Le rapport de la Commission d'Enquêtes Administratives

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Isabelle_

Le rapport de la Commission d'Enquêtes Administratives

Post by Isabelle_ » Thu Jul 28, 2005 8:07 pm

Le rapport de la Commission d'Enquêtes Administratives

Aux internautes,



Nous vous invitons a lire le rapport intérimaire de la Commission d'Enquêtes Administratives formée par Son Excellence, le Premier Ministre Gérard Latortue le 13 octobre 2004.

( Nouvelles adresses)

1 ) http://www.ntsnews.com/bpm/commission_enquete.htm



2) http://www.ntsnews.com/bpm/commission_e ... art_II.htm



3) http://www.ntsnews.com/bpm/commission_e ... rt_III.htm



4) http://www.ntsnews.com/bpm/commission_e ... ntrats.htm



Bureau Des Communications du Premier Ministre

Telephone: 011-509-228-6011

Telecopie: 011-509-246-9494

Email: bpmhaiti2004@yahoo.com

Isabelle_

Audition de M. Yvon Neptune par la CEA

Post by Isabelle_ » Thu Jul 28, 2005 8:12 pm

Audition de M. Yvon Neptune par la CEA
Monsieur Yvon Neptune, Premier ministre de mars 2002 a mars 2004

Audition le 15 juin 2005 12 :20 (Annexe de l'APENA)

YN Les questions que j'aimerais poser sont des questions qui ne vous concernent pas personnellement. Ce sont plutôt des questions à caractère politique parce que j'étais un homme d'état, j'étais chef de gouvernement. Vous n'êtes pas obligé de répondre si vous ne pouvez pas. Est-ce que la Constitution d'Haiti est mise en veilleuse ?

CEA Nous n'avons pas de réponses à cette question. Nous sommes là en tant que membres d'une Commission d'Enquêtes pour vérifier s'il y a eu des malversations au niveau du Trésor Public, et comme vous avez été ordonnateur dans ce pays, c'est à ce titre que nous sommes là pour vous poser plusieurs questions.

YN Je vous la pose car en tant
que chef de gouvernement, je suis redevable à la Cour Supérieure des Comptes.

CEA Il est de votre intérêt de répondre aux questions de la Commission parce qu'il s'agit de votre administration, de votre gestion et nous devons pouvoir apporter des réponses. Nous ne sommes pas au tribunal. Nous sommes des enquêteurs.

YN Il faut pouvoir séparer le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Nous vivons une situation exceptionnelle depuis le 29 février. Il y en a qui disent que nous vivons sous occupation, mais c'est autre chose. Etant donné que là où je suis aussi je n'ai pas eu l'opportunité de m'exprimer sur certaines questions. La première fois que j'ai essayé de le faire, ça ma conduit en taule. J'ai entendu à la radio qu'il y avait des Commissions qui avaient été formées. Je me suis demandé sur quelles bases ces Commissions ont été formées. Des Commissions semblent supplanter les prérogatives d'autres institutions étatiques. En ce qui me concerne, qui concerne la gestion, j
e sais que …… Le pouvoir a jugé de par sa nature ou de par les autorités qui m'ont été conférées par les pouvoirs nationaux ou bien par d'autres pouvoirs étatiques. Je l'avais bien dit, vous autres je vous posais des questions pour que je sois clair de ma décision de répondre ou non. Ce qui laissait aussi qu'en dépit de la Commission qui n'a pas encore fait de rapport, j'ai entendu à la radio je ne sais il y a combien de mois… Il y a une radio qui a lu, qui a publié que dans certaines administrations, voilà ce que nous avons, voilà ce qui c'est passé en ce qui concerne les fonds. A la Primature il y avait des fonds qui avaient disparu ou bien, étant donné qu'au cours de ce rapport, de cette présentation, j'ai entendu mentionner une date, une période de temps, la période pendant laquelle j'étais à la primature. Est-ce quelque chose qui est venu de la Commission, qui a été remis par le chef de l'état, je ne sais pas. J'aimerais avoir de la lumière parce que ça fait plus d'un an que je suis en prison. Le 29 févr
ier, je dormais à la Primature, comme ça. Ca a continué ainsi jusqu'à ce que, après toute la campagne qui a été faite contre moi pour que je sois arrêté sous la peine que j'ai participé à certains génocides, ce que certains appellent « le massacre de la Scierie ». J'ai choisi de venir ici parce que je pensais qu'étant donné le conseil de sécurité qui est une instance en ce qui concerne les affaires des nations, qu'en acceptant de venir ici il y avait une opportunité de dire la vérité ou bien que la vérité soit entendue. Après près d'un an, cette vérité n'a pas été entendue. Je n'ai entendu que des mensonges, soit de la part du gouvernement, soit de la part de juristes, soit de la part de simples citoyens, soit de la part de leaders politiques. Vous voyez pourquoi, Monsieur Denis, je suis prudent. Vous êtes membre d'une Commission, je suis en train de vous parler, vous prenez des notes effectivement, je n'ai pas de témoin avec moi qui pourrait consulter ce que vous êtes en train de prendre, ce qui est en trai
n d'être enregistré. Vous allez comprendre pourquoi j'essaie d`être plus ou moins clair, avant de vous dire finalement que je suis prêt à vous écouter, que je suis prêt à répondre à vos questions. J'aimerais que vous me compreniez, parce que nous vivons dans une situation où le pays est tête en bas, où on dit n'importe quoi, on fait n'importe quoi. Ceux qui sont au pouvoir font des choses parce qu'ils sont au pouvoir, parce qu'ils ont le pouvoir. Je pense que vous me comprendrez. Je ne veux pas dénier votre autorité parce que vous ne vous êtes pas constitués vous-même, il y a un arrêté. Vous êtes des citoyens, s'il y a un pouvoir –quelle que soit la nature du pouvoir- qui décide et que vous acceptez de participer dans la tâche. Si vous acceptez de participer dans la tâche qui vous incombe, mais je voudrais….. parce que je sais que vous êtes au courant de toutes les tribulations auxquelles je fais face concernant l'histoire de Saint-Marc … Je ne voudrais pas me retrouver… parce qu'il y a des choix que j'ai fai
t. J'ai choisi de rester dans mon pays parce qu'on m'avait indiqué que c'était purement une question de sécurité parce que ma vie est en danger. Quand on a commencé à faire de la propagande pour que je sois arrêté en rapport avec ce qui s'est soi-disant passé à la Scierie, là, je ne peux pas laisser le pays pour une question de sécurité. Là c'est une question de justice, si je laisse le pays, ça veux dire maintenant que je sais déjà qu'il n'y a pas de justice. Jusqu'à présent, je suis ici. Vous devez être au courant aussi qu'on a essayé de me transporter, de me faire laisser le pays pour des raisons humanitaires. J‘ai décidé de rester. Je ne voulais pas être pris au piège, par qui que ce soit. Que ce soit par le pouvoir tout-puissant de mon pays, que ce soit par l'international. Effectivement, les rapports médicaux, que ce soit les rapports qui viennent de la MINUSTAH l'ont indiqué. Quelqu'un qui ne mange pas qui ne boit pas d'eau… J'ai décidé de ne pas partir dans ces conditions je devais recommencer à prend
re de l'eau, c'est pourquoi je suis encore en vie mais j'ai décidé de continuer à faire la grève tant que ces questions… Bon, ça ne vous concerne pas, mais j'ai été obligé d'être clair avec vous avant de répondre à vos questions. Après toutes les tentatives que j'ai faites pour faire comprendre à ceux qui, à mon sens, se sont réunis pour savoir que c'est le pouvoir souverain d'Haiti qui peut décider de ma vie, de ma liberté. Alors j'ai l'espoir comme je l'espère, de me laisser conduire par des représentants du pouvoir avec l'accompagnement de différents … à Saint-Marc, une deuxième fois. La première fois, c'était horrible, c'était brutal. Je sais aussi qu'il y a des gens qui ont déjà exprimés le vœu que je sois mort. J'ai été arrêté le 25 juin, le mandat d'arrêt est daté du 25 mars. Tout le monde savait. Ceux qui voulaient me rencontrer le faisaient. Il y a des représentants de l'International qui m'ont rencontré. J'ai été informé officiellement que ma vie est en danger. Il m'a été dit très clairement à toute
s les occasions que ma vie et ma liberté dépendent du pouvoir souverain du gouvernement. Ou bien j'ai choisi de me suicider, ou bien j'ai choisi de continuer de lutter dans notre réalité.

CEA Nous ne sommes pas là comme des représentants du pouvoir, la Com­mission a été créée par le gouvernement. Nous sommes une com­mission d'enquêtes. Nous croyons que pour le travail que nous faisons, il faudrait répondre à nos questions. Nous sommes indé­pen­dants et essayons de faire le travail de manière profes­sion­nelle, de façon sérieuse. Il s'agit pour nous de vérifier si les fonds de l'état ont été bien gérés et dans la mesure où ils ne l'auraient pas été, d'informer qui de droit. Notre présence n'a aucun caractère politique.

YN Je vous écoute.

CEA La première question est : est ce que vous pouvez vous rappeler le plus clairement que possible de quel montant vous disposiez à la Primature pour l'exercice fiscal 02-03.

YN En toute sincérité je ne peux
pas vous dire. Je ne suis pas un homme d'argent. J'essaie de faire des surveillances parce qu'il y a toujours un comptable. Il y a toujours un administrateur, il y a toujours un collaborateur. Je me réfère toujours à eux s'il y a des questions. Ils me font des rapports, s'il y a des choses que je ne comprends pas, je leur fais des questions. Il se peut bien que je me trompe, je sais qu'il était prévu pour que la Primature reçoive au grand maximum 5M de gourdes pour toutes ses dépenses. Payroll, subventions et autres. Il se peut bien que je me trompe mais ce que je sais, ça n'arrivait pas régulièrement en bloc. Des fois, le Ministère des Finances envoyait 3 M, 2 M. A l'époque c'était, selon ma compréhension, une période de vache maigre avec des sanctions non dites, prises par le gouvernement. Je ne peux pas vous dire avec précision, avec certitude.

CEA Qui était le Directeur Général, l'Administrateur ?

YN Je ne me rappelle pas. C'est un jeune. Je pense qu'il est encore adminis
trateur, ce monsieur. Je n'en suis pas sûr. Il était l'administrateur sous Chérestal. Je n'ai pas opéré de changement. J'ai gardé le même administrateur, le même comptable.

CEA Le même Directeur Général ?

YN A la Primature, il n'y avait pas de Directeur Général. Il y avait un Chef de Cabinet qui était un personnage politique. Il y avait le comptable en chef, il y avait l'administrateur, il y avait la secrétaire exécutive. Il y avait un responsable du personnel et le conseiller technique principal pour m'aider à gérer.

CEA La Primature était-elle responsable de projets spéciaux ?

YN De projets spéciaux non. Il y avait des demandes qui étaient faites à la Primature sur la base de subventions. Si la Primature avait les moyens de répondre, on y répondait. Si la Primature n'avait pas les moyens de répondre, c'était expédié au Ministère des Finances qui de son côté décidait si ça en valait la peine, ou s'il y avait les moyens d'y répondre. Les pro
jets spéciaux, à la Primature c'étaient des choses qui concernaient les rénovations de la Primature. Je me suis demandé depuis Smarck Michel jusqu'à Chérestal, des Premiers Ministres pouvaient-ils tolérer un local dans cet état. Dés mon arrivée j'ai fait des réhabilitations. Les projets qui exigeaient des appels d'offres, ça passait par des appels d'offres. Les dossiers sont encore là.

CEA Oriel Jean travaillait-il à la Primature ?

YN Oriel Jean, je me rappelle une ou deux fois… Ce sont des dossiers que je pourrais considérer comme des dossiers d'État. Il y avait des dossiers sensibles qui étaient traités avec beaucoup de discrétion. C'était un seul dossier qui avait une certaine sensibilité. Une sensibilité nationale parce que ça concernait la nation. C'était dans le dossier de Monsieur… Pour ma part Oriel Jean… c'était dans des dossiers d'intérêt national. Quand il y avait des fêtes nationales, des fêtes traditionnelles auxquelles la primature participait. La primature fai
sait des requêtes spéciales au Ministère des Finances pour demander des fonds sur la base de décisions qui étaient prises. Ce dossier c'était des festivités ou des artistes, ces choses là. En général c'était les parlementaires qui géraient ces choses là ou bien sur la base de pratiques j'avais une certaine confiance et je disais de me faire savoir comment la Primature pouvait contribuer à telle ou telle activité. Mais toujours de nature nationale, rien de particulier. Alors j'ai demandé à la personne : «Vous prenez ça en charge. Soumettez-moi un petit papier pour me dire voilà ce qu'on se propose de faire». Mais c'était toujours en urgence. Il y avait des choses qui arrivaient comme ça. Le ministère des finances n'avait pas le temps. Et là maintenant il y avait des personnes chargés des différents aspects et la Primature faisait les frais. Et vous prenez la responsabilité de faire des rapports pour vous-même. Au moment opportun, vous avez vos rapports. Moi je pouvais constater ce qui était faisable et réalisa
ble. Oriel Jean était une des personnes à qui je m'étais adressé parce qu'il faisait partie du groupe qui planifiait. Si c'est un service spécifique qu'on demandait à la Primature, pour ma part, on ne pouvait par recevoir ces choses. Il recevait une subvention sur une base de ses besoins. De la façon dont c'est présenté, c'est évalué.

CEA Alpha Economique ça vous dit quelque chose ?

YN C'est à la radio que j'entends qu'on se proposait d'intégrer le programme Alpha. Je sais qu'il y avait des groupes de base qui participaient en tant que volontaires à certains programmes d'alphabétisation. Il y avait une subvention mensuelle. Comme vous le savez, c'était des jeunes qui ne faisaient absolument rien. Parfois ils demandaient une petite subvention. Une fois, je me rappelle bien, à une période donnée je leur ai dit que je ne pouvais pas faire de subvention mensuelle. A une période donnée de l'année vous donnez des noms et des numéros de cartes d'identité. C'est sur cette base que j
e pourrai faire quelque chose pour vous. Je demandais alors au Ministère des Finances qui m'envoyait les fonds. Il y avait à peu près 500 personnes. Comme je vous disais, c'était à des périodes précises de l'année. Il y a des gens qui attendent pas mal de choses. En tant que Sénateur, je faisais des petites subventions. Quand je suis arrivé à la Primature je leur ai dit que je n'avais pas d'emploi à donner. Je ne peux pas vous envoyer à la TELECO ou à l'APN parce qu'ils sont bondés de gens que ne font absolument rien. De plus je vous respecte, je ne vais vous faire dérespecter par un Directeur Général. Si je peux vous donner une subvention, je le ferai. Je ne peux pas vous promettre des emplois. Je ne peux pas vous donner une petite carte parce que ce Directeur ou ce Ministre non seulement va vous dérespecter mais va aussi indirectement me dérespecter.

CEA Donc Alpha Economique n'a jamais existé, sauf à la radio ?

YN (… hoche la tête négativement…). A ma connaissance, je n'ai
jamais… à moins que ce ne soit passé devant moi sans que je m'en aperçoive… je n'ai jamais vu un dossier préparé pour Alpha Economique. Peut-être pendant que les gens sont en train d'alphabétiser on essaie de les financer pour qu'ils aient un petit commerce ou quelque chose de ce genre.

CEA On a enregistré les dépenses sous la rubrique « Alpha Economique ».

YN Sur la base des choses d'intérêt national, il y a des choses qui étaient préparées sous cette rubrique.

CEA Dans ce cas là, c'est classé dans les dépenses ayant rapport avec la sécurité ou dans les dépenses discrétionnaires ?

YN Les fonds discrétionnaires, moi j'ai eu des petits problèmes avec ça. Quand je suis arrivé à la Primature, on a soulevé cette question de fonds discrétionnaires. En tant que Premier Ministre, il se peut bien que je me trouve dans des situations où je dois faire des dépenses. En général, je suis très têtu. Peut-être que cette fois je ne l'ai pas assez été. Le M
inistre des Finances m'a fait savoir qu'il pouvait faire des décaissements mais qu'il fallait qu'il y ait des projets. Je lui ai dit : « Je ne comprends pas. C'est un fonds discrétionnaire et vous me dites qu'il faut des projets. S'il y a un projet, il faudra maintenant que je dépense pour ce projet, je ne comprends pas ». Il a insisté, il a insisté. Finalement, il m'a dit : « Bon, c'est une sorte de formalité ». A ce moment, je lui ai dit : « Puisque vous dites que c'est une simple formalité ». J'ai finalement cédé et ai demandé à la secrétaire exécutive de s'occuper de ça. Je n'étais pas un homme …. avec le Ministre des Finances, surtout après tout ce qui s'était passé sous Chérestal avec le Ministre des Finances et le Ministre de l'Intérieur. Je n'allais pas me mettre dans une situation de ce genre. Je l'ai même dit au Président de la République : Je ne vais pas me bagarrer avec votre Ministre des Finances. Ça a continué à m'embêter. Je me disais comment à la Primature peut-on faire des projets alors que l
e fond que je vais utiliser n'a rien à voir avec ces projets. C'est pratiquement un projet fictif. Même si ce n'est qu'une formalité. Alors je lui ai dit que je ne voulais plus de ce compte. Tout est alors passé par chèque. S'il me faut du cash pour telle ou telle raison, je vais vous faire savoir. Je chargerai ou bien l'administrateur ou bien la secrétaire exécutive pour traiter le dossier que je considère comme dossier sensible. Depuis lors cette question de compte discrétionnaire ou de caisse noire… C'est quelque chose d'horripilant quand on me parle de caisse noire parce que moi, je ne suis jamais versé dans les mauvaises affaires. Et le président de la république ne peut pas se présenter devant moi pour que je me verse dans des affaires louches.

CEA Comment se faisaient les décaissements ? Combien le Ministre des Finances mettait-il à votre disposition ?

YN C'était selon des périodes précises. Par exemple, s'il y a une fête nationale. Si le président devait se déplacer
pour aller dans tel département où s'il y avait des gens qui devaient se déplacer… C'était toujours sous la rubrique d'intérêt national. Des fois, le Ministre des Finances décaissait la totalité, des fois, il ne se donnait même pas la peine. Il décaissait un tiers ou la moitié.

CEA Et dans les dossiers de sécurité ?

YN A la Primature, je me contentais de la PNH. C'était des policiers. Si l'un d'entre eux avait des problèmes (funérailles, accouchement ou loyers) j'essayais d'aider en subventionnant ça. C'est tout. La sécurité proprement dite relevait de la police nationale. A la Primature, j'avais un membre du cabinet qui était chargé de la question police et sécurité, mais c'était un conseiller. Mais il n'avait absolument aucun rapport avec moi. Je me rappelle à la fin de mon mandat, il y avait des problèmes avec la police nationale. Il y avait l'administrateur de la police nationale qui a été changé. Il a été décidé qu'il y avait des virements faits au compte de la primature
et que c'est moi qui écrivais des chèques à l'administrateur pour les dépenses de la PNH. Ce n'est pas parce que c'est moi qui écrivais des chèques que ça empêchait d'avoir des problèmes.

CEA Romane Petit, vous la connaissez ?

YN C'est quelqu'un que je connais depuis 1994, à mon arrivée au Palais National. Durant toute la période pendant laquelle j'ai travaillé dans l'administration publique en Haiti. C'est seulement en Haiti que j'ai travaillé dans l'administration publique. A l'extérieur, j'ai toujours travaillé dans le privé. Quelqu'un avec qui j'ai développé des relations de confiance dans la pratique. Au Palais National, j'ai eu pas mal de responsabilités. J'étais responsable, j'étais porte-parole, en même temps je travaillais au bureau du Protocole. C'était moi qui ai mis en place le bureau de presse de la présidence. Je m'occupais pendant un certain temps des victimes du coup d'état, que ce soit au niveau du bureau de presse ou au niveau de la gestion des victimes du
coup d'état. Je gérais de l'argent. Au niveau des victimes du coup d'état, je gérais du cash. Au bureau de presse de la présidence, je m'occupais des commandes d'équipements. Vous pouvez imaginer dans quel état se trouvait le Palais National quand le président Aristide est retourné en 94. Durant la présidence de M. Préval, elle était encore au Palais National. Moi, j'étais avec lui, comme vous le savez. J'ai participé à la Fondation Aristide pour la Démocratie. Ensuite, je maintenais le contact avec elle. Elle a recommencé à travailler effectivement à la formation de Fanmi Lavalas parce que je jouais un rôle d'une certaine façon. Il y avait les fameuses élections de 97. Alors, avec elle aussi, en 2000 j'ai fait d'une part les travaux d'organisation du département de l'ouest, elle m'a toujours accompagné, les élections de l'an 2000, campagne électorale et tout. C'est elle qui s'occupait de tout ce qui était préparation de texte. J'écrivais…bon, elle faisait de tout. Des fois, si je recevais un support financie
r, je n'avais pas les moyens de lui payer, je lui disais : « Ecoutez, quand je reçois un support financier, prenez un certain pourcentage, parce que je n'ai pas d'argent ». Quand j'étais à la Fondation Aristide pour la Démocratie, je ne recevais pas de chèque, je n'avais pas d'argent. Je vivais pratiquement aux dépens de ma cousine parce que c'est chez elle que je logeais dans une petite chambre. C'était aussi un choix parce que la vie en Haiti est une vie extrêmement difficile. Je n'aurais jamais envisagé construire en Haiti. Je disais toujours à mon âge, si je planifiais de construire en Haiti, ce serait une folie. Voilà, c'est comme ça. A la primature, elle avait encore ma confiance. Elle avait une grande responsabilité en arrivant à la Primature. Il me fallait quelqu'un de confiance. A la primature, au niveau de Lavalas, excusez-moi de vous le dire, je ne pouvais pas identifier quelqu'un en qui je pouvais avoir confiance pour mettre dans cette position, parce que c'est une position de pouvoir, cette perso
nne allait avoir un certain droit.

CEA Avez-vous émis des chèques à son nom ?

YN Je signais des chèques. Des chèques à son ordre particulièrement ? Je ne me rappelle pas avoir émis des chèques à l'ordre de Madame Petit personnellement. Des fois je recevais des demandes de subvention personnellement. Je les lui envoyais et notais « Exécutez ». Je n'avais pas le staff nécessaire pour vérifier. Je lui disais de vérifier s'il lui était possible de le faire. S'il ne lui était pas possible de vérifier, je lui disais : « Prenez la chance » parce qu'il est préférable de pêcher par manque de rigueur et d'être condamné. A Cité Soleil, je recevais des demandes. Il y avait quelqu'un de Cité Soleil, je lui donnais le dossier et lui disais d'aller voir parce qu'il y avait des tas de professeurs, l'argent pouvait aller trouver les professeurs sans que les parents des élèves ne le sachent. Il s'arrangeait et les parents étaient au courant. Mais je ne me rappelle pas. Si Madame Petit avait un
problème qu'elle m'adressait, je lui disais : « Vous travaillez depuis longtemps dans l'administration publique, l'argent qu'on vous paie n'est pas énorme. Vous pouvez avoir des problèmes. Il m'arrive aussi d'avoir des problèmes. » S'il m'arrivait d'écrire un chèque à Madame Petit personnellement, ça peut être dans ces conditions. 50,000 gourdes, 100,000 gourdes maximum. C'était pas dans mon habitude, vraiment parce qu'elle savait que je lui disais toujours : « Vous n'êtes pas Premier Ministre, je suis Premier Ministre et j'ai des comptes à rendre. Il faut que je me sente suffisamment confortable pour rendre des comptes. »

CEA Vous lui faites confiance. Elle vous est très, très loyale.

YN Si elle ne l'était pas, il aurait été difficile pour moi de la garder comme secrétaire exécutive.

CEA Vous vous souvenez avoir émis un chèque à son ordre de 1 million de gourdes ?

YN Ca devait avoir rapport avec le dossier compte discrétionnaire.

CE
A Les dépenses discrétionnaires figurent sous la rubrique « dépenses discrétionnaires ».

YN A l'époque, je me disais quel que soit la dépense, je ne veux pas de projet fictif. Des fois, moi personnellement, je voulais avoir du cash parce que j'étais en déplacement et j'avais besoin de cash. Quand je me déplace, il y a des gens qui me demandent de l'argent. Si j'en ai en main, je le leur donne. Des fois je disais Il y a des dépenses que je fais, je n'ai pas le temps d'en tenir compte. Essayez de faire un approximatif de ce que je dépense mensuellement. Mais je sais que des montants de ce genre doivent avoir rapport avec ce que j'ai dépensé dans mes activités.

CEA Il n'y a pas de justificatifs. Quelles sont les procédures de décaissement ?

YN En général quand il s'agit des dépenses effectuées au cours de mes activités à l'extérieur, je passe par l'administrateur. Des fois c'est pour éviter … J'ai gardé pratiquement tout le monde. L'administrateur est
habitué au Ministère des Finances. Je n'avais ni administrateur, ni comptable en tête quand j'y étais. Un chèque de ce genre ne rentre pas dans le cadre d'une activité spécifique mais dans le cadre de mes activités en tant que Premier Ministre.

CEA Mais il y a une procédure. On doit s'engager, on doit créer une obli­ga­tion juridique – comptable.

YN Je présume, mais comme il n'y avait pas de compte spécifiquement discrétionnaire à la Primature. Étant donné que des fois je ne voulais pas passer par l'administrateur, je passais par un compte spécifique.

CEA Mais vous avez fait 8 chèques à l'ordre de Madame Petit.

YN Quand ?

CEA En novembre, octobre 2002

YN Ça a du avoir probablement rapport avec ces dépenses.

CEA Vous sortiez souvent.

YN Ce n'était pas une question de sortie seulement. Des fois il y a des gens qui venaient à la Primature, des fois je sortais. Vous connaissez l
e pays aussi bien que moi. Les demandes venaient de partout. Il y a des familles qui me disent : «Si nous avons pu envoyer nos enfants à l'école, c'est grâce à vous ». Quand j'étais au Sénat, je rencontrais des gens. Je ne leur demandais même pas s'ils étaient ou non Lavalassiens. C'était des haitiens.

CEA Vous n'avez pourtant pas la réputation d'être donnant.

YN On le dit toujours. Je suis végétarien aussi.

CEA Le problème c'est que vous n'avez pas donné de justificatifs à ces dépenses.

YN Je me rappelle des fois, je demandais à Madame Petit d'essayer de prendre des petites notes. Même approximativement de noter tel mois, tant. Malheureusement vous savez ce qui est arrivé, il y a des dossiers que j'avais qui ont disparus dans l'incendie. J'aurais bien aimé que les choses se soient passées différemment en Haiti pour être, que ce soit à la Cour Supérieure que ce soit à vous, en mesure d'avoir en main les documents que ce soient les signatures
, les chèques écrits. Malheureusement…

CEA Vous connaissez Matthéus Stanley ? Ce n'est pas votre administrateur

YN Stanley peut-être. Matthéus ne me dit pas grand-chose.

CEA Que pensez-vous de votre Ministre des Finances ?

YN Il n'est pas en Haiti. En y réfléchissant, si le Ministre a pu me demander de soumettre des projets fictifs pour mes dépenses alors qu'il savait pertinemment , je suppose, qu'il y a des choses que je ne pouvais pas faire et qu'il a insisté pour me dire que ce n'était qu'une simple formalité… J'ai essayé d'avoir de bons rapports avec lui. J'ai essayé. S'il me dit qu'il n'a pas les moyens, qu'il prend tout son temps, et bien… Si je devais me bagarrer avec le Ministre des Finances, j'aurais donné ma démission.

CEA Mais le budget du gouvernement dépendait de vous.

YN Il était le Ministre des Finances. Je ne peux pas entrer dans une affaire de personnalité. Je ne l'ai jamais connu. J'étais au
Sénat quand je correspondais avec lui. Il était surtout… Je faisais des demandes pour la Primature et pour les choses qui étaient sous ma responsabilité parce que j'étais Premier Ministre. Vu la situation politique, j'essayais d'évoluer le mieux possible. Dans ma sphère, je faisais ce que je pouvais. Ce que je peux vous dire c'est que je n'aime pas faire de calomnies. La seule chose que je peux vous dire c'est que le Ministre des Finances accaparait tout. Ce que j'entends par tout : les achats de l'État, les commandes de voitures…

CEA Les achats de riz par exemple…

YN Il y avait des subventions pour les achats de produits alimentaires. Moi, je le convoquais avec le Directeur Général, Monsieur Baudin, une fois je l'ai convoqué avec le Directeur du Budget. Une fois je lui ai demandé des rapports. Comme je vous disais, je n'allais pas me bagarrer avec le Ministre des Finances. Moi, j'avais des responsabilités et des engagements politiques. Je voulais agir à l'amiable. Je pourra
is vous dire des choses très spécifiques concernant le Ministre des Finances. Il était un super ministre.

CEA Vous ne vous souciiez pas de la gestion de vos ministres ?

YN Je dois vous dire qu'en mettant de côté le Ministre des Finances, la plupart étaient des Ministres qui avaient des problèmes parce qu'ils s'adressaient constamment à moi pour avoir les décaissements venant du Ministère des Finances. Je lui écrivais constamment pour lui dire : Faites quelque chose pour tel ou tel ministère. Alors, vous pouvez comprendre.

CEA Il y a un budget ?

YN Naturellement qu'il y a un budget. Les entrées ne se faisaient pas en bloc mais chaque mois. J'essayais de comprendre ce qui se passait. Il y avait des dépenses pour avions, hélicoptères pour la sécurité du président. Je ne veux critiquer personne. La plupart des Ministres voulaient faire quelque chose d'après ce qu'ils disaient mais ils n'avaient pas les moyens. Je peux dans la mesure du possible e
ssayer de les aider. Quand j'entends le pouvoir dire que les caisses de l'état ont été pillées… ce n'est probablement pas dans les ministères car ils étaient pauvres. Le ministre des haitiens vivant à l'étranger, le ministre du tourisme, le ministre de l'agriculture, le secrétaire d'état à la jeunesse et aux sports. Des fois quand on parle de coopération, j'ai ma position. Il y avait des efforts qui se faisaient. J'avais des réunions avec le ministre de la planification, le ministre des finances pour leur demander ce qu'ils voulaient faire. Je leur disais qu'il fallait faire des débours pour faire des inventaires. Un inventaire c'est à peu près 1 million de gourdes. Il y avait une dame qui travaillait à la banque centrale. A cette réunion il y avait aussi le directeur de la National … Quand au ministère des finances on dit qu'il n'y a pas d'argent disponible, nous savons que des biens existent. Ces biens on peut les saisir, on peut les vendre. Pourquoi ne pas le faire ?

CEA Avez-vous nommé Mad
ame Deschineau ?

YN Non. Je nomme seulement des employés. Quand je suis arrivé, Madame Deschineau était en poste.

CEA Que pensez-vous d'elle ?

YN Je ne la rencontre pas souvent. Si la Primature n'a pas un projet qui de­mande les services d'une banque.

CEA Vous ne vous souciiez pas de la marche des organismes autonomes ?

YN Au niveau de la BPH, je savais qu'il y avait un petit problème, je suivais. Je n'avais pas de rapports. Il y a une banque centrale. Je ne pouvais pas rentrer … Des fois je posais des questions au Ministre des Finances au niveau des réserves, mais ce n'est pas parce que j'avais les moyens. Le représentant du gouvernement n'a pas à sa disposition une machine en forme. Je ne pouvais pas trouver quelqu'un. Je ne connais pas le background du Ministre des Finances mais je voulais quelqu'un de solide à qui je pouvais poser des questions.

CEA Poser des questions, parce qu'il y avait des doutes ?
r

YN Parce que j'avais des rapports et que je voulais quelqu'un capable de les analyser pour m'aider. Quelqu'un qui me dirait : « M. Neptune, là ça ne marche pas. Là, ça marche ».

CEA Vous auriez pu …

YN Il me fallait quelqu'un qui connaisse le système. Ce n'est pas petit. Ce n'est pas facile. C'est la même chose pour les travaux publics. J'essayais de lutter.

CEA Quelle a été la participation de la Primature aux festivités de 2004 ?

YN Il y avait une Commission. Le président de la république a décidé que je gère. La gestion quotidienne était confiée au Ministre des Haitiens vivant à l'Étranger et au Ministre des Affaires Etrangères qui était chargé de faire la gestion et de coordonner. En fin de compte, je devais recevoir un rapport.

CEA Merci M. Neptune d'avoir bien voulu répondre à nos questions.

YN J'ai tenu à faire une mise au point. Tenant compte de ma situation, je me suis dit maintena
nt que je devais lutter de cette façon. Ça m'aurait coûté que vous fassiez votre rapport sans m'entendre. Peut-être que j'aurai un autre mandat d'arrêt contre moi parce que le rapport dit que Monsieur Neptune à soutiré des fonds de l'État. Je dois vous dire aussi, question de procédure, sans relation avec le fonds discrétionnaire, question de procédures administratives, je dois me poser des questions sur les gens en qui j'ai eu confiance. Ça m'embête. J'ai pêché par inattention. Parce que quelqu'un vous a laissé entendre que c'est une simple formalité… Je comprends la portée de vos questions. J'ai été au palais et au sénat. A la Primature j'ai pensé avoir la possibilité d'avoir une col­la­boration franche, honnête de la part de person­na­lités haut placées. Je continue de réfléchir.

CEA Merci Monsieur Neptune.

Isabelle_

Réaction de l'Association des victimes du massacre

Post by Isabelle_ » Thu Jul 28, 2005 8:26 pm

Réaction de l'Association des victimes du massacre de Carrefour-feuilles accusée par la commission Denis

L'Association des victimes du massacre de Carrefour-feuilles du 28 mai 1998 {sous la présidence de René Préval) a réagi lors d'un point de presse, hier mercredi 27 juillet, aux accusations de participation à la corruption et au détournement des fonds publics lancées contre elle dans le rapport publié par la Commission d'enquêtes administratives de Paul Denis, L'Association a reconnu avoir reçu des fonds de l'Etat et a présenté des pièces justificatives sur les montants débloqués par le Ministère de la justice.

« La somme de 5 millions de gourdes débloquée par l'Etat haitien a été utilisée de façon transparente », a déclaré Fenix Vilceron porte-parole de la coordination des parents victimes du massacre de Carrefour-feuilles. Des institution, entre autres, la NCHR, aujourd'hui Ré
seau National de Défense des Droits des Haitiens ( RNDDH), ont été informées du versement de cette première tranche.

La transaction n'a pas été rendue publique pour éviter des problèmes aux bénéficiaires a expliqué Mark Kentock Saint- Jean, membre de la coordination.

Les 5 millions de gourdes allouée par l'Etat haitien ont été versés le 20 février 2004 soit après environ 4 années d'attente. On se rappelle qu'après un procès pénal, un procès civil a condamné l'Etat haitien à payer près 8 cent millions de gourdes à titre de réparation aux victimes.

http://haitiinfo.org/

Isabelle_

Corruption et détournements sous le régime Aristide

Post by Isabelle_ » Thu Jul 28, 2005 8:34 pm

Corruption et détournements sous le régime Aristide

De nombreux cas de corruption et de détournements de fonds publics, parfois systématiques, ont été découverts dans la gestion du gouvernement haitien de l'ex-président Jean Bertrand Aristide. Ce constat a été fait par la commission d'enquête administrative chargée de scruter les dépenses et émissions de chèques et l'utilisation des fonds publics de 2001 à 2004, pendant le gouvernement de Jean-Bertrand Aristide.
"De nombreuses irrégularités ont été constatées dans la gestion des fonds de l'Etat détournés à des fins personnelles", a déclaré mardi lors d'une conférence de presse le président de cette commission, l'ex-sénateur Paul Denis et membre de cette commission.
Selon un rapport préliminaire de près de 400 pages de cette instance, 19 millions de dollars et près de 24 millions de gourdes (650 00
0 dollars) ont été détournés vers des comptes privés notamment vers des banques en Haiti et aux Etats-Unis, entre février 2001 et février 2004. Après des années de crise, alors qu'il était sous la menace d'une insurrection armée, M. Aristide a démissionné de ses fonctions le 29 février 2004. Il vit aujourd'hui en exil en Afrique du Sud. Les fonds détournés auraient bénéficié à des proches de l'ancien régime, des anciens parlementaires ainsi qu'à des organisations comme la Fondation Aristide pour la démocratie ou le parti Lavalas de l'ex-président, selon la commission.
Dans ses conclusions, la commission recommande la mise en examen des personnes soupçonnées dans les détournements, le gel de leurs comptes bancaires et la mise sous séquestre de leurs biens. Elle souhaite aussi qu'une collaboration soit recherchée avec des citoyens haitiens "pour retrouver et mettre à la disposition de la justice haitienne les personnes sur lesquelles pèsent des présomptions de fraude, de malversations au détriment du
trésor public".

http://www.haitienmarche.com/

Gelin_

Post by Gelin_ » Fri Jul 29, 2005 9:27 am

Est-ce que le rapport fait mention également de l'argent qui a été versé à l'OPL pour réparations à la suite des incidents survenus après la tentative avortée de coup d'état....?

gelin

Hyppolite
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Joined: Wed Mar 17, 2004 12:39 pm

Post by Hyppolite » Fri Jul 29, 2005 3:39 pm

I think the different posts delineated some very serious issues when it comes to Haiti. Granted, there may be some political goal here. Nonetheless, the interview (with Neptune) demonstrates certain structural weaknesses in the political system in the first place. Before I go on, let's hope that the La Tortue government will have the same treatment (financial investigation) after they give up power in early 2006. And let's hope such system goes on. Let's forget however, about Lavalas versus the present government. Based on what Neptune had to say, body politics became more important than administration . He (Neptune) said for instance, that:
- the Ministre des Finances was a super ministre;
- there were discretionary accounts;
- he carried cash to help when he traveled.

Yet, there were nor could there be no account, so suvi for those expen
ses. Where did those monies come from? It seems, from the Ministry of Finances again.

He called other important ministries like the Ministry of the Diaspora, the Ministry of public works, basicall poor children of the system. They were basically irrelevant and were always under financial duress. He suggested that APN (l'Autorité Portuaire Nationale) and TELECO were basically places where people were hired more for political reasons than for their savvy.

This interview in many ways, explains why it is so difficult for good governance in Haiti. Povery is to rampant. Nevertheless, you absolutely have to be rigid when it comes to administrative affairs. How do you do that without being labeled enkonsyan? That's the problem.

Notice the many times throughout the interview with the CEA, Neptune had to say basically, "I am sorry that I wasn't more thorough".

The problems ladies and gentlemen, are numerous for a state of law, justice, and a very minimal level
of corruption. The problem is dire.

I just hope to see an equally zealous commission questionning members of the government after they're replaced in early 2006. For that I hope, La Tortue won't leave the country not until he will have been exonerated. I understand he hopes to move back to his home in Boca Raton. But I don't think he should be allowed to (or any member of the executive branch for that matter) until they have been exonerated or tried in case some of them are found to have been allegedly corrupt.

That's my take on this post by (?)Isabelle (?)

Isabelle_

Audition de Me Calixte Delatour, Ex Ministre de la Justice

Post by Isabelle_ » Fri Jul 29, 2005 7:53 pm

Audition de Me Calixte Delatour
Me Calixte Delatour, Ex Ministre de la Justice
2 juin 2005 - 1:54 PM / CEA (Rue du Quai)

CEA Bonjour M. Delatour. Merci d'avoir répondu à notre invitation. Nous vous avons demandé de venir pour essayer de clarifier un dossier. Nous avons avec nous le rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif. Il y a des points qui doivent être clarifiés. Mais avant tout, Monsieur Delatour, je voudrais nous voudrions vous demander pendant combien de temps avez-vous été ministre ?

CD Du 30 septembre 2002 au 28 février 2003.

CEA Avez-vous eu l'occasion de lire le rapport de la Cour Supérieure des Comptes ?

(…lui donne le rapport à lire…)

CEA Qu'est ce que vous en pensez ?

CD Tout ceci ne peut pas s'adresser à moi. Je su
is Ministre. Je n'étais pas comptable au Ministère.

CEA Mais vous étiez ordonnateur de dépenses publiques.

CD Oui, ordonnateur de dépenses publiques. De dépenses qui ont été faites sous mon administration. Quelles sont les dépenses qui ont été faites sous mon administration ? Je suis mis en accusation ?

CEA Vous n'êtes pas en accusation.

CD De toute façon, je m'imagine, que s'il n'y avait rien à me reprocher, on ne m'aurait pas appelé. Il faudrait s'adresser au service de la comptabilité et non à l'ordonnateur. J'avais à signer des milliers de papiers de la police nationale se rapportant des dépenses pour la nourriture. Je considérais que si on me payait à raison de 25 centimes haitiens par signature, je serais riche.

CEA En tant qu'ordonnateur, Monsieur le Ministre, vous deviez vous préoccuper de la régularité des dépenses…..

CD Quelles sont les dépenses relevant du Ministère de la Justice qui auraient é
té effectuées dans l'irrégularité ? Si il y a les dépenses inscrites au budget, des dépenses régulières du ministère qui ont été faites, quel est le fait ponctuel ? Pourquoi suis-je sur le banc des accusés ?

CEA Vous n'êtes pas accusé. La commission a jugé bon de vous auditionner afin de clarifier certains faits.

CD Y a-t-il des évènements ponctuels sur lesquels vous voulez des clarifications ? Vous remarquerez que craignant les tribulations de la circulation, je suis arrivé bien avant 2 heures.

CEA Nous vous remercions de votre ponctualité. Monsieur Delatour, le Ministère avait des comptes courants ?

CD Je crois que le Ministère avait un compte courant qui avait le caractère de ce qu'on appelle les frais de police. Bien entendu, je suis arrivé, je n'ai rien créé ni pouvoir, ni administration. Je suis resté du 30 septembre 2002 au 28 février 2003, je n'ai jamais fait aucune nomination au profit d'un ami ou d'un parent. J'ai trouvé un compta
ble qui était là, un directeur financier qui était là, toute la comptabilité qui était là bien avant moi. Je suis venu seulement avec une personne bien déterminée qui s'appelle Yves Barbot, qui était là déjà parce que normalement il faut un directeur de cabinet. Permettez-moi de vous dire que j'écrivais toutes mes lettres parce que, j'ai tout le respect de Me Barbot mais il était fatigué ou désintéressé. C'est la seule nomination. Un Ministre a droit à un conseiller, il y avait un conseiller, il y avait une histoire de petit personnel. Je n'ai jamais voulu être Ministre de la Justice pour une seule raison : Le Ministère de la Justice est lié au Ministère de la Sécurité Publique. Je venais personnellement au volant de ma voiture. Je sortais du Ministère je ne pouvais permettre ni à un gendarme, ni à un chauffeur de monter jusqu'à Pétion Ville chez moi. Je n'ai jamais eu personne à la barrière de chez moi pour me sécuriser. Pour les dépenses, il y a les dépenses normales. Oui, j'ai mis du désordre dans mon mini
stère, puisque quand un Ministre s'oublie, pour prêter son argent personnel à l'Etat… A la première ouverture des tribunaux, le premier lundi d'octobre je n'avais pas le temps de m'occuper de l'ouverture des tribunaux. L'État n'avait pas l'argent pour nettoyer le local, j'ai tiré 900,000 gourdes de ma poche que j'ai donné pour nettoyer le ministère. Bien entendu, cet argent m'a été restitué. Un autre cas : Un policier a tué une femme enceinte à Hinche et le Ministère de l'Intérieur aurait donné 50,000 H$ pour les funérailles à la famille, on prétend qu'entre députés, délégués et magistrats on a voulu forcer la famille à recevoir H$10,000 et à donner un reçu pour H$50,000. Me Févry est venu me dire que le cadavre ne pouvait pas tenir, j'ai encore tiré encore 250,000 gourdes de mon argent personnel. Est-ce qu'il y a des cas où il est rapporté que des argents auraient été donnés et où j'aurais tiré un chèque pour moi ?

CEA Monsieur Delatour, quelle était la procédure de décaissement des fonds pub
lics sur compte courant quand vous étiez au Ministère ?

CD Les comptes courants ou ce compte courant n'étaient jamais automatiquement alimentés. Je n'avais pas chaque mois un budget de compte courant. Il arrive que dès mon arrivée le Ministère n'avait pas un centime et je considérais que pour mon style de vie qu'il m'était impossible de loger et surtout de recevoir au Ministère les étrangers, n'importe quel visiteur dans ce qui servait de bureau à un Ministre. J'ai entrepris moi-même dès la semaine de mon arrivée les réparations, il y avait un plancher et un tapis dans un pays aussi plein de poussière… J'ai fait rénover le carré, j'ai fait acheter des meubles et on a fait des dépenses sur le compte courant. Je suis parti le 31 janvier 2003 pour le Guatemala pour signer une convention internationale pour la corruption. Avant de partir, on me parlait de carnaval. Je considérais que je ne pouvais pas m'investir dans cette affaire de carnaval et j'ai fait des démarches pour que l'argent disponi
ble pour le carnaval soit accordé aux victimes de Carrefour-Feuilles. Mais je ne considère pas ces affaires du ressort du Ministère de la Justice. Un homme occupant une position utilise cette position pour faire quelque chose qu'il considère être valable. Moi j'ai passé une bonne partie de ma vie à Carrefour-Feuilles où habitait ma mère. J'aurais été l'avocat des victimes de Carrefour-Feuilles mais je ne l'ai pas été pour une raison : un ami qui s'appelait Mario m'avait approché mais il y avait un conflit avec mes amis, mes amitiés de Carrefour-Feuilles et quelqu'un qui semblait être le bourreau de ce monde. Quand les gens sont venus, j'ai négocié. On avait condamné l'État Haitien à 800 millions de gourdes. J'ai fait accepter 22 millions de gourdes par ce monde et on a accordé 5 millions ou 3 à ces victimes. L'idée que je me fais des ministres est au-dessus de l'histoire d'aller rencontrer ces gens et distribuer des enveloppes. Si je me suis investi dans une autre histoire de réparation, il s'agissait des vic
times du 17 décembre. J'ai fait partie d'un gouvernement dont la seule pensée était de temporiser. Mais j'ai imaginé qu'un monsieur qui s'appelait Gérard Pierre Charles avait droit à plus de respect de la part d'un pouvoir que n'importe qui et je me suis investi de cette affaire. Il avait été victime et j'ai trouvé que c'était de la mesquinerie de discuter de centimes.

CEA Monsieur Delatour, le nom d'Antoine Maignan vous dit quelque chose ?

CD Oui. Il a été comptable dans mon Ministère. Je l'y ai trouvé. C'est au Ministère que j'ai rencontré pour la première fois le personnage.



CEA Monsieur Delatour, quel était le rôle du Ministère de la Justice dans l'organisation des Festivités du Bicentenaire ?

CD Absolument 0. Le ministère ne pouvait participer que dans la mesure où n'importe quel haitien avait à décorer la devanture du Ministère. Mais je ne retiens pas une seule minute que le Ministère ait eu à participer dans le cadre des fe
stivités du Bicentennaire

CEA Vous n'avez pas eu à gérer de fonds ?

CD Je n'ai jamais géré de fonds. Quiconque me connaît très bien sait que s'il y a quelque chose que je ne sais pas faire dans la vie c'est compter ou gérer de l'argent. Je vous le jure. Je n'ai jamais voulu m'investir dans les histoires de gestion de fonds à quelque niveau que ce soit, même dans ma vie privée. Ce que j'ai, je le donne à ma femme. Les questions de gestion, je n'ai jamais eu un penchant quelconque pour. Mais je ne sais qu'une chose, le Ministère de la Justice n'a jamais eu à gérer des fonds dans les festivités du Bicentenaire. Il n'y avait pas eu de fonds octroyés au Ministère. Si cela a été fait, je le jure, cela l'a été à mon insu. Je suis sûr.

CEA Même pour décorer le Ministère ? Vous avez parlé de drapeaux …

CD Écoutez, je regrette infiniment mais je crois que ce serait une offense aux statuts d'un Ministre que de lui parler de décorer. En octobre, novemb
re, décembre 2004, un Ministre avait trop à faire pour s'occuper de choses terre à terre comme peinturer ou décorer un Ministère. J'ai donné mon argent personnel pour nettoyer le Palais de Justice mais cet argent a été directement au service d'intendance du Ministère. Je ne vais pas envoyer des gens prendre ou remettre des pièces pour dire qu'on me doit de l'argent. Non. Je donne des ordres à mon ingénieur pour qu'il s'occupe des matériaux et, s'il le faut, engage un entrepreneur. Un ministre quel qu'il soit… oui la Constitution en tant qu'obligation demande une signature mais sa signature venant comme 3ème ou 4ème ou 5ème… Si les responsables des différents services vérifient si tout est fait, on regarde, on examine, on remet. C'est un fait clair. Il y a 50,000 feuilles de papier à signer chaque jour. Je ne signerais pas une nomination comme ça. Le curriculum vitae de l'individu est contrôlé et vérifié par moi. Mais les dépenses pour décorer… Je ne permettrais pas à quelqu'un de me parler de décoration à moi
ns d'avoir personnellement une position. Jusqu'au dernier moment, j'ai été Ministre. S'il y a eu quelque chose qui a été mal fait durant mon ministère, j'endosse et j'en porte toute la responsabilité.

CEA Monsieur Delatour, vous avez émis des chèques à l'ordre d'Antoine Maignant ?

CD C'est bien possible. S'il vient me trouver et dit qu'il y a des dépenses à faire ? Si vous trouvez un seul papier fait au Ministère sans la signature du responsable administratif ou financier… Il y avait Monsieur Jadotte qui était Directeur Administratif. En principe c'était avec lui que les décisions étaient prises pour n'importe quelle question d'argent.

CEA Vous vous souvenez avoir ordonné un chèque de 18M de gourdes à l'ordre de Antoine Maignan ?

CD Je n'ai rien ordonné car j'estime difficilement que le Ministère ait pu disposer de 18 millions de gourdes à un moment quelconque. Quelle était la provenance de cet argent ?

CEA Dans le cadre d
es festivités du Bicentennaire (…Montre les copies de chèques…)

CD Comme je vous le dis, voici une première signature. En voici une deuxième. Ma signature arrive en troisième lieu. Vous avez Max Jadotte, vous avez Maignan, vous avez le Directeur Général, très bien (…lit le document…). Je n'ai pas émis un chèque.

CEA Vous avez ordonné cette dépense ?

CD Quand vous avez ceci, on l'envoie au Ministère des Finances. Et là, quand l'argent a été débloqué, comment a-t-il été distribué ?

CEA Vous admettez avoir ordonné une dépense de 18 millions pour les festivités du Bicentenaire ?

CD Je vous le dis sincèrement, je ne m'exonère d'aucune responsabilité. La signature est bien ma signature. Je vous demande de m'aider à rafraîchir ma mémoire. Cet argent a été donné. Le chèque a été fait au nom de Maignan et à ce moment, comment ce chèque a-t-il a été réparti ?

CEA C'est ce que nous voulons savoir.

CD
Je le répète, le chèque a été fait au nom de Maignan, je ne le condamne pas. Mais les dépenses sur ces 18 millions, vous les avez ?

CEA Non, c'est ce que nous voulons savoir, parce que nous ne savons pas pourquoi M. Maignan a-t-il reçu tout cet argent. D'autant plus que vous nous avez dit que le Ministère n'a joué aucun rôle dans l'organisation des festivités du Bicentenaire.

CD Il y avait des comités ou des commissions formés pour les festivités du Bicentennaire. Moi, Ministre de la Justice, je ne faisais partie d'aucune des commissions. Ça, j'en suis sûr.

CEA Nous vous donnons acte mais 18 millions pour les dépenses du Bicentenaire… !

CD Là, certainement j'ai commencé par bien expliquer. Il n'y a pas de coffre-fort au Ministère. Je n'avais pas de classeur personnel à mon bureau. Il n'y avait nulle part où garder de l'argent. 18 millions, sans pièces justificatives, il y a une liste… Même si j'ordonne… Il y a des dépenses sollicitées
qui ne sont jamais agréées. Mon ambition comme Ministre était de déplacer le Parquet du Tribunal Civil de Port-au-Prince. J'ai multiplié les démarches pour acheter la maison où se trouve le Centre d'Art où je me proposais de mettre le Parquet et le Tribunal de Première Instance. A un moment il y a eu des documents envoyés pour. Mais jamais on a permis même de réparer le vieux Parquet. Il y a une question, c'est certain : S'agit–il d'argent décaissé sous ma signature, mais qu'a –t-on fait des 18 millions? Ont-ils été donnés? Où sont ces pièces ? Il y a 2 choses. Que Monsieur Maignan dise à quel moment le chèque a-t-il été fait, ou à l ordre de qui il a endossé, ou à qui il a remis l'argent.

CEA Justement, il a encaissé le chèque. Vous ne lui avez pas demandé comment il a utilisé le montant ?

CD Je peux vous permettre de vous dire que si ceci est une faute, si je signe un papier comme ça je ne me suis jamais occupé une seule minute car il y a une administration et chacun joue
sa partition. Un chef d'orchestre ne tient pas un instrument.

CEA Pour ordonner une dépense, il y a un engagement. Avant d'ordonner, il y a un engagement et vous, comme Ministre, vous devez vérifier.

CD (…Reprend les copies pour les lire...) Ceci est fait le 18 décembre 2003. Ceci a été signé… Il y a une chose qui m'embête : quelle est la date de la signature de ce document ?

CEA C'est annexé. Cela date du 18 décembre.

CD Il y a une chose : je me perds. Le compte sur lequel ce chèque est tiré est un compte du Ministère approvisionné par. Qui a demandé ? Ou bien il y a des provisions que j'appellerais régulières ou institutionnelles ou ce sont des valeurs sollicitées. Je maintiens : je ne vois pas comment le Ministère pourrait disposer de 18 millions de gourdes comme ça. Un Ministère qui ne peut même pas faire fonctionner tous les ordinateurs du Ministère. Mettez-vous en tête que si vous trouvez un tapis décoratif sous une table de conférenc
e, c'est un tapis de chez moi que j'ai apporté au Ministère. Vous trouvez une plante artificielle, c'est un cadeau qui m'a été fait, qui m'a été apporté au Ministère et qui est resté. C'était un des ministères les plus pauvres. L'ogre, c'est la police. Mais ces 18 millions oui, c'est ma signature. Je ne retiens pas, je n'ai pas souvenance. Pour retrouver ces éléments, il me faudrait remonter à la source. Pourquoi a-t-on mis cet argent à la disposition de. Parce qu'on a jamais fait de cadeau, sous mon Ministère, au Ministère de la Justice. Numéro deux : Est-ce que ceci -car je n'ai pas souvenance d'un accord- ça pourrait être un accord entre telle personne du Ministère, mais ce n'est pas un accord personnel, que cet argent aurait pu être versé à un autre Ministère. Je retiens que j'ai dit : Le Ministère de la Justice n'a participé qu'en offrant ma présence au Palais National. Je n'ai même accompagné le Chef d'État aux Gonaives, car on avait choisi les ministres qui l'accompagnaient. Je n'ai pas eu de réception
au Ministère. Je voudrais bien avoir l'assistance de la Commission d'Enquêtes pour m'aider à fournir ces informations. J'ai signé un chèque de 18 millions, l'argent a été touché entre le directeur administratif, le comptable et surtout, le directeur général. J'aimerais savoir parce que le directeur général avait de très larges pouvoirs. Vous représentez ce que je ne nie pas. Un chèque de 18 millions, le Ministère n'a jamais disposé au-delà de 3 millions de gourdes à l‘époque et je retiens, à l'époque où je faisais des réparations. Quand je venais d'arriver. Ensuite on donnait les 500 mille au ministère. Je comprends que ceci m'ait échappé. Je vous réponds que j'ai laissé Port-au-Prince en décembre vers le 4. J'étais à Mexico du côté de Monterrey. Quand on part on fait au moins 8 jours dehors. A l'époque il y avait un si profond abattement… Si quelqu'un avait l'intention de faire quelque chose et qu'il voyait qu'il n'avait rien fait, il y avait un profond abattement. Donc la question de suivi et de tout cela…
Mais 18 millions c'est au moins 500,000 US$. Celui qui a eu cet argent en mains a au moins une liste de dépenses pour ces 18 millions. Dans le cas contraire, et ceci m'aiderait énormément car je me tiens à l'écart des affaires d'argent… Laissez-moi vous dire une chose encore : Je savais que c'était un des points sur lequel Monsieur le Président Aristide s'appuyait toujours pour avilir quelqu'un. En règle générale, on ne peut me trouver dans les affaires d'argent. A l'époque, je n'étais pas en odeur de sainteté. Peut-être qu'on ne trouvait personne pour me remplacer. Mais le 18 décembre, que je signe un chèque de 18 millions... 18 millions de gourdes signés en décembre au ministère, c'était mettre celui qui est là en danger. Même si vous aviez 18 millions de US$, que cela vous passe entre les mains, cela ne suffirait pas pour satisfaire l'appétit, la soif ou les exigences des gens qui se promenaient à travers les Ministères pour demander de l'argent. Il y a un sénateur qui est venu me dire qu'il construisait
sa maison et il n'arrivait pas à achever sa construction car il devait payer ce qu'on appelle l'affermage de sa maison et si on pouvait faire quelque chose pour lui. Je vous jure, j'ai tiré mon carnet de chèque personnel et j'ai signé un chèque personnel de US$2000.- ke m fè l kado. Mais c'était une leçon que je voulais lui faire. Il l'a reçu, c'est certain et on peut le retrouver dans mes affaires personnelles mais on ne pourra pas prouver que le Ministèreest investi dans cet argent. Mais là, rendez-moi un service, si vous avez les documents, aidez-moi à les voir. Comment a-t-on réparti cette valeur ? Qui a eu cette valeur ? A qui l'a-t-on versé ? Ce n'est certainement pas à moi.

CEA Nous vous remercions Monsieur Delatour. Quand on vous a demandé de venir ce n'était effectivement pas en accusé. Il y a des choses qui nous paraissaient obscures et nous voulions clarifier certains points.

CD Je vous jure que vous me créez des problèmes en ce moment. Parce que quand on est vie
ux, on est susceptible car on est fatigué. Je vous le jure qu'en venant ici, je m'attendais à toute autre question excepté que j'aie signé un jour un chèque de 18 millions de gourdes à l'ordre d'untel et que je n'aie jamais retenu un bout de papier car, je dois dire, personne ne m'a jamais dit : «Calixte, on va transférer tel argent à votre Ministère et vous aurez à remettre… On ne me l'a jamais demandé. Si quelqu'un aurait pu me le demander, ce serait le président. Je crois et je suis honnête en le disant, que M. Neptune a tous les défauts excepté qu'il n'est pas un homme d'argent et ne s'est jamais retrouvé dans les affaires de drogues. Je retiens une chose : Toutes les fois que j'avais à lui parler ou qu'il me parlait, c'était toujours : « Que dit la loi ? ». Cependant, j'avoue que ce n'est pas celui qui pourrait me dire : « On va vous donner de l'argent ». Combien de chèques ai-je signé pendant que j'étais Ministre ? Vous avez une Commission d'Enquêtes, aidez-moi. Mon drame ce n'est pas la question de 18
millions. Mon drame est de savoir comment cela s'est produit. Mais un chèque de 18 millions ! A t-on jamais trouvé ma signature au bas d'un chèque d'un montant plus ou moins approximatif ?

CEA Monsieur Delatour, nous allons continuer notre enquête. On peut vous rassurer : tous les éléments qui auront éclaté à la vérité, on vous les fera parvenir.

CD Je suis à votre disposition. Comme tout ce qui se passe dans ce pays, je me mettais en tête que c'était une affaire d'enquiquiner les gens. Mais un chèque de 18 millions de gourdes ! Il est vrai qu'à l'infini, toutes les valeurs sont égales. La séance est levée ?

CEA Oui, merci Monsieur Delatour d'avoir répondu à notre invitation.

Isabelle_

Questions to JAF

Post by Isabelle_ » Fri Jul 29, 2005 8:03 pm

Jaf,

Is the summary of your post meant to say that what occurred under the LAVALAS government should be buried and is water under the bridge? Let us look at the present moment and analyze the Latortue government, particularly prior to their departure?

I have a few questions for you since you seem well plugged into what happened during the Lavalas period.

a)In the early years of the Lavalas government, where "transparence" was one of the tenets, why did they not investigate previous administrations and transactions that happened prior to their coming to power?

b)Furthermore, when they came back in 1994, why was there no report published about what was done (financially) during the coup years and why were no investigations done?

IsabelleF

Isabelle_

The Emperor Has No Clothes by Jean-Claude Jasmin

Post by Isabelle_ » Fri Jul 29, 2005 8:15 pm

The Emperor Has No Clothes
How Aristide & Co. plundered the Haitian Treasury; Dark clouds on the Alexandre-Latortue government

The publication this week of the preliminary findings
of the "Commission d'Enquête Administrative" (CEA),
headed by former Senator Paul Denis, has uncovered a
disturbing pattern of systematic looting of the
Treasury during the Jean-Bertrand Aristide presidency.
We can only salute what is probably a first in Haitian
history:

a) the commission did its work in secrecy and there
were no leaks until the publication of the preliminary
report;
b) the quality of the investigation is extremely good;
c) the report includes TRANSCRIPTS of key interviews
with a number of former high level Lavalas dignitaries
(probably a first in Haitian history)
d) the report also includes copies of correspondence,
extensive documentation
of financial shenanigans, etc.

What is striking to any observer is the sheer
magnitude of the embezzlement concocted by Aristide
and his cronies and the large number of individuals
involved, starting with Aristide himself. Former
Lavalas congressmen, ministers, and a number of
Aristide relatives as well as businessmen figure on
the long list of beneficiaries and/or thieves. Coming
on the heels of the UCREF report on the embezzlement
at the Aristide Foundation for Democracy and a number
of associated shell companies, a clearer picture of
the Aristide-directed looting of public funds has
emerged.

Readers can access key elements of the report (in
French) at the following websites:

http://www.ntsnews.com/bpm/commission_enquete.htm
http://www.ntsnews.com/bpm/commission_e ... art_II.htm
http://www.ntsnews.com/bpm/commission_e ... rt_III.htm
http://www.ntsnews.com/bpm/commission_e ... ntrats.htm

The reports speak for themselves. I w
ould like to draw
your attention to a number of intriguing points:

Cooperation of Yvon Neptune

In what is sure to be a shock for many, former Prime
Minister Yvon Neptune agreed to answer the questions
of the investigators. And what an interview that was!
We learn that:

1. Yvon Neptune had no real power as prime minister;
he was deathly afraid of Finance Minister Faubert
Gustave who was, in his words, a "super-minister" and
who called the shots on all expenses, legitimate or
illegal, that were undertaken on behalf of Aristide;

2. Neptune recognizes that Oriel Jean, Aristide's
former security chief now in custody in the US on
charges of drug smuggling, was receiving donations
routinely from the Prime Minister's office "on the
basis of his needs" (Neptune's own words.)

3. The much touted "Alpha Economique" plan of Aristide
existed in name only.

The interview reveals that Neptune was certainly not
the administrator that he was
cracked up to be. We
discover an average to below-average manager of people
who had some integrity (let's call a spade a spade)
but who certainly decided to roll over and let
Aristide run roughshod over him. Quite a pitiful
interview in the end as it demonstrated that Neptune
was completely out of his league and should have
remained the good architect that he was.

While Aristide is in South Africa enjoying his
millions and managing his little guerilla warfare,
poor Neptune is left holding the bag.

Cooperation of Jean-Jacques Valentin

Another shocker! For many years, Jean-Jacques Valentin
was Aristide's man at Customs, where he oversaw a
large bureaucracy which received the majority of the
government's revenues. Valentin described very
eloquently the pattern of embezzlement and deceit that
Aristide and Faubert Gustave established to get around
administrative procedures and help their cronies
circumvent customs duties. Two of the biggest

nbeneficiaries of the scheme were none other than Lesly
Lavelanet, brother-in-law of Aristide, who owes
Customs over US$1 million in unpaid customs duties and
Dieuseul Tchokanté Joseph, a staples importer, who
became a front man for Lavelanet as well as other rice
importers associated to Aristide.

Finally, we must stress that the publication of this
preliminary report has ruffled many feathers within
the Alexandre-Latortue government. Paul Denis stated
that he received minimal cooperation from the National
Palace. That is not surprising at all. The current
chief of staff, Michel Brunache, has close links with
Gladys Lauture, a former "economic advisor" to
Aristide who masterminded a number of embezzlement
schemes. Brunache has actually blocked the
investigations into the practices at the Palace for
two reasons:

1. to protect Gladys Lauture, and by extension
Brunache's former boss, attorney Gary Lissade, who is
also implicated in a number of sor
did schemes in the
CEA/Paul Denis report;

2. to prevent investigators from uncovering Brunache's
embezzlement scheme for the benefit of his
father-in-law, Boniface Alexandre, and his own pockets
of course. Brunache has continued the practice first
established by Aristide at the National Palace, which
call for minimal supervision and documentation (if at
all) of expeditures.

We must be vigilant. Aristide is the past, and we need
to expose him for what he was: a vulgar, blood-thirsty
criminal who used the poor of Haiti to wage his war of
hatred and enrich himself at the sam etime. But we
also need to focus on the present and start
investigating the crooked deals of the current
administration. There are a few, and they are being
perpetrated by people close to the current President
and Prime Minister.

We must also start asking the hard questions:

1. Why is Mr. Latortue's district attoney
("commissaire du gouvernment") so weak and ineffe
ctive?
2. Why are the current "managers" of the National
Palace and Teleco blocking the Paul Denis/CEA
investigation?
3. When will Latortue get rid of the bad apples that
are completely spoiling his current leadership? Or is
he involved?

Haiti needs new leadership and a new beginning. The
truth will set us all free ... finally.

Jean-Claude Jasmin
Email: jasminjeanclaude@yahoo.com
Blog: http://haitianmofo.blogspot.com

Isabelle_

Response to Gelin about funds for OPL

Post by Isabelle_ » Sat Jul 30, 2005 3:55 pm

Gelin

I believe that public funds were used to pay the opposition parties that were attacked on December 17 (including OPL). Legally, the Lavalas Party, not the government, should have paid the damages because it was responsible.

IsabelleF

Isabelle_

Démission de Max Buteau au CMEP.(jeudi 28 juillet 2005)

Post by Isabelle_ » Sat Jul 30, 2005 7:53 pm

Démission de Max Buteau au CMEP.(jeudi 28 juillet 2005)

Max Buteau, un des membres du Conseil de Modernisation des Entreprises Publiques (CMEP vient de remettre sa démission. Le nom de Max Buteau est cité dans le rapport récemment publié par la Commission d'Enquête Administrative relatif à des actes de malversation dans la gestion des fonds publics sous le régime lavalas.

Signalons que ce rapport prélimaire sur la gestion des deniers publics sous le régime lavalas fait la lumière sur la dilapidation des fonds par des personnes influents. Certaines personnes sont déjà monté au créneau pour se défendre contre les résultats de cette enquête.
http://www.tnh.ht/actua/politique/demissionmax.htm

Hyppolite
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Post by Hyppolite » Mon Aug 01, 2005 4:43 pm

Jaf, Jaf, Jaf, my very, very dear brother. Let's put our political opinion aside for one moment and read calmly the report. It may be vindictive; it may be the work of partisan politicians who want to throw more dirt on Lavalas. At the same time, one cannot ignore that these questions were asked of individuals who worked in the executive branch of government. As such, they owe it to the people whom they served, to clarify for them these issues.

At least to me, Jaf, what comes out from those reports are again, important and revealing, regardless of which government is/was/will be in power:

1- Government structure has a hierarchical problems;
2- The role of government officials (at least under Aristide II) were not well delineated;
3- Depending on one's closeness to the top leadership, one could do things that would have normally been beyond his or her authority;
4- Neptune was probably a fool, not a crook;
5- All Mini
sters did not have the same power or influence; it all depended on their political influence;
6- Gustave Faubert (the Minister of Finances) was indeed extremely powerful;
7- There was some kind of a rift between Aristide and Neptune, beyond all appearances;
8- Haitian government needs to be better structured, in a very orderly and systemic fashion, so one's authority can be clearly delineated by law, whether it relates to money, or administrative authority.
9- The chain of command is way too loose and therefore, it gets harder to pinpoint to those who truly are/were involved in corruption;
10- Haiti has very, very, very serious problems as a country. Those problems are way beyond just politics.

If you read also, incidentally, the post attributed to "Jasmin" (Jean-Claude?), you'll notice how the same things may be happening now under the current regime. Why not ask for such a report and investigation, done in the same transparent manner, after Latortue is out of power? Why not ask for
Latortue and co, for al officials of the executive branch to stay put, and not be allowed t leave the country for 6 months after their "mandate" is over, so they can conduct the proper investigation on them? Why not do that, instead of only focusing on the "anti-Lavalas" supposed tone of the report?

To me, if one loves Haiti, one has to sometimes put his or her partisanship suit aside to look at the real issues so we do not keep on repeating the same mistakes.

These are my 2 cents to this debate. What do you say, Jaf?

Hyppolite
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Post by Hyppolite » Tue Aug 02, 2005 9:05 am

Jaf, we as a people will never get ahead, will never go far unless and until we look at the truth, face our deeds and misdeeds, and learn from them.

Admitting to the obvious wrongs in the past Aristide II administration is no sin, as you seem to profoundly profess your faith in the movement, and are also very much in line with the Aristide line. Such is not the issue here.

The issue to me, is simple: there was corruption in the administration. There were mechanisms of corruption in the administration. Regardless of your feelings, you must admit to the fact.

It makes perfect sense for Paul Denis to use this new found political goldmine, capitalize on it, and run for elections (or selection as you would call it). That's just the way politics is done any way, whether you agree or not: you use your adversary's weaknesses and mistakes, capitalize on them to show that yo
u would do a much better job.

No issue is more important than combatting corruption in the public administration of Haiti, aside from respecting the votes of the electorate. We can't get away from these two. Accepting the fact that Aristide II was thoroughly corrupt will not make you a sinner, or traitor. Those who would call you traitor are willing to betray the Haitian people (rich and poor) just for an ideological point of view. That's wrong, thoroughly wrong.

If you think Lavalas did wrong, just wait for the reports that may come out, after Latortue and Boniface Alexandre give up power. Just read for insance, the news report by AHP yesterday, on the alledged misdeeds of the very Honorable Mrs. Magalie Comeau Denis. That's not even the tip of the iceberg, as to what's going on in the current administration. So if you say, there was no corruption under Aristide II , that it was all chara
cter assassination, they can and in fact, should use the very same argument when and if a similar report is produced about their misdeeds.

In other words, we will keep on doing circular reasoning. We depart from the same point, and arrive at the same. Nothing new and better will come out or about for the nation. That, is wrong. In fact Jaf, that kind of logic is very, very, very wrong. It's dishonest to the whole nation.

Hyppolite
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Post by Hyppolite » Tue Aug 02, 2005 10:08 am

Jaf,

Got to go too. I give up. I simply believe that you have to start somewhere, that you have to establish some precedent and build upon it. You prefer focusing on the obvious: that Paul Denis is/was no Lavalas.

That's not the issue. Never was, never will be. If you have doubts about the truth that emanates from that report, you should perhaps simply ask for the process they went by to arrive at the conclusion. Never mind that!! Just read the words by characters like Neptune and Calixte Delatour, and all others.

There was a probe, however imperfect. There was a conclusion that is valid based on the probe. If you can't deal with that basic fact, it's a different story. Then we will keep on running around an empty circle and will never get out of this vicious cycle. Government comes; government promises transparency; government doest not deliver because government knows that i
t has very articulate defenders of its noble causes who will swear to the contrary despite the facts.

Sorry Jafrik, mwen pa ladan l'.

Theft is theft. Incidentally, Haiti En Marche published its editorial page this morning on the web, writing about this very issue. Now, everyone knows that Marcus is not anti-Lavalas, or pro-G-184. He is more of a moderate figure, a line his newspaper has always followed. But that's besides the point, isn't it, Jafrik?

I repeat for the last time perhaps today: Haiti will not advance unless and until we deal with facts, and use reason to tailor our judgement. That won't make you or anyone else an anti-poor-people. It is not because someone professes faith in the people, that he won't take their property away from them.

It was Pétion who used to say Voler l'État n'est pas voler, or tous les hommes sont des voleurs.
r

Thus continue the nasty tradition. If misdeeds are committed by Lavalas, then it's okay. What a joke!!

Hyppolite
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Post by Hyppolite » Tue Aug 02, 2005 4:16 pm

Process, Jafrik, is not form but substance.

If you read the interviews, you can get through the mechanisms of corruption. When you know these things, you can start working towards the eradication or at least, weakening of the stranglehold called corruption in our politics. You have to understand the mechanisms first and so, you need to have the courage to read those things even when they hurt because it is betrayal. That is simple, but more likely than not, you'll once again disagree.

Marcus was/is not an enemy of Lavalas or Aristide. He does what he has to do to bring you different sides of the same coin. You may disagree with him but that's not the issue to me at least.

Haiti Progres had also tried as you mentioned, to pinpoint the flaws and weaknesses in Lavalas, especially when it comes to corruption. It is an issue that had been discussed many a times in diffe
rent places. I for once, didn't want to believe it for a long time until more evidence kept pouring in, with people sending me "proof" of such. Aristide knew about it all along. Why don't you instead, try to talk about ways to make sure we don't get to that point again?

Jafrik, did you by the way, honestly expect the Latortue government to have hired a Lavalas partisan or even a moderate figure vis-a-vis Lavalas to conduct the investigation? That would have been naive, wouldn't it? Don't you think so? Aristide knew that he had so many political enemies. He had therefore to take all precautionary measures and do his accounting by the book. That is not what he did, although that is what he had promised us all, before he became president in 1990. He promised transparans. We got none of that. Why can't we have the courage to say, that something went wrong and that we have to build mechanisms so that leaders of the right and the left never use
public funds for their own benefit? That won't make you anti-Lavalas. A good partisan, of any political faith or ideology, should and even must have the courage to criticize the party. Otherwise, sooner or later, that party will simply become a religious congregation. I am afraid of the obsession of many, with saying that Lavalas did no wrong under Aristide will by the end weaken the party to not even a token of its former self. You don't have to believe me. You just have to watch it happen and get frustrated even further. That's usually what happens anyway, in Haitian politics: a good thing becomes a religious philosophy until the very creators of that thing destroy it by their autocratic or violent or extremist position.

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