les prévaliens se cantonnaient au monde rural, dont la plaine de Darbonne (Léogane) où l'ex-président avait remis sur pied la centrale sucrière Jean L. Dominique.

On rapporte aussi que c'es
t à la suite de véritables marches forcées organisées par des communautés paysannes de l'Artibonite, du Nord et du Plateau central que l'ermite de Marmelade s'est laissé convaincre de se lancer dans la course.

Depuis la fin de son mandat en février 2001, c'est dans cette riche contrée, chère à Toussaint Louverture, ainsi qu'à son père, l'agronome Claude Préval, que Ti-René a trouvé refuge. Il s'est montré si utile que Marmelade est devenu aujourd'hui un exemple à suivre.



Le pari de Marc Bazin...

Cependant jusqu'à récemment on entendait des militants des quartiers populaires de la capitale, bastion du Lavalas, déplorer que René Préval ne s'est jamais prononcé publiquement sur le sort cruel réservé par les tombeurs d'Aristide à nombre d'ex-dignitaires et partisans du mouvement Lavalas qui ont été forcés à gagner le maquis depuis le 29 février 2004, outre ceux qui sont en détention préventive prolongée depuis plus d'une année, dont l'ex-premier ministre Yvon Neptun
e.

Alors que Marc Bazin en a fait quant à lui son cheval de bataille.

Et c'est sans doute l'une des motivations principales de l'état-major de Fanmi Lavalas pour avoir accroché sa fortune à celle de l'ancien rival d'Aristide aux présidentielles de 1990.

Pour n'être pas Lavalas, pour avoir symbolisé l'antithèse du Lavalas, Bazin leur offre une couverture pour sortir au grand jour et défendre ouvertement leurs options.

En retour, ils lui apportent la légitimité d'un grand mouvement populaire (comme le dimanche 9 octobre écoulé lors de la présentation du candidat de l'Union pour Haiti devant une foule chaleureuse et vibrante se pressant dans les locaux de la Fondation Aristide, sise à Tabarre). Alors que, juste retour des choses, l'ancien chouchou de la bourgeoisie haitienne semble plutôt en défaveur du côté de cette dernière.

D'autre part, une alliance avec Bazin est théoriquement plus rentable pour les ex-coéquipiers d'Aristide en cas de victoire qu'avec l'
équipe Préval, puisque les deux camps s'étaient considérablement éloignés l'un de l'autre pendant la deuxième présidence d'Aristide (2001-2004).



Transferts et transfuges...

Cependant la campagne électorale avance à grands pas. Les posters apparaissent dans les rues et les spots publicitaires sur les ondes.

Tout le monde a autant besoin d'électeurs dans les quartiers populaires et dans les communautés rurales que d'un état-major professionnel et aguerri pour planifier, coordonner, animer et surtout maintenir le momentum. L'un ne va pas sans l'autre.

Aussi y a-t-il fort à parier que les deux camps Préval et Bazin ne resteront pas longtemps à continuer à se regarder en chiens de faience.

Des transferts et transfuges sont inévitables. Toute la question est de savoir à quel niveau se feront les alliances. Voire, qui sait, la grande alliance.



Editorial, Mélodie 103.3 FM, Port-au-Prince

Michel Nau_

Post by Michel Nau_ » Mon Oct 24, 2005 11:16 pm

Haiti en Marche wrote:[quote]D'autre part, une alliance avec Bazin est théoriquement plus rentable pour les ex-coéquipiers d'Aristide en cas de victoire qu'avec l'équipe Préval, puisque les deux camps s'étaient considérablement éloignés l'un de l'autre pendant la deuxième présidence d'Aristide (2001-2004).[/quote]
Even tough Preval's attitude brings us back to Al Gore keeping a distance from Bill Clinton during his presidential campaign could be a valuable one that will pay off in the long run.
Preval doesn't need to carry a dead Party on his back, and not doing so, he may reach the finish line sooner.
Preval feels legitimate and comfortable under his skin, while Bazin is sweating kankou yon couvertu bomb pwa ki sou dife with this (Lavalas) heavy load that he got cheap and wholesale.
Bazin is betting big time on Lavalas alliance expecting to win during the first round.


IF he misses, Preval may cross first the victory line.

Haiti en Marche wrote:[quote]Aussi y a-t-il fort à parier que les deux camps Préval et Bazin ne resteront pas longtemps à continuer à se regarder en chiens de faience. Des transferts et transfuges sont inévitables. Toute la question est de savoir à quel niveau se feront les alliances. Voire, qui sait, la grande alliance. [/quote]
Good veteran politicians they both are, they of course have a plan B that could work for both of them.

En chiens de faience ou porcelain!!!!!! chien sa yo an cher e an os and It's not how big is the dog in the fight, it's how big is the fight in the dog.

Gwo chen (Bazin) ka japè fô, min ti chen (Preval) ka môdè pi red!! Alliance ou pa, peson'n pa vlè soti anba!!

Michel

Hyppolite
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Post by Hyppolite » Wed Oct 26, 2005 10:24 am

It looks as though we will after all, have a three-way contest: Bazin / Préval / Siméus.

Either Bazin or Préval will finish for Lavalas in the first round. Afterwards, the contest for president will probably be between Siméus and one of the other two above-mentioned candidates.

Surprised? Well I am now, about the Siméus candidacy and how it had gathered "steam" by the way they played the electoral commission well.

I suspect however that by the end, Bazin is well under way to be the next president of Haiti. But don't quote me on that. Just a "gut-feeling" based on some quick mental analyses.

What do you ladies and gentlemen think?

Hyppolite
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Post by Hyppolite » Thu Oct 27, 2005 9:26 am

Serge, Dumarsais Siméus does not necessarily have to be a an experienced politician to become a very serious contender. In fact, it is that fear which most inspires those who are against him not from the basis of legality but instead, on the basis of power-transfer. We won't get into that here because I disagree fundamentally, based on principle, that Dumarsais should become the next president. The Constitution is clear on that issue.

Siméus has a well-oiled, well-administered, disciplined, focused machine. That's all he needs for now. They will help him craft a message in credible sound bites that may propel him to the top four contenders, very easily. On that basis, we should not discount him at all. He is a much bigger contender than we're giving him credit for. Savvy political consultants my friend, can do wonder.

I wouldn't mind seeing him as a candidate in 5 years and meanwhile, he could work
hard to help convince the next legislature to amend the constitution. He is in the best position to also help them come up with new, Emergency Laws on that issue so we can have the Diaspora more involved in the political system.

The constitutional process is much longer. Meanwhile, we can have Emergency Laws that allow for the same until constitutional amendment takes effect. In fact, I am not sure why they didn't take that route. It would have looked much cleaner than what we're seeing now. The perception is, that Simeus has a bag of tricks. Maybe his American advisers are not aware of how to go about passing emergency laws on that issue. I'd be surprised however; but one never knows.

What's interesting as well is the grand entrance of the Diaspora on the political scene. But again, my fear is that it is in the tradition of voye monte (i.e. no structure, no system, no plan or specific goal and projectio
n) . I am resigned to the fact that many do disagree with me. Nonetheless, the way we're doing it now, it doesn't bode well, long term, for the Diaspora in a future, rational Haiti. That may be a very bad precedent because we must respect the law, as we do in foreign lands. The Diaspora, I think, ought to enter our social, economic, and political life in a much more structured environment . Otherwise, the perception and reality of it will be that the Diaspora just is just adding up to the already bankrupt, traditional elite. The way we're going about now, I am afraid this might be the long-term result.

Simeus can help so very much without being president. This is what I cannot comprehend. Even if he wants so badly to become president, why doesn't or didn't he suggest at the CEP or the Cour de Cassation, for Emergency Laws on that issue, and push the debate skillfully: same result but done in a much more comprehensive way, and much more ac
ceptable. Right now, the Cassation judges look like they were pressured one way or the other. So once more, the judicial system is damaged.

We, in the Diaspora, may sooner than later be rightfully accused as an addition to the traditional elite and keep on damaging society as well. We must be very, very careful. My concern on this issue is, our typical, classic tendency to use opportunistic means to even accomplish laudable goals.

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