Carnaval 2005 - Miscellaneous Reports

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T-dodo

Carnaval 2005 - Miscellaneous Reports

Post by T-dodo » Wed Feb 09, 2005 7:28 am

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Port-au-Prince / Premier jour gras : Test de participation populaire réussi
Mais parallèlement au moins quatre morts

Posté le lundi 7 février 2005
par Vario Serant

P-au-P., 7 fev.05 [AlterPresse] --- Malgré les craintes qu'on pouvait avoir en matière de sécurité en raison de la volatilité de la situation à Port-au-Prince ces derniers mois, le premier jour gras a été dans l'ensemble un test réussi pour le Comité du carnaval 2005 en terme de participation populaire. Il a en effet attiré des dizaines de milliers de personnes.

Les appréhensions en matière de sécurité étaient perceptibles au niveau des autorités haitiennes qui ont dû modifier le parcours du carnaval. Cette manifestation culturelle a démarré devant le stade Sylvio Cator en lieu et place du boulevard La Saline, un quartier sensible.

Pour tenter appar
emment de rassurer les carnavaliers, le Premier ministre Gérard Latortue et la ministre de la culture et de la communication Magalie Comeau Denis se sont montrés sur le parcours avant l'ébranlement du défilé. Ils étaient escortés de plusieurs agents de la MINUSTAH et membres de leur sécurité rapprochée. De nombreuses personnes hésitaient quelque peu à faire le déplacement. Ce n'est qu'en fin d'après-midi que la participation allait être massive.

On ne dispose pas encore de bilan précis pour ce premier jour gras en terme d'incidents enregistrés sur le parcours. Mais en dehors du parcours, des tirs nourris en provenance du quartier chaud du Bel-Air ont suscité un mouvement de panique parmi les carnavaliers. Ces coups de feu coincidaient avec un concert de feux d'artifices pour égayer l'ambiance au Champ de Mars. Après cette panique, qui a été de courte durée, les carnavaliers allaient se regrouper pour poursuivre l'ambiance jusqu'à l'aube.

Par ailleurs, une échauffourée a éclaté vers 21
heures ce 6 février entre un groupe de policiers et des anciens militaires présumés, faisant quatre morts parmi les agents de la police haitienne. Quoique divulgué peu après par une radio privée haitienne, cet incident n'a pas eu d'incidence sur la poursuite du défilé carnavalesque.

Quant à l'organisation du carnaval à proprement parler, le Comité du carnaval 2005 a peu ou prou honoré ses promesses sur le plan des couleurs, des déguisements et des masques. Depuis quelques années, le carnaval de Port-au-Prince tendait à perdre de son originalité, devenant un simple espace de défoulement. Il était donné également à voir à l'occasion du premier jour gras pas moins de douze chars allégoriques avec des motifs intéressants. Néanmoins, ces chars allégoriques circulaient souvent seuls, sans accompagnement musical. Ce qui a nui quelque peu à l'harmonie et à l'entrain recherchés. L'empressement du Comité du carnaval à faire démarrer le défilé à l'heure convenue explique vraisemblablement cette lacune. Pr
évue pour débuter à quatorze heures (heures locales), le défilé a en fait commencé à 15 heures 30.

Le carnaval 2005 bénéficie de la participation d'une quinzaine de groupes électroniques (chars musicaux) dont les principaux ténors de la musique populaire haitienne. Les meringues sont pour la plupart assez entraînantes. D'un groupe à l'autre, les textes explorent la fantaisie, la polémique et l'engagement, mais ne tiennent pas forcément compte du thème officiel du carnaval « Mon passé m'appartient ».

Le carnaval 2005 coûte à l'Etat haitien soixante-dix millions de gourdes (2 millions de dollars américains).

Le carnaval est très faiblement sponsorisé cette année par le secteur privé des affaires. Pour cause, un nombre limité de stands est constaté au Champ de Mars, moment important sur le parcours du carnaval. Des voix s'étaient élevées au niveau de ce secteur contre l'organisation de ces festivités cette année en raison de la morosité économique. Chaque année, les haitiens manifest
ent toujours de l'engouement pour cette fête populaire qui paraît pour eux « non négociable » malgré les aléas de la conjoncture.

Les périodes carnavalesques donnent généralement lieu à des propositions et plaidoyers pour la mise en place d'un comité permanent devant plancher sur la planification et l'organisation du carnaval pour en faire une activité rentable pour l'Etat haitien. Ces remarques d'observateurs avisés sont souvent récupérées par les autorités successives à des fins démagogiques, laissant la voie libre à l'improvisation dans le domaine. [vs apr 07/02/05 11:40]

Vario Serant [AlterPresse - Haiti] [/quote]

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Premier jour gras à Port-au-Prince : liesse populaire sur fond de grave crise politique et économique
4 policiers tués dans un affrontement avec des militaires démobilisés
Posté le lundi 7 février 2005
Par Radio Kiskeya

Au premier jour du Carnaval de Port-au-Prince, des mi
lliers de gens ont pris part au défilé, après des moments d'hésitation dus au climat politique.

Les port-au-princiens ont en effet tardé à se rendre au carnaval dimanche après-midi en raison des risques de dérapages et d'éventuelles actions des militants lavalas armés impliqués dans la sinistre Opération Bagdad. En début de soirée, cependant, ils ont déferlé par milliers sur le parcours, manifestant particulièrement leur joie dans les bandes à pied et dans l'ambiance folle des grands orchestres de tendance compas, ragga et racine. Tous ces courants musicaux sont en effet représentés dans le carnaval par leurs groupes et artistes les plus réputés : Sweet Mickey, T-Vice, Legend, Mass Compas, Mizik Mizik, Chandèl, King Posse, pour ne citer que ceux-là.

Un effort certain à signaler, c'est celui de la création cette année de nombreux groupes à pied déguisés et esquissant sur tout le parcours des gestes en rapport avec les tableaux qu'ils représentent. L'aspect spectacle que cette innovation don
ne au Carnaval permet à celui-ci de renouer avec une vielle tradition. Le Carnaval haitien constituait en effet dans le passé une véritable vitrine de la culture nationale. Il avait par la suite dégénéré pour ne devenir qu'un phénomène de masse et de défoulement, privilégiant la musique électronique sur la musique et les autres genres traditionnels.

De nombreux chars allégoriques, les uns plus attrayants que les autres, ont été distribués le long du parcours. On note cependant que la plupart d'entre eux ont défilé sans animation musicale. D'autre part, l'intervalle réduit entre les grands orchestres électroniques a produit des fois une atmosphère de véritable cacophonie.

En raison de la situation politique et de la crise économique, très peu de stands ont été construits cette année au Champ de mars. Il faut dire que, pour les mêmes raisons, de nombreux mordus du carnaval ont préféré prendre la direction de la République dominicaine, des Etats-Unis ou de Rio de Janeiro (pour les plus fortunés
).

Vers 11 hres du soir, alors que des feux d'artifice partaient du Palais National, des tirs nourris en provenance du Bel Air tout proche ont été entendus. Ce qui a provoqué une véritable panique. Les organisateurs ont alors décidé d'arrêté le défilé, quelques minutes après.

Cet incident est survenu quelques minutes après un autre, plus grave, survenu dans l'aire de l'aéroport. Il s'agit d'un affrontement entre militaires démobilisés et policiers qui a coûté la vie à 4 policiers.

Par ailleurs, les cadavres d'au moins 4 jeunes qui revenaient du carnaval ont été retrouvés à proximité du quartier de Solino, réputé être le fief d'un groupe de partisans armés de Jean Bertrand Aristide.

Deuxième jour gras à Port-au-Prince
Les chimères font de nouveau crépiter leurs armes
Posté le mardi 8 février 2005
Par Radio Kiskeya

Le deuxième jour de Carnaval à Port-au-Prince s'est déroulé lundi sans incident majeur en dehors des tirs enregistrés
au Champ de Mars et au Bel air aux environs de 10 hres p.m. qui ont semé la panique au niveau d'un segment du défilé. Cependant, contrairement à la veille, les gens ont vite recommencé à s'amuser jusqu'à la fin des festivités.

De nombreuses personnes ont choisi de rester au Champ de mars jusque au petit matin, pour ne pas s'exposer aux actions punitives des partisans armés de lavalas qui s'opposent à toute normalisation de la situation dans le pays depuis le départ de leur chef, Jean Bertrand Aristide. Il est bruit en effet que, au sortir du carnaval dimanche dernier, 4 jeunes ont été abattus dans un quartier proche de Solino, un bidonville réputé être le fief d'un groupe de bandits impliqués dans l'Opération Bagdad pour le retour de Jean Bertrand Aristide.

En dépit de l'exécution de 4 policiers la veille dans l'aire de l'aéroport international de Port-au-Prince, la police s'est montrée à la hauteur de la tâche au second jour du carnaval. Le dispositif était impressionnant le long du
parcours. Cependant, en raison de la date du 7 février devant marquer l'anniversaire de la seconde prestation de serment de Jean Bertrand Aristide, beaucoup de gens ont préféré ne pas faire le déplacement par crainte d'actions violentes des partisans de ce dernier en guise de commémoration.

Pour la troisième et dernière journée, les organisateurs du carnaval ont entrepris de faire démarrer le défilé de très tôt, de sorte que les festivités se terminent à l'heure prévue.

Le mercredi des cendres a été décrété férié par le gouvernement. Les activités doivent reprendre jeudi. Après le carnaval, Haiti sera en plein dans l'actualité électorale avec la publication imminente du décret électoral. Mais, parallèlement, deux défis sérieux continueront à se dresser face aux autorités : la question des chimères et de la violence politique et celle toute aussi problématique des militaires démobilisés.

Radio Kiskeya [/quote]



[quote]Posté le mardi 8
février 2005

(bold descriptions are of photos not shown)

Par Fleurival Ladenson

P-au-P., 8 févr.-05, [AlterPresse] --- Le Carnaval 2005, qui prend fin ce 8 février, a donné lieu à un certain nombre de créations artistiques et un mariage de couleurs, en dépit des difficultés de la conjoncture qui ont affecté la disponibilité de ressources et la participation populaire (2ème jour).

Char allégorique du ministere de la culture, réalisé à partir d'objets de récupération

Les artistes peintres, décorateurs, concepteurs graphiques ont usé de leur savoir faire pour présenter au public des images resplendissantes de l'artisanat, de la peinture et du folklore haitiens, ainsi que des figures emblématiques de l'histoire de l'humanité.
(Samples of figures in the carnaval)
Un masque traditionnel domine la foule

Autres masques traditionnels

Le cheval, au coeur de l'histoire d'Haiti

Chorégraphie indienne[/b:b08cdb43
01]

Toutes les tribus d'Afrique sont représentées dans cette grande manifestation culturelle et Les indiens de l'Amérique offrent durant 3 jours leurs chorégraphies d'un temps très reculé et parfois oublié. « Mon passé est à moi », rappelle le thème du carnaval qui invite à un flash back jusqu'à l'ancienne Egypte.

Bylie Alcide, reine du carnaval 2005

Les rois et reines choisis sont d'un optimisme, d'une finesse et d'une fierté rares. Belle, élégante, et vêtue d'habits qui sortent de l'ordinaire, la reine des reines de cette année, Bylie Alcide (photo logo), a déclaré à AlterPresse : « Je suis la plus belle femme au monde ». Gonaivienne de naissance, elle a conclu que sa ville natale, « même sous les eaux, peut accoucher des merveilles ».

Arnoux Toussaint, roi du carnaval 2005

« Obtenir le trône du roi dans le carnaval haitien, c'est pas compliqué », a laissé entendre Arnoux Toussaint, celui qui tient cette
année les rennes de la cour carnavalesque. Digne, dans son costume de fonction, l'heureux élu se félicite « d'avoir une bonne connaissance de cette fête ».

Le gouvernement a décaissé cette année un montant de soixante dix millions (70, 000,000) de gourdes pour l'organisation du carnaval. D'importantes dispositions de sécurité ont été prises par la police et la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d'Haiti (MINUSTAH).

Cependant, des perturbations ont été enregistrées dans le carnaval de Port-au-Prince. Le deuxième jour gras du carnaval 2005 baptisé « mon passé m'appartient » a accusé un certain déficit de participation populaire, comparé au premier jour gras, a constaté Alter Presse. Des tirs entendus dans la zone du palais présidentiel dans la soirée du 6 février avaient semé la panique parmi les carnavaliers.

Le 7 février, malgré les craintes suscitées par les incidents de la veille, des bandes à pied, au nombre de quinze, dont Fashion Matté, Relax band, School Band, Fami
lia, Titanic, Original Cash cash, Affection band, Filalang ont assuré l'animation peu avant la performance de ténors, tels que les orchestres Mizik mizik, T-vice, Djakout mizik, Sweet Micky, Boukman Eksperians et King Posse. [fl gp apr 08/02/2005 16:20][/quote]

T-dodo

Post by T-dodo » Thu Feb 10, 2005 6:31 am

[quote]Des centaines de milliers de fêtards au Champ de Mars pour le mardi-gras
Posté le 9 février 2005

Des centaines milliers de fêtards ont participé au défilé du mardi-gras à Port-au-Prince. Ils se sont surtout rassemblés sur le plus grand parc public du pays, le Champ de Mars, pour clôturer un mois de réjouissances populaires.

Cette année, la question de la sécurité était au coeur des festivités carnavalesques. La police haitienne et la Mission des Nations unies pour la stabilisation d'Haiti (Minustah) ont mis sur place un extraordinaire dispositif de sécurité pendant les trois jours gras, justifié en partie par les tirs entendus dans la capitale haitienne pendant les festivités.

Résultat, les bandes à pieds, les groupes déguisés, les chars musicaux et allégoriques, qui ont croisé les chars blindés de la mission onusienne sur des points du parcours, ont défilé sans qu'aucun incident
majeur ne soit enregistré, selon des observateurs. Des journalistes se sont cependant plaints que l'accès au service d'urgence du centre hospitalier universitaire de la capitale leur a été refusé.

Tout compte fait, la grande foule est descendue dans les rues pour célébrer le carnaval sur fond d'ambiance musicale déchaînée teintée de folies sonorisées, de couleurs et de créations artistiques diverses, après deux rounds d'observation, marqués dimanche et lundi par la prudence et la vigilance.

Les grands noms de la musique dansante haitienne étaient au rendez-vous, un an après le carnaval boycotté de 2004. Boukman Eksperyans, après plusieurs années d'absence sur le parcours des trois jours gras, a représenté dignement la tendance rasin en mal d'ambassadeurs cette année. Autre come-back remarqué, celui du King Posse, dissous pourtant après sa participation au carnaval de 2002.

La machine Michel Martelly, qui trois semaines auparavant disait, depuis la Floride occidentale fuir Haiti en r
aison de l'insécurité, a également réalisé un retour impressionnant. Le « président du konpa » a déployé son savoir-faire de vieux routier pour faire hurler une foule en liesse et acquise à sa cause, reprenant en écho les « A vie Sweet-Micky », les gaudrioles et autres refrains salaces lancés par le chanteur.

Le gouvernement de transition a déboursé cette année 70 millions de gourdes et s'est largement investi pour la réussite du carnaval dans un contexte difficile pour le pays. Cette implication a été matérialisée par la présence sur plusieurs fronts du président Boniface Alexandre, du Premier ministre Gérard Latortue et de la ministre du Tourisme Magali Comeau Denis.

« Je donne l'exemple. Je participe au cortège », disait dimanche M. Latortue interrogé en plein défilé carnavalesque par des journalistes. La ministre de la Culture, suivie par ses gardes du corps, s'est baladée lundi sur quelques mètres près du char de Demele, à qui l'on doit cette année l'une des pièces les plus populaires
.

JEC[/quote]

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