Le Ministre Bernard Gousse Sans Limites

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T-dodo

Le Ministre Bernard Gousse Sans Limites

Post by T-dodo » Sat Jan 29, 2005 10:50 am

[quote]Arrestations arbitraires, liquidations physiques des gens du peuple, répression aveugle, abus de toutes sortes, massacres, intimidations, impunité pour les criminels et corrompus à leur solde, etc., on croyait avoir tout vu, question justice en ce qui nous concerne ici, mais ce serait sans compter l'acharnement incontrôlable avec lequel les dirigeants de facto s'appliquent à tenter de faire disparaître le «spectre» de toute présence des masses populaires sur la scène politique.

Le ministre de facto de la Justice et de la Sécurité publique, Bernard Gousse, est le chef d'orchestre en titre pour diriger cette macabre entreprise. Tâche qu'il semble vouloir accomplir avec un zèle incomparable. Malgré le nombre effarant de militants et partisans de l'Organisation politique Fanmi Lavalas, près d'un millier, que lui et sa clique ont embastillés sans aucune accusation ni jugem
ent, il ne peut supporter qu'il arrive qu'un juge ordonne la libération de deux ou trois, ne serait-ce que pour donner le change et faire croire à un fonctionnement régulier du système judiciaire. C'est ainsi que dans une note datée du 30 décembre 2004, Gousse a officiellement intimé l'ordre au doyen du tribunal civil Jean-Joseph Lebrun de dessaisir les juges d'instruction Jean Sénat Fleury et Brédy Fabien de certains dossiers, évidemment sans aucun égard et un solennel mépris pour la si célébrée Constitution, dont l'Article 60 dit clairement: «Chaque pouvoir est indépendant des deux autres dans ses attributions qu'il exerce séparément», et l'Article 60.1: «Aucun d'eux ne peut, sous aucun motif, déléguer ses attributions en tout ou en partie, ni sortir des limites qui lui sont fixées par la Constitution et par la Loi» et aussi l'Article 60.2: «La responsabilité entière est attachée aux actes de chacun des trois pouvoirs». Mais tout cela, c'est trop peu ou pas assez pour le triomphant et fringant ministre de f
acto de la Justice Bernard Gousse.

En effet, Gousse n'aura point admis que les juges d'instruction émettent des ordonnances de libération à l'endroit de quatre «prisonniers» contre lesquels même lui n'aura pas su trouver de charges. Dans une interview sur les ondes le lundi 10 janvier, il a même prétendu, pour expliquer son ingérence, que les parents des justiciables emprisonnés se sont plaints de la lenteur du traitement des dossiers par les juges dessaisis. Un prétexte injustifiable, qui a porté le juge d'instruction Jean Sénat Fleury à remettre sa démission, et à déclarer: «Nous condamnons cet acte qui constitue une violation flagrante de la Constitution et qui porte également atteinte à l'honneur et à l'intégrité d'un magistrat. Avec un ministre comme Bernard Gousse, le système judiciaire haitien ne peut fonctionner que clopin-clopant… Je représente toujours un handicap pour beaucoup de ministres qui veulent fonctionner en dehors de la loi, étant donné que je ne reçois généralement d'ordre de quico
nque dans l'exercice de mes fonctions.»

Au fait, les prisonniers politiques en faveur desquels des ordonnances de libération ont été signées à la fin de l'année dernière sont toujours gardés en prison. Tels les cas de l'ancien maire Harold Sévère et de l'ex-commissaire de police Anthony Nazaire, et à ce titre le directeur général de l'Administration pénitentiaire nationale (Apena) Claude Junior Théodate agit en parfaite complicité avec Bernard Gousse n'a toujours pas encore exécuté l'ordre de libération émis en leur faveur.

L'avocat de ces détenus, Reynold Georges, a voulu lui rappeler que l'Apena n'est autre qu'un auxiliaire du commissaire du gouvernement et qu'elle est censée par conséquent appliquer à la lettre les décisions prises par les tribunaux. «Si les responsables de l'Apena refusent d'obtempérer à la justice, ils doivent être mis en isolement, révoqués et jugés, selon le vœu du Code pénal», a indiqué Georges. Pour sa part, l'avocat de l'ancien commissaire de police Anthony Nazaire, Co
que Junior, a annoncé avoir porté plainte contre Claude Junior Théodate pour séquestration d'un de ses clients et a cru devoir signaler: «Je croyais que le règne de l'arbitraire était révolu.» Il ne l'est pas de toute évidence, car depuis le coup d'État contre le gouvernement constitutionnel et légitime, les bornes ont été franchies et il ne reste plus de limites.[/quote]

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