Sans le vodou pas de développement

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Sans le vodou pas de développement

Post by admin » Tue Apr 26, 2005 11:20 pm

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Sans le vodou pas de développement
Par Jean Erich René
26 avril 05

Le vodou est un sujet tabou dans le milieu haitien. Personne n'en parle par crainte de porter les stigmates de l'ignorance. Pourtant le vaudou irradie toutes les composantes de la Société haitienne. Pour répéter Marcel Mauss il s'agit d'un phénomène social total comment le soustraire donc d'un programme de développement économique qui touche l'intégralité de l'homme haitien. Le développement économique a un déterminant culturel qu'on ne peut pas esquiver. Aucun peuple au monde n'est arrivé au développement économique en niant sa culture. En 1868 le Japon avait encore une structure féodale l'empereur MEJII a décidé de moderniser le pays en sauvegardant à tout prix sa religion le SHINTO. Les MEJIITES avaient mis aussi l'accent sur
l'importance de l'éducation pour arriver au développement en conservant leur langue.

Le sociologue haitien Achille Aristide a établi l'identité culturelle du développement. Gérard Pierre Charles dans "Economie et Développement" dans une approche structuraliste reconnaît le primat de la culture et le rôle moteur de l'idéologie. Emile Olivier et Claude Moiise nous mettent en garde contre la structure de dépendance occidentale incompatible avec le développement économique d'Haiti. L'Occident assimile le développement à la croissance économique. Mais, la croissance économique résulte d'une accumulation continue et irréversible du capital. Qu'est-ce que le capital ? Ce sont les ressources matérielles, monétaires, intellectuelles dont on dispose pour produire. En quoi consiste essentiellement le PNB haitien: café, cacao, sucre, coton, riz, mais etc... Le monopole de la production agricole est détenu par le paysan. Quelle est la religion du paysan qui représente la majorité nationale? C'est le vaudou
. Pourquoi le paysan adopte le vaudou comme religion? Livré à lui-même sans aucune structure de sécurité, de santé et d'assistance technique le paysan se réfère à ses loas pour le protéger et garantir sa récolte. Les loas sont des esprits ou des dieux qui n'habitent pas dans un univers lointain. Ils vivent avec le paysan sur sa propriété.

Sans les loas comment le paysan résisterait-il à l'appétit glouton des avocats, des notaires et des gens de la ville qui cherchent à tout prix à l'exploiter. Il n'a pas accès aux prêts bancaires. Aussi on peut bien comprendre le choix de la classe marginalisée. Pour saisir l'importance du vaudouisme pour le développement économique d'Haiti, il suffit de rappeler comment le capitalisme est arrivé à son éclosion en Occident. Selon Max Weber dans "L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme" c'est dans le protestantisme que le capitalisme a puisé l'énergie nécessaire à sa propulsion. En bannissant la mollesse et la débauche, le protestantisme a évité le g
aspillage tout en favorisant l'épargne et l'accumulation du capital. Le catholicisme a permis à la France et l'Espagne de coloniser le Tiers-Monde et de ramasser leurs fortunes en prêchant la résignation et la promesse d'une vie meilleure après la mort. En inventant le paradis et l'enfer il a comprimé tout sentiment de révolte chez l'opprimé.

L'âge économique d'Haiti va commencer à partir du moment où nous cessons de singer l'Occident. Tout en adoptant leurs progrès scientifiques nous devons tenir compte de nos propres valeurs culturelles. Sans le vaudou, le développement économique et social d'Haiti n'est pas possible. Sans le créole la diffusion du savoir comme préalable indispensable à toute tentative de développement économique sera de nul effet. Le Docteur Jean Price Mars justifie notre sous-développement économique par notre bovarysme culturel. Les racines de l'Haitianité prennent naissance dans l'Africanité. Tout projet sociétal englobant le développement économique doit prendre e
n compte l'aspect culturel.

Personne ne peut nier l'importance de la spiritualité dans la vie d'un peuple. Le vaudou se trouve au cœur de la vie nationale haitienne. Sans le vaudou l'indépendance d'Haiti n'était pas possible. La cohésion des esclaves et les techniques du marronnage sont les oeuvres de grands prêtres vaudou comme Boukman. L'arme biologique provoquant la fièvre jaune était préparée dans le laboratoire du vaudou. L'influence de François Mackandal ne peut être niée dans la mise en oeuvre de la stratégie tendant vers l'indépendance d'Haiti. Si pour Robinson l'accumulation du capital constitue la force motrice du développement économique, pour Rostow le passage d'une société traditionnelle à une société moderne constitue les fondements de la croissance économique. On ne peut pas créer les conditions préalables au démarrage économique sans tenir compte de certaines réalités sociales et culturelles d'Haiti. La petite marchande de clairin du coin pourrait monter une grande entrep
rise de débit d'alcool mais elle a peur. Le tenancier de la boutique d'en face pourrait dresser un magasin à grande surface, mais il a peur. Ils ont peur de quoi? Des neuvaines, des lampes, de l'envoi des morts, des loups-garous qui font partie du patrimoine culturel haitien. On tente de ridiculiser, de banaliser et même d'ignorer ces problèmes. Pourtant ils bloquent notre développement économique.

Dans ce climat de peur comment peut-on espérer une accumulation du capital? De quelle augmentation du PNB peut-on parler? La variable culturelle est limitative. Sans une analyse profonde du vaudou et sans son initialisation parmi les contraintes de notre équation, le développement économique d'Haiti n'est pas possible. La solution ce n'est pas de suivre l'exemple de crétinisme parfait de l'Eglise catholique d'Haiti qui, par paresse a lancé la campagne de rejete et le déchouquage. On ne peut pas brûler ni effacer une culture . En jouant sur le levier culturel on peut défaire les freins psychologiqu
es qui entravent notre développement économique. Mais il faut savoir comment s'y prendre. A cause de notre hypocrisie pendant deux siècles nous avons bridé nos légitimes aspirations. Il n'y a pas de développement économique in vitro. Le développement économique d'Haiti sera fécondé par l 'homme haitien et pour l'homme haitien dans le cadre de sa culture.

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T-dodo

Post by T-dodo » Thu Apr 28, 2005 9:54 pm

"Sans le vodou pas de développement" est un titre osé. Le raisonnement pour le prouver l'est beaucoup plus. Il est basé sur des données sans de bases statistiques.

[quote]Mais, la croissance économique résulte d'une accumulation continue et irréversible du capital. Qu'est-ce que le capital ? Ce sont les ressources matérielles, monétaires, intellectuelles dont on dispose pour produire. En quoi consiste essentiellement le PNB haitien: café, cacao, sucre, coton, riz, mais etc... Le monopole de la production agricole est détenu par le paysan.[/quote]

Ce raisonnement suggère que la majorité du PNB haitien vient de l'agriculture. La realité est que moins de 30% du PNB (Produit National Brut) haitien vient de l'agriculture. D'après les estimations statistiques du département d'état, le PNB haitien en 2002 était produit comme suit:

année fiscale 2002

27% agriculture
14% industrie


52% services
7% autres

Ces chiffres ne sont pas très différents des statistiques pour l'année 1982 du même bureau:

année fiscale 1982

32% agriculture
18% industrie
50% services et autres

Ce qui a trompé René est que à peu près 65% de la population a pour occupation l'agriculture. Je crains malheureusement que ce genre de raisonnement ou processus de décision refléte le modèle généralement utilisé en Haiti par nos dirigeants.

Maintenant, revenons à l'argument principal de René:" sans le vodou pas de développement." René n'a pas prouvé que le vodou soit un agent de développement. Ce serait un exercise futile car il ne trouvera pas un pays qui l'a prouvé. Le seul lien qu'il a établi entre le vodou et le développement est que à peu près 65% de la population haitienne dépend du vodou pour survivre dans les conditions courantes en Haiti du paysan. Durant le gouvernement d'Aristide, le vodou a été institutionalisé comme religion. Mais il n'y a aucune preuve
que la décision a contribué à ameliorer la situation économique de la paysannerie.

Certainement, René a raison d'accentuer l'importance du vodou à la population paysanne. D'ailleurs Francois Duvalier et Aristide l'ont bien reconnu. Cependant, elle n'a seulement contribué qu'à des bénéfices politiques pour ces derniers.

L'autre thèse de René est que la crainte parmi les pratiquants du vodou sert de contrainte à l'épanouissement economique du paysan. Mais c'est très difficile de penser que cette raison est majeure à son manque d'éducation de base et au gaspillage de l'expérience de la paysannerie dans l'agriculture due à une carence de moyens de transfert de la connaissance agricole acquise - kreyol non écrit - d'une génération à une autre. Il est fort possible que le contraire soit la vérité. C'est-à-dire que le vodou serve d'obstacles au développement de notre agriculture. Au lieu de chercher dans les methodes nouvelles d'agriculture pour augmenter sa récolte, le paysan haitien
perd son temps à le chercher dans le vodou.

L'argument ici n'est pas de minimiser l'importance du vodou dans la vie paysanne en Haiti. Au contraire, la pratique, comme pour toute religion, doit rester un choix privé. Cependant, le pays et le paysan seraient mieux servis si les efforts sont faits pour leur apporter la technologie de culture dans les normes d'autres pays, tels que Cuba, qui y sont beaucoup plus avancés que nous la-dedans. Ou plutot leur donner de l'assistance financière pour se procurer des outils et produits qui amélioreront leurs récoltes.

Gelin_

Re: Sans le vodou pas de développement

Post by Gelin_ » Fri Apr 29, 2005 12:56 pm

Ce que René a tenté de nous rappeller:

Sur le protestantisme...

[quote]...En bannissant la mollesse et la débauche, le protestantisme a évité le gaspillage tout en favorisant l'épargne et l'accumulation du capital.[/quote]

Sur la pratique catholique de l'Europe...

[quote]Le catholicisme a permis à la France et l'Espagne de coloniser le Tiers-Monde et de ramasser leurs fortunes en prêchant la résignation et la promesse d'une vie meilleure après la mort. En inventant le paradis et l'enfer il a comprimé tout sentiment de révolte chez l'opprimé.[/quote]

Sur le vodou tel que pratiqué en Haiti...

[quote]La petite marchande de clairin du coin pourrait monter une grande entreprise de débit d'alcool mais elle a peur. Le tenancier de la boutique d'en face pourrait dresser un magasin à grande surface, mais il a peur
. Ils ont peur de quoi? Des neuvaines, des lampes, de l'envoi des morts, des loups-garous qui font partie du patrimoine culturel haitien. On tente de ridiculiser, de banaliser et même d'ignorer ces problèmes. Pourtant ils bloquent notre développement économique. Dans ce climat de peur comment peut-on espérer une accumulation du capital? [/quote]

Je pense qu'il nous faut regarder la question du vodou d'une manière lucide. D'ailleurs les questions et pratiques religieuses devraient être traitées dans leur contexte social, politique et économique particulier. Je n'irai jusqu'à dire comme René que sans le vodou il n'y aura pas de dévelopement. Mais je pense que le dévelopement du pays devra tenir compte du contexte culturel si varié dans lequel évolue le paysan haitien.

gelin

T-dodo

Post by T-dodo » Fri Apr 29, 2005 4:22 pm

[quote]Mais je pense que le dévelopement du pays devra tenir compte du contexte culturel si varié dans lequel évolue le paysan haitien. [/quote]

Je suis entièrement d'accord avec toi là-dessus. Mais, Gélin, peut-être René et toi avez raison que les colons Français et Espagnols ont utilise le catholicisme comme un outil d'oppression pour rendre docile notre population et nos ancêtres. Peut-être le même raisonnement s'applique aux anglais et américains concernant le protestantisme et les principes calvinistiques de travail et de discipline.

Mais, même si vous deux aviez raison, cet outil d'oppression qu'ils appliquent aussi à eux-mêmes les rendraient aussi victimes de la même oppression dont nos ancêtres et nous avions aussi été victimes. Pourquoi quand ils utilisent cet outil entre eux, ils sont beaucoup plus productifs que nous, alors qu'ils produisent l'effet contraire sur nous? Ma réponse est que il
doit y avoir quelque chose d'autre qui manque dans notre culture et notre système économique qui cause notre sous développement. Le motif de René avec cette thèse peut-être non moins différant de celui utilisé par Aristide et Duvalier dans le rôle joue par le vodou durant leur administration.

Si l'on comprend le raisonnement de René, il y a un manque de compétition dans la paysannerie haitienne qui sert de frein à notre développement. Ce manque de compétition résulte d'une peur ou crainte qui est nourrie par les croyances vodouisantes. Le problème avec l'argument de René est que le manque de compétition parmi la paysannerie est tel qu'il devient l'un des plus grands obstacles au développement économique d'Haiti!

Cet argument est contre intuitif. Un prêtre noir américain m'avait confié combien la majorité de la paysannerie haitienne était tous des entrepreneurs (small business owners). Il s'est expliqué en ce sens en se basant sur le fait que la plupart des paysannes avec leurs conjoints pr
oduisent et vendent leur récolte au marché pour survivre. Il a été tant émerveille par ce phénomène d'entrepreneurship en Haiti qu'il a décidé d'investir dans une institution financière à but non lucratif en Haiti de micro-credit pour les aider à atteindre leur potentiel commercial. Cette pratique parmi les paysans est tellement répandue qu'il est difficile de conclure avec René que leur initiative de croissance est tant réprimée par des craintes à base de leurs croyances vodouisantes. Les craintes sont là. Mais, la magnitude de leur effet sur l'expansion du commerce de la paysannerie parait moindre que celle suggérée par René.

Le fait est que le sous-développement d 'Haiti est un sujet très compliqué avec des facteurs multiples contribuant à son état présent. Il faudrait des études économiques approfondies pour pouvoir établir tous les liens entre ces facteurs, avec tout leur degré d'importance, avant d'arriver à un diagnostique et recommander un remède. Pour l'illustrer, l'un de ces facteurs e
st le haut pourcentage d'analphabétisme de la paysannerie haitienne. On peut entamer un débat prolongé afin de déterminer lequel, entre l'analphabétisme et le vodou, soit le plus indispensable au développement économique du pays. Ce débat ne pourrait être conclu sans avoir des études économiques comme base pour des résultats sans doute. Mais, René n'a fourni que des anecdotes pour supporter sa thèse.

Gelin, les anecdotes citées par René sont des fois vraies: crainte d'être punis par les loas parmi les pratiquants du vaudou, l'importance du vodou à la paysannerie, l'attitude dérisioire des catholiques et des potestants a la pratique du vodou. Mais René n'a pas prouvé que ces problèmes etaient les plus grands obstacles à notre développement économique. Ce qui les rendrait absolument nécessaire pour notre expansion économique. Sans avoir des études pour le supporter, je suspecte que le taux élevé d'analphabétisme parmi les paysans, à peu près 75%, soit une condition majeure à celle du mépris ou l'ndiffé
rence au vodou.

Peut-être, en tenant compte de l'importance du vodou dans la vie rurale, çà facilitera l'implémentation de n'importe quel programme de développement économique. Ce n'est pas difficile d'accepter cet argument. Mais de la à dire qu'il y a une relation de cause- à–effet, comme René le suggère, entre le vodou et le développement économique, c'est le modèle de raisonnement trop commun parmi nos dirigeants et ceux qui aspirent à l'être, qui explique, en partie, notre position économique à la queue des pays de notre continent. Nous avons de bonnes solutions mais pour des faux problèmes. .

Jonas
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Post by Jonas » Fri Apr 29, 2005 5:09 pm

Crainte d'ètre puni par les loas

N'y a t-il pas cette méme crainte parmi les catholiques et protestants: crainte d'ètre puni par Jehovah?

J'avoue que ce que je connais du Vaudou, je l'ai appris dans les livres. Dans les années 50s et début 60s, l'un de mes voisins à Pétionville était Emile "Milo" Rigaud, qui avait beaucoup écrit sur le Vaudou et j'avais accès à sa bibliothèque, surtout après qu'il fut obligé de prendre l'exil par Duvalier.

L'un des problèmes majeurs que nous avons en Haiti est cette "culpabilisation" du Vaudou.

Le Vaudou est une religion comme les autres, tout comme le Catholicisme, le Protestantisme, l'Islam, le Shinto, l'Hindouisme etc, etc.

Le Catholicisme, le Protestantisme, l'Islam ont leur origines dans le Moyen Orient, tandis que le Vaudou a ses origines en Afrique.

PUREMENT ET SIMPLEMENT, NI PLUS NI MOINS.

Le Vaudou qu'on appelle S
ANTERIA à CUBA et MACUMBA, CANDOMBLE, LUCUMI au BRESIL, se porte très bien dans ces pays.

Et pour ceux qui demandent ce que le Vaudou a réalisé: Au Brésil cette religion a établi des institutions de bienfaisance, des sociétés d'entraide.

Ce que nous devons faire en Haiti, c'est déculpabiliser le Vaudou.

Cessons l'association des vieilles croyances supertitieuses européennes, à cette religion: les loup-garous n'ont rien à voir avec le Vaudou.

Dans un pays avancé comme Cuba (oui, Cuba est un pays avancé), le Vaudou renforce l'identité, la fierté dans leurs origines de la population afro-cubaine.

Il y a une "déculpabilisation" du Vaudou (Santeria) à CUBA.

C'est ce qui doit arriver en Haiti!

T-dodo

Post by T-dodo » Sat Apr 30, 2005 10:12 am

[quote] Je n'irai jusqu'à dire comme René que sans le vodou il n'y aura pas de dévelopement. [/quote]

C'est çà la base de la difficulté que j'ai avec l'argument de René. C'est une chose, de dire combien il est important de respecter la place du vodou dans la vie haitienne dans tout effort de développement économique. C'est tout à fait une autre chose, de dire qu'il n'y aura pas de développement sans vodou. Cette dernière est une fausse notion. C'est purement de la démagogie!

Jonas,

C'est bien dommage que le débat sur le vodou en Haiti était, ou peut-être l'est encore, muet dans les milieux scientifiques, pour ne pas dire intellectuels. Sur ce point là, René a raison. A part certaines émissions de Jean Dominique sur le syncrétisme dans les années 70 dont je me souviens, je n'avais pas accès à des discussions académiques ou des livres sur le vodou quand je grandissais en Haiti.


Tu étais chanceux d'avoir Rigaud comme voisin. Les miens qui pratiquaient le vodou n'utilisaient pas des livres pour communiquer leur expérience ou connaissance. La communication était toujours orale. Malheureusement, nous savons tous la valeur de l'oral comme instrument de communication de connaissance complexe. Elle diminue de plus en plus en plus éloignée qu'on aille de la source de la connaissance ou l'expérience. C'est ce qui vaut aujourd'hui cette "culpabilisation" du vaudou dont tu parles et de tous les clichés négatifs en Haiti ou ailleurs sur le vodou qui sont très courants.

Entre autre, saurais-tu si ces livres de Rigaud sont disponibles quelque part ici aux Etats-Unis d'Amérique? Je me souviens vaguement de la réputation de Rigaud dans la matière quand je vivais en Haiti.

[quote]N'y a t-il pas cette même crainte parmi les catholiques et protestants: crainte d'être puni par Jéhovah?[/quote]

Par contre, Jonas, la crainte dont tu parles da
ns le vodou est réelle et représente celle d'une autre personne qui veut utiliser le vodou pour faire du mal à autrui. C'est très différent de la crainte de punition par Dieu ou Jéhovah. Exaspéré devant les atrocités et crimes commis par François Duvalier contre les parents de certaines connaissances que j'ai eues quand j'étais gosse, j'ai toujours demandé à Dieu de le punir (réellement je l'ai souhaité). Mais il est bel et bien mort dans son lit, sans punition apparente de Dieu ou Jéhovah.

Je ne pense pas, d'après les anecdotes orales qui me soient rapportées, que c'est de la même façon que la punition est adminitrée par quelqu'un qui pratique le vodou et souhaite punir autrui qui lui a fait du tort ou simplement a violé les lois de la religion! Simplement, il va à un hougan ou manbo et le demande de punir. Ne me demande pas comment c'est fait et qu'est-ce qui arrive après çà! Je ne sais pas! Mais les pratiquants du vodou sont très jaloux de conserver la croyance qu'il y a une punition terrest
re pour transgresser les lois. Cette punition est la peine de mort!

Si ces anecdotes sont fausses, j'apprécieraies d'apprendre comment la punition est adminitrée dans le vodou. En d'autres termes, si c'est une chose souhaitée, ou plutôt, est-ce que le vodou a des moyens terrestres et réels de punir ceux qui ne respectent pas les lois de la religion. D'après Manbo Racine sur Corbett, ce sont des actions conrètes et tangibles. Je parle des punitions!

Jonas
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Post by Jonas » Sat Apr 30, 2005 11:10 am

Jean Marie,

Vous pourriez commencer par regarder ce show sur l'HISTORY CHANNEL:

VOODOO SECRETS
Ce show sera montré demain soir à 9 heures.

From what I heard, it is an excellent, first rate show which does a lot of debunking of the preconceptions that a lot of us have about vaudou.

This is part of the description of the show, by the HISTORY CHANNEL:


A cult of magic spells, diabolical curses, satanic worship, human sacrifice, zombies and dolls stuck with pins. Experts explain how, over the past centuries, the ancient religion of VOODOO has been systematically maligned, persecuted and nearly wiped out. To uncover the truth about Voodoo, we travel to where it began 5000 years ago on the Central west coast of Africa. In the tiny nation of BENIN, Voodoo is practiced today as it has been for thousands of years.

Let's watch this show.

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