Le PM Yvon Neptune et 29 autres doivent être traduits

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Le PM Yvon Neptune et 29 autres doivent être traduits

Post by admin » Mon Sep 19, 2005 10:00 pm

L'ancien premier ministre lavalas Yvon Neptune et 29 autres personnes doivent être traduits par-devant le tribunal criminel, recommande l'ordonnance de clôture du juge chargé de l'instruction du dossier du massacre de La Scierie.

Des ex-hauts gradés de la police et au moins deux ressortissants étrangers figurent également sur la liste

Posté le lundi 19 septembre 2005
Par Radio Kiskeya

L'ordonnance de clôture du juge d'instruction de St-Marc Clunie Pierre Jules,en charge du dossier de l'Affaire de La Scierie, a conclu à l'existence de charges et indices suffisants pour poursuivre par-devant le tribunal criminel l'ancien premier ministre Yvon Neptune et 29 autres personnes inculpées, dont les anciens ministres lavalas de l'intérieur et de la justice, respectivement Jocelerme Privert et Calixte Delatour.


Remise jeudi dernier au Commissaire du gouvernement Lesly Jules, l'ordonnance conclut aussi à l'inexistence de charges et indices suffisants pour poursuivre 35 autres personnes, dont l'ancien président Jean Bertrand Aristide et son secrétaire d'Etat à la communication, Mario Dupuy.

Dans son exposé des faits, le magistrat a rejeté les thèses de génocide et d'affrontement utilisées par certains pour caractériser les violences qui ont endeuillé St-Marc du 9 au 11 février 2004. Me Clunie Pierre Jules parle plutôt de massacre, établissant le fait que, pendant les tristes journées du 9 au 11 février 2004, de nombreuses personnes sans défense ont été lâchement assassinées par des membres de l'organisation « Bale Wouze » dirigée par l'ex-député contesté Amanus Mayette, par des civils armés venus de Port-au-Prince et des policiers dont certains se trouvaient à bord d'un hélicoptère du Palais National qui tiraient sur des gens qui fuyaient les violences en tentant de se réfugier au Morne Calvaire, voisin du quar
tier de La Scierie.

Les témoignages sous-tendant la thèse de l'affrontement n'ont pas pu faire la preuve de l'existence de victimes dans les deux camps, tandis que les éléments techniques font défaut pour étayer celle du génocide, soutient le juge d'instruction. En guise (sic) de rejet de la thèse de l'affrontement, le rapport d'instruction est catégorique : il n'y a pas eu d'insurrection armée à proprement parler à St-Marc ; les policiers ont délibérément abandonné leur commissariat. L'incendie qui a consumé le 11 février une clinique appartenant au Dr Yfto Mayette, cousin germain du chef de « Bale Wouze », entrait tout simplement dans le cadre du scénario mis en place pour justifier le déclenchement des hostilités, a reconnu le médecin au Cabinet d'Instruction de St-Marc. Ce qui sous-entend que l'incendie n'était pas véritablement l'œuvre des opposants à Aristide.

Quant au bilan justifiant la thèse du massacre retenue par la juge, l'ordonnance reconnaît qu'il est controversé. Elle fait référen
ce au missionnaire américain Terry Snow, directeur de « Jeunesse en mission » qui, au cours des événements, a entrepris de nombreuses démarches auprès des responsables de l'organisation « Bale Wouze » pour sauver des vies et arriver à la paix. Terry Snow parle, avec des supports photos, d'une centaine de morts et de 45 maisons incendiées.

L'ordonnance relate tout de même divers témoignages établissant un bilan moins lourd, avoisinant la cinquantaine de morts. Pour sa part, le juge indique qu'il n'a pas été possible de dresser la liste de toutes les victimes, mais que l'instruction permet de dénombrer 44 personnes tuées, carbonisées et portées disparues. 22 des personnes tuées ont été nommément identifiées. Il s'agit de :

Brice Kéner Pierre Louis (tué et carbonisé à La Scierie)

Francky Dimanche, Stanley Fortuné (tués à Morne La Scierie)

Yveto Morency (tué à Terre Blanche)

Anserme et Wilghens Petit-Frère (carbonisés à Portail Montrouis)

Bosquet Faustin,Wislet
Charles (tués à La Scierie)
Kénol St-Vil et Jonas Nelson (tués et carbonisés à La Scierie)

Makens Louis.

Marc Antoine Civil, Jean Louis et Guernel Joseph (tués à Frécyneau-McDonald)

Florette Solide,une femme enceinte et Fanès Dorjean (carbonisés à la Grand-rue, en la résidence des Paultre)

Laurette Guillaume, Sandy Cadet, Gaston St-Fleur, Josias St-Fleur (portés disparus).

Deux jeunes femmes, Anne (34 ans), Kétia (22 ans), à la recherche de leurs concubins enlevés et tués pendant les événements, ont été violées à même le sol au Commissariat de Police de St-Marc par des membres de « Bale Wouze ».

Trois adolescents capturés par les membres de « Bale Wouze », solidement liés à l'aide d'une corde, ont été jetés de l'hélicoptère vivants à la mer, à Amaniy-Les-Bains ; leurs cadavres ont été retrouvés.

Deux personnes, dans l'hélicoptère, avaient été décapitées et leur corps ont été jetés dans l'espace.

L'octogénaire Luc Paultre a eu de graves brûl
ures au cours de l'incendie du 12 février en sa résidence. Les nommés Somoza, Vickès, Ti jean Claude, Ernst Pascal, Biron, Amanus, Armstrong ont fait irruption dans la maison du pasteur Daméus Anulaire pour appréhender le nommé Kénol St-Gilles qui s'était réfugié sous un lit après avoir reçu une balle à la jambe : ils l'ont jeté vif au feu, sous les yeux de sa mère.

Le mari de la nommée Yvanne Clairvoyant, nourrice de 15 jours, a été décapité à l'aide d'une hache et jeté au feu.

Le nommé Nickson François a été attaché à une camionnette et traîné à travers la ville.

L'ordonnance de clôture fait par ailleurs état de l'existence d'un rapport de la police scientifique datée du 27 mai 2005 selon lequel des ossements humains, des cadavres ont été retrouvés à Montrouis et à Etang Bois Neuf.

Les incidents, décrits dans l'ordonnance avec un luxe de détails, ont fait suite à la visite le 9 février à St-Marc du premier ministre Yvon Neptune préparée par le député contesté Amanus Mayette ; ave
c qui, d'ailleurs, Yvon Neptune tint conseil au commissariat de police, en compagnie des deux maires-adjoints de la ville. L'un de ces derniers, Paul Pollys, soutient, dans une audition au Cabinet d'Instruction, qu'il a dû se retirer après avoir mesuré la profondeur du mutisme du premier ministre à ses propositions de résolution pacifique des problèmes en lieu et place de la violence telle que la pratiquait les membres de « Bale Wouze ». La réunion, qualifiée de secrète par le magistrat, s'est alors poursuivie entre le premier ministre et Amanus Mayette qui, dès le lendemain, allait assurer en personne la direction des opérations. A l'issue de la réunion, le premier ministre s'est adressé en anglais aux journalistes haitiens et étrangers présents. Arrivé à Port-au-Prince, il déclara le même jour à la presse gouvernementale qu'il venait de « pacifier » St-Marc, rappelle l'ordonnance.

Les déclarations faites par Yvon Neptune au cours de l'audition au Cabinet d'Instruction révèlent des contradictions flag
rantes qui ont en quelque sorte étayé les suspicions du juge instructeur à son encontre. L'instruction cite des témoignages sur le rôle-clé joué dans les violences par Amanus Mayette et, dans le même temps, sur les étroites relations entre ce dernier et le premier ministre tout au cours des incidents.

Le dossier comporte au total 146 pièces constituées, entre autres de lettres de plainte ; transcriptions d'auditions de témoins, interrogatoires ; rapports d'enquête sur le terrain ; ordonnances ; arrêts de la Cour de Cassation ; rapports relatifs à de multiples appels téléphoniques entre Yvon Neptune, de hauts responsables du gouvernement, du CSPN et de la police avec des exécutants au moment même où se déroulaient les opérations.

Du 7 au 13 février 2004, le portable de Yvon Neptune, le 558-1631, a été utilisé pendant 34.187 secondes, soit 9 hres 33 mns et 46 secondes. 21.319 secondes de ce temps concernent des appels vers des responsables de police ou de sécurité et des membres de « Bale Wouze »
à Saint-Marc, dont Amanus Mayette. Personnes concernées par les appels : Jean Gérard Dubreuil, secrétaire d'Etat de la sécurité publique ; Jean Robert Esther, directeur central des Services généraux, responsable des questions de finance au niveau de la PNH ; Frantz Gabriel, commissaire de police, pilote d'hélicoptère ; Oriel Jean, responsable de la sécurité au Palais National ; Amanus Mayette, principal responsable de « Bale Wouze » ; Biron Odigé, coordonnateur de la même organisation, directeur de l'APN de la ville ; Barthélémy Valbrun Jr, directeur des services de sécurité du Palais National (USP-USGPN- Cat Team) ; Roland Dauphin (alias Black Ronald), commissaire autoproclamé de St-Marc, au moment des événements.

L'ex- premier ministre lavalas a utilisé, pendant le massacre, plus de 60% de son temps de téléphone à régler des questions de police en rapport avec St-Marc, relève l'instruction. Dans ce cadre, il a réalisé plusieurs appels-conférence avec Jean Robert Esther, Amanus Mayette et Frantz Gabri
el. Il a été également répertorié plus de 20 appels de Roland Dauphin vers Jean Robert Esther, uniquement pour la seule journée du 11 février 2004 ; deux appels de Biron Odigé vers Jean Robert Esther ; plusieurs appels de Amanus Mayette vers Frantz Gabriel ; 59 appels entre le premier ministre et Jean Robert Esther ; 5 appels de Jocelerme Privert vers Jean Robert Esther, 6 appels de la directrice générale de la PNH, Jocelyne Pierre, vers Jean Robert Esther.

En conclusion et en raison des charges et indices accumulés, le juge instructeur recommande la poursuite, par-devant le tribunal criminel, des individus dont les noms suivent : Amanus Mayette, Biron Odigé, Roland Dauphin (alias Black Ronald), Figaro Désir, Ernest Pascal, Vikès Janvier, Jean Claude Jean-Baptiste dit Jean Claude Désir, Hervé Méristil, Dieubonnet Mayette, Georges Michel Valbrun, Yvon Neptune, Jocelerme Privert, Jocelyne Pierre, Jean Gérard Dubreuil, Roody Berthomieux, Calixte Delatour, Jean Robert Esther, Olvy Emilcar, Pierre Destinobl
e, André Louissaint, Féquière ainsi connu, Wantalès Lormejuste, Jean Baptiste Hora, Harmony Ronald, Williams Baptiste, Mathieu Raphael, Frantz Gabriel, Baron Brandt Decker, Rony Wayne Lusk (un américain, spécialiste en mécanique aéronautique), Daniel Timophy Hovermale.

Les personnes au sujet desquelles des charges et indices suffisants n'ont pu être établis et qui ne seront pas poursuivies, sont les suivantes :: Jean Bertrand Aristide, Mario Dupuy, Jonas Petit, Evens Sainturné, Frénot Cajuste, Dany Fabien, Paul Joubert, Zacharie Dalusmé, Kertus Lafleur, Marcellus Polinet, Paul Polinet, Ronald Génescar, Robert Valgresseau, Jeniel Marcellin, Johnny Marcellin, Pierre Jeanty, Ilès Joseph, Fafo Cajuste, Tison Destiné, Larousse Jean Gilles, Espérancia Pierre, Emmanuel Ulysse, Samuel Edwing St-Eloi, Smay Clotaire, Jean Elie Bastien, Antoine Daniel, Larousse Jean Jules, Jean Claude Honoré, Gardy Volcy, Dieulifète Freca ou Milien Somoza, Dieulifète Fleury, Patrick Fleury et Amson Gédéon. [jmd/RK]

Hyppolite
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Post by Hyppolite » Tue Sep 20, 2005 1:54 pm

I just read the news from HDP's website. I didn't know but am not surprised. They gave this piece of news, of course a "5" rating. Probably laughing and happy of the parody of justice that is continuing on in Haiti.

I've read the piece of news a couple of times. I wanted to make sure that I understood what I was reading and not letting my disgust for the whole case compromise my rationality. That has allowed me to perhaps understand one thing: the whole case against Neptune for instance, is based on the fact that his phone was used for more than 30 thousand seconds with people in Aristide II's government who had the goal/duty to fighting off the armed groups of Guy Phillipe and co.

At the same time, the prosecution's claim in the indictment suggests that there was no other side that the Lavalas regime was fighting against.

After c
areful reading and once Neptune et.al. get some good lawyers, if they're able to get the still daring few in the Haitian media, and the international media to follow the case and force government to have an open court, this is an easy case.

I hope that there is a period of discovery in Haitian law, just like in the United States, whereby both parties are compelled to show to the other side at least most of their so-called evidence before trial.

This joke concocted by Pierre Esperance and Marie Yolene Gilles of RNDDH, and all their vindictive supporters, should not succeed. Those among you who still believe that Haiti ought to be a society where justice prevails rather than revenge and political vindictiveness, regardless of your political opinion, must stand up.

I consider this case, personally, very personally, one of the most important, post-Duvalier cases of our jursi
prudence in Haiti. The reasonable left and right must stand up to this mentality of Haitian "political revanchisme".

Hyppolite
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Post by Hyppolite » Tue Sep 20, 2005 2:39 pm

It's is known now for sure: the judge in the "La Scierie"-first-genocide (according to RNDDH)-then-massacre story, after having reportedly (according to media reports) decided that there was no case, has now decided to indict former government officials including Privert (jailed) and Neptune (also jailed).

This is a very interesting case, for if the lawyers for these and many former government officials are able to do their job well, they will be able to expose a number of weaknesses in our judicial system in Haiti. Those weaknesses include (but are not limited to):
- the overwhelming power of a right-wing sponsored special interest group, self-proclaimed human rights organization in Haiti, the RNDDH;
- the overwhelming power and influence of a small group of Haitian traditionalists on the executive branch of government;
- the weakness of our judicial system; and
- the continuing misuse of power in Haiti by
Haitian traditionalists of the upper class.

Those who are on the side of justice in Haiti should not, cannot stay on the sideline, whatever their political opinion. At the same time, lawyers for the victimized members of the former regime should be cautious and remain level-headed in this process. They should not think or consider this case as a slam dunk, for those in power and their chimeric acolytes in wealthy
capitals around the globe will also use their public relations power and experience to do injustice once more in Haiti. I would even advise the former officals' lawyers the following:

- they need to make sure that the media, national and international, have access to the courtroom proceeding, with recording camera if possible;
- they should use their rights during the procedure before trial to enforce laws regarding pretrial "Discovery" skillfully, properly, honestly, intelligently, and calmly;
- they need to screen all potential jurors in this case, and make sure that
the actual jurors are protected against potential backlash (i.e. murder) if the verdict rendered is not the one that fake human rights organization in Haiti wants to see given.
- they need to expose the political connections of this case and if possible, call relevant and interested members of RNDDH to the witness stand, so the whole world can see how a so-called human rights organization in a fourth-world country can use its power and influence to cause injustice.

After all, RNDDH (NCHR/Haiti before then) was the organization that theorized "La Scierie genocide", and then called it "massacre". They are (as we say in French), partie prenante in this case. They need to be on the witness stand as well to at least explain how and where dogs could have eaten so many corpses during this so-called "genocide".

I am very interested in this case, very much so and for many reasons. Perhaps the most important reason is the fact that should justice be rendered in this case, it might become a precedent
for all future governments (from the right and the left) to learn not to try to use the judicial process for political gain.

I am sure that many may not see it that way. It is however crucial for the world at large to remain focus on what happened in la Scierie. It is perhaps the only way that the right and the left of Haitian politics will get to learn that justice does not mean revenge.

PeanR

Post by PeanR » Sat Sep 24, 2005 12:58 pm

The same justice system that ordered the release of convicted criminals, is derelict to its duty to order escaped criminals back to jails and has been holding the ex-prime minister in jail without charges for over a year. Haitians who respect the rule of law should not have been surprised that the same system has now indicted the ex-prime minister based on his cell phone and travel logs. The ordinance seems to be a one-sided document which summarily dismisses the violence and killing of law enforcement officials in Gonaives, Cap-haitien and St-Marc before the so called massacre. The Prime minister would have been derelict of his duty and oath to protect lives and property if he was not in contact with the security forces during these times. To use this as an indication of guilt turns the Haitian justice system on its head.

Again I am not surprised. The indictment is one of a series of events which demonstrate the deep problems of the Ha
itian justice system. Unfortunately, the prime minister will have no choice but to confront this system in Haitian courts. I believe that there are still some judges in Haiti who believe in the rule of law. Hopefully, this minority will shame the majority into dismissal of the charges against the ex-prime minister and the other political prisoners. I have not lost hope although I have not heard any of these voices from the Haitian courts.

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