Dialogue national

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T-dodo

Post by T-dodo » Fri Apr 08, 2005 1:02 pm

Palmis,

Toi et moi, nous sommes d'accord que les mêmes gens qui refusaient le dialogue avant, le demandent maintenant! Quelle convénience. Je comprends l'indignation et les ressentiments de ceux qui refusent l'offre de dialogue de ceux qui le font seulement quand il est dans leurs intérèts. Cependant, le problème est le suivant: "Pendant combien de temps on peut refuser le dialogue alors que le pays et la majorité des gens souffrent." Le plus tard ce dialogue commence, plus le processus d'amélioriations de la souffrance du peuple sera retardé. A mon avis, ceux qui sont en charge de vraiement aider le peuple ont un prédicament pas facile à résoudre.

Je pense que dans une situation pareille, l'éxemple de succès des autres parait être la meilleure voie. Celui qui me vient en tête le plus souvent est celui de l'Afrique du Sud après l'apartheid, "Truth and Reconciliation Commission." C'est un processus qui demande beaucoup de sa
crifices de tous. Cependant, c'est le seul avec aucune chance que la réconciliation durera. Et pour qu'il y aie réconciliation, il doit y avoir dialogue d'abord.

Maintenant, n'interprète mal ce que je viens de dire. Je ne suggère pas que les partisans du Président Aristide devront accepter tout ce que les de-facto opposants leur imposent maintenant au nom de réconciliation ou bien-être du peuple. Loin de là est ma pensée. Ceux qui ont commis des abus ou violé la loi et la constitution doivent répondre à la justice pour leurs actes, même si leur punition peut être négociée étant donné qu'il y a eu des erreurs de deux cotés. Cependant, le processus de négociation aurait contribué à calmer les nerfs et mettre le bien-être du peuple et du pays en avant de toute autre considération.

Jean-Marie

T-dodo

Post by T-dodo » Sat Apr 09, 2005 8:47 am

[quote]Un des dirigeants politiques présent à la cérémonie, Evans Paul candidat à l'élection présidentielle prévue en novembre et décembre, a regretté l'absence de certaines personnalités politiques et de la société civile notoire.

Des responsables du parti Fanmi lavalas de l'ex président Aristide n'ont pas participé à la cérémonie la qualifiant de démagogique. Selon un ancien parlementaire du parti, Gérald Gilles, le gouvernement n'a pas posé les bases d'un vrai dialogue. " Ce processus est pourtant indispensable pour l'avenir du pays", a-t-il souligné.[/quote]

Des fois je me demande si c'est un manque de sérieux ou plutôt de l'ignorance. A moins que l'administration actuelle prenne des mesures concrètes, comment peut-elle ésperer que les partisans du gouvernement Lavalas vont le croire.

S'il y a vraiement un désir de dialogue, le premier pas à faire est de rendre le climat propice au dialog
ue. Il devra commencer par libérer les prisonniers politiques sans chefs d'accusation. Ceux qui sont accusés de violations de loi devront paraitre devant un judge et expédier leur cas d'une maniére légale, juste et rapide. Ensuite, le gouvernement devrait reconnaitre qu'il y a de grandes erreurs qui ont été commises et prendre des dispositions pour dédommager ceux qui y sont été victimes. Sans des gestes concrets, je ne vois pas comment un vrai dialogue commencerait. Alors, je dois admettre que je révais quand j'ai listé les vraies actions qui devraient être prises pour réellement aboutir à un dialogue. C'est dommage, mais je dois me réveiller.

J'ai di plus tôt qu'il y avait des sacrifices à faire des deux côtés. Les deux protagoistes prominents doivent céder quelque chose ou il n'y aura pas de dialogue ou de paix. Leurs leaders devront montrer qu'ils se soucient du pays, de leurs peuples qui souffrent pour céder quelques uns des avantages de leur position pour l'avenir du pays. Au moins, la
postérité n'aura plus besoin de trouver une catégorie dérogatoire pour les classifier.

T-dodo

Post by T-dodo » Sat Apr 09, 2005 2:36 pm

[quote]Les Etats-Unis et Nous : la théorie de la conspiration.-

par Ericq Pierre

Voilà un thème qui va laisser beaucoup sur leur faim. Il y a tant à dire sur nos relations avec les Etats-Unis qu'il faudrait l'équivalent d'une encyclopédie pour y arriver. Or ce texte n'est qu'une réflexion très partielle sur un aspect particulier de ces relations. J'espère que ceux qui s'y intéressent pourront l'enrichir et l'étendre à d'autres aspects.

Quand on dit européen, on peut voir indistinctement un espagnol, un hollandais ou un suédois. Quand on dit africain, on peut penser, au choix, à un béninois, un sénégalais ou un burkinabé . Idem quand on dit asiatique, c'est soit un japonais, un coréen ou un vietnamien, par exemple. Mais, quand on dit américain, aucune précision n'est nécessaire. On ne voit ni un canadien ni un mexicain, ni un chilien ni un haitien . On se réfère spécifiquement à quelque chose ou à qu
elqu'un qui vient des Etats-Unis d'Amérique du Nord.

Les Américains ont pris le nom du continent pour eux tout seuls . Au point qu'on a l'impression que Amérique dérive de Américain . Et non l'inverse. Pourtant, tous les habitants de l'hémisphère occidental sont des Américains, vu qu'ils habitent le continent du même nom. Et les ressortissants des Etats-Unis d'Amérique devaient s'appeler Etats-Unisiens . Or, ce mot barbare n'existe pratiquement pas. Sauf en espagnol, où l'on rencontre assez rarement l'adjectif estado-unidense.

Les Etats-Unis, dès leur naissance, ont ainsi remporté sans coup férir une grande victoire sur la sémantique...

Quant à Haiti, certains ne la verraient pas d'un mauvais oeil hors de l'Amérique. C'est en tout cas mon interprétation de la déclaration récente du Président de la Commission de l'Union Africaine, l'honorable Alpha Oumar Konaré, qui a dit “qu'Haiti est un pays africain hors d'Afrique.” Or, je suis absolument sûr que les Haitiens eux préfèrent
qu'Haiti reste un pays caraibéen dans la Caraibe et donc dans le continent américain. Je me demande pourquoi d'ailleurs l'on ne dit pas des Bahamas ou de la Jamaique qu'ils sont des pays africains hors d'Afrique. Mais, allez savoir ce qui se passe dans la tête des gens quand ils parlent d'Haiti, même quand ils sont de bonne foi !

Il n'y a pas un pays au monde qui soit indifférent à ce que font –ou ne font pas -- les Etats-Unis. Parfois, on leur donne crédit pour des événements auxquels ils n'ont rien à voir. Souvent, on met à leur passif tout ce qui ne va pas dans un pays . Il y a même une règle non écrite qui peut se traduire ainsi : « Quand les choses vont mal, blâme les Américains. Si tu ne sais pas pourquoi, eux savent pourquoi ». En Haiti où les choses vont généralement mal, cette règle est appliquée plus souvent que de raison.

Nous faisons en effet preuve d'une ambivalence proche de la schizophrénie quand il s'agit des relations avec les Etats-Unis. Nous aimons bien qu'
ils soient à nos côtés, mais on dirait que nous aimerions qu'ils soient invisibles . En même temps, nous sommes souvent les premiers à les inviter ou à souhaiter leur intervention.

En 1985, aux Gonaives, des manifestants anti-gouvernementaux , s'enveloppèrent dans des drapeaux américains pour retirer aux autorités le prétexte qu'ils étaient des perturbateurs d'obédience communiste.

En 1986, un éminent prélat haitien déclara qu'en Haiti , les élections sont généralement contrôlées par les trois A , c'est-à-dire Armée, Argent, Américain. Et que désormais, il faudra ajouter un E pour Eglise .

En 1987, des activistes fraîchement débarqués d'exil dénoncèrent un « Plan américain pour Haiti » qui visait, d'après eux à transformer le pays en un immense « factory » qui exploiterait la main-d'oeuvre haitienne bon marché .

En 1988, des organisations socioprofessionnelles leur emboîtèrent le pas pour dénoncer la politique néo-libérale qui visait , disaient- elles, à r
emplacer le riz dans l'Artibonite par des plantations de fleurs qui pourraient être exportées aux Etats-Unis.

En 2003/2004, par contre, des associations commerciales et industrielles haitiennes firent une promotion agressive pour porter le Congrès des Etats-Unis à passer le « HERO Act » , plus tard dénommé le « HOPE Act » qui aurait pu aider à l'amélioration de notre balance commerciale et à la création de plusieurs milliers d'emplois dans l'industrie d'assemblage et dans les « factories » qu'on dénonçait autrefois.

En 2005, année d'élections en Haiti , les regards convergent déjà vers les Etats-Unis pour essayer de détecter vers quel candidat ils se penchent. Mais, il y en a tellement que les signaux ne sont pas encore clairs. Si jamais ils le seront. Ou même si signal il y aura.

En cette même année 2005, il se répète que des églises baptistes des Etats-Unis prennent des dispositions pour mettre leur influence et leurs ressources au service du prochain candidat protest
ant en Haiti. Comme le prélat de 1986, les protestants voudraient ajouter un E aux trois A ( En 1990 E , c'était pour l'église catholique ; en 2005 E sera pour l'église protestante ) .

Le dénominateur commun à toutes ces situations, c'est le poids énorme attribué aux Etats-Unis dans les moindres événements de la vie nationale. Pourtant, quand on analyse cette histoire des trois A , par exemple on est tout surpris de réaliser qu'en matière d'élections en Haiti, le A le moins influent est celui qui se réfère à Américain. Une première constatation donc : même si au début les Etats-Unis ne s'étaient pas trouvés du bon côté de l'histoire d'Haiti ( le passé, c'est le passé), cela ne signifie pas qu'ils aient toujours contribué à l'arrivée au pouvoir de nos dictateurs.

Mieux , quand j'ai consulté un historien sur la dernière fois qu'à son avis, les Etats-Unis ont facilité l'arrivée au pouvoir de quelqu'un chez nous , il m'a répondu sans hésiter que, depuis Lescot, le candidat des Etat
s-Unis n'a jamais gagné et que, en Haiti, l'influence des Etats-Unis s'exerce plus sur un président en exercice que sur un candidat. Comme quoi, l'on peut gagner les élections sans eux, mais l'on ne peut pas bien gouverner sans leur appui .

Quoi qu'il en soit, ils sont légion à penser que les Etats-Unis ne font jamais assez en Haiti ou qu'ils font mal ce qu'ils font. Le résultat, c'est que nous nous lançons très souvent dans des démonstrations laborieuses pour exprimer notre insatisfaction et notre doute quant à la volonté des Etats-Unis de nous aider vraiment, évoquant pour cela tant l'Histoire au passé que l'Histoire au présent.

Concernant le passé, il y en a qui aujourd'hui encore continuent de ressentir le fait que les Etats-Unis aient mis trop longtemps à reconnaître notre indépendance, aggravant ainsi notre isolement dans la région . D'autres estiment que, quand ils ont commencé de s'intéresser à nous, c'était pour nous occuper pendant dix-neuf ans et pour nous laisser e
n héritage la Garde d'Haiti qui était une armée d'occupation. (Ne mentionnez surtout pas les efforts faits durant cette période au plan sanitaire et pour moderniser l'agriculture, ils diront que de toute façon, il n'en reste aucune trace aujourd'hui) .

L'histoire au présent elle semble charrier pêle-mêle les griefs de tous les camps et de toutes les chapelles politiques . En voici quelques échantillons pris au hasard : ils ont supporté un embargo qui a détruit l'économie du pays ; ils accueillent les Cubains à bras ouverts et jettent nos émigrés en prison ; ils nous retournent des criminels américains d'origine haitienne qui aggravent les conditions d'insécurité chez nous ; ils ne veulent travailler qu'avec des organisations non gouvernementales (ONG) contribuant ainsi à affaiblir les institutions nationales.

Nous avons donc pris l'habitude de voir la main des Etats-Unis partout. Et plusieurs Haitiens regardent cette omniprésence avec suspicion et pensent que nous ne serons jamais
maîtres de notre propre destinée.

Rien d'étonnant dès lors que les relations entre Haiti et les Etats-Unis soient sujettes à des interrogations multiples , apparaissant beaucoup plus tributaires de cette perception d'ubiquité et d'omnipotence que de leur substance propre. La théorie de la conspiration demeure aussi très répandue . Même ceux-là qui, dans les années 80, dénoncèrent bruyamment le prétendu plan américain pour Haiti sont maintenant pris d'un doute. Ils ont combattu le Plan A, mais les Etats-Unis, disent-ils, ont appliqué un subtil Plan B qui était encore plus préjudiciable au pays.

Tenez-vous bien. D'après eux, ce plan B , qui a été mis en application depuis 1990 est passé par l'élection du curé de St-Jean Bosco , le coup d'état contre lui, sa restauration avec 20,000 Marines en 1994, sa réélection en 2000 et son éviction en 2004. Ils sont nombreux les Haitiens d'Haiti et de la diaspora à épouser cette thèse et à affirmer que tout ce qui s'est passé en H
aiti depuis le départ des Duvalier fait partie du plan américain pour Haiti.

Quand on fait remarquer que s'il y avait vraiment un tel Plan, la boucle a été bouclée en 2004 , beaucoup se montrent encore sceptiques en affirmant que les Etats-Unis préparent sûrement quelque chose d'autre. Soit un nouveau Plan A, soit un Plan C qui cette fois-ci devra être exécuté par la MINUSTAH. Décidément, les adeptes de la théorie de la conspiration ne se reposent pas et ne sont jamais à court d'arguments.

Certes, une minorité s'est toujours insurgée contre cette théorie, estimant que nous pensons ainsi tout simplement pour nous dédouaner et pour diminuer notre responsabilité dans nos mauvais choix et dans nos malheurs. Mais, il s'agit vraiment d'une petite minorité et de surcroît silencieuse , car elle n'est ni très vocale ni très visible.

J'estime, pour ma part, qu'il est grand temps que nous cessions d'alimenter ces différentes théories de la conspiration et de regarder l
a réalité en face. D'ailleurs, que nous ayons cru ou non à un Plan américain pour Haiti, il est évident que ce plan a échoué. Et pour les Etats-Unis. Et pour nous. Pour la première fois donc depuis très longtemps, il ne semble pas y avoir de plan précis pour Haiti nulle part. Ne croyons surtout pas ceux qui insinuent que la MINUSTAH est le nouveau visage du Plan américain , français, brésilien ou latino-américain pour Haiti.

Et puis, pendant que nous y sommes, au lieu de passer notre temps à combattre le plan (fictif ou chimérique) des autres, demandons nous de préférence si le moment n'est pas venu pour nous autres Haitiens de préparer enfin un Plan haitien pour Haiti . Je suis plus que certain que , si une majorité d'Haitiens arrive à se mettre d'accord sur un Plan , nos partenaires, qu'il s'agisse des Etats-Unis ou de la communauté internationale dans son ensemble , tous mettront leur propre plan de côté pour embrasser le nôtre.

Je propose donc que nous cessions de faire
des procès d'intention à ceux-là qui essaient de nous aider. Je propose aussi que nous profitions de la présence de la MINUSTAH chez nous pour nous l'approprier réellement . Prenons donc la MINUSTAH au mot pour la porter à contribuer pleinement et effectivement à la réussite du plan que nous aurons nous-mêmes préparé.

Ce n'était pas mon intention première. Mais, je viens de réaliser que j'ai fait un plaidoyer pour la réussite du dialogue national. Et c'est tant mieux. Car, le PLAN HAITIEN POUR HAITI NE PEUT SORTIR QUE D'UN VERITABLE DIALOGUE NATIONAL. C'est à mon avis la seule façon de repartir sur de nouvelles bases et de contrer toutes les théories de la conspiration !

Ericq Pierre.[/quote]

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