L’institution familiale dans la tempête

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L'institution familiale dans la tempête

Post by admin » Wed Jun 16, 2004 12:41 pm


Conférence prononcée par le RP. Dr Jomanas Eustache à l'occasion de la 22e Convention Nationale de l'Apostolat Haitien tenue à Seton Hall University, South Orange (NJ) du 4-6 Juin 2004

Avant de commencer mon exposé, je m'en voudrais de ne pas saluer la présence de Son Exc. Mgr F.G, Archevêque Émérite du Cap-Haitien parmi nous ce soir. Et dont les recherches en sociologie m'ont grandement facilité, allégé dans la rédaction de ma thèse doctorale. Je voudrais aussi saluer via Mgr G. Sansaricq - Directeur du Centre de l'Apostolat Haitien - tous les organisateurs de cette convention qui ont fait appel à mon humble personne pour conduire une petite réflexion sur un thème aussi important qu'est la famille. Enfin, je salue chacun et chacune des participants à cette convention dont je souhaite d'ores et déjà la réussite.


INTRODUCTION

Devant les nombreuses attaques venant tous azimuts en direction de la plus ancienne institution humaine et dans un effort visant à dynamiser les valeurs familiales, les responsables de l'apostolat haitien ont compris l'urgente nécessité d'informer les frères et soeurs haitiens de la diaspora sur le rôle de cette noble et belle institution fondée par le Créateur et profitent de l'occasion de cette 22e convention nationale pour réaffirmer leur volonté de protéger et d'aider à la protéger, contre vents et marées.

Le thème de la Convention est délibérément large; il ne s'adresse pas de façon spécifique à la famille chrétienne ou encore haitienne, mais plutôt à la famille en général, signifiant par là que le concept “Famille” n'est pas exclusivement réservé à ceux et celles qui professent la foi chrétienne ou qui sont originaires de ce petit bout d'île de la Caraibe qui porte le nom désormais bien connu d'Haiti.

Toutefois, en tant qu'haitien et chrétien catholique, notre réflexion ne peut ni ne doit ignorer ou faire fi de nos valeurs familiales fondamentales et surtout pas se démarquer de la vision chrétienne ou mieux de la lumière de la révélation divine qui éclaire la réalité de la famille. En tant que canoniste et civiliste, la portée ou l'implication juridique de la famille nous intéresse à un double titre.

Pour mieux notre orienter notre réflexion, nous avons choisi l'exhortation apostolique “Familiaris Consortio” du Pape Jean Paul II et la Charte des Droits de la Famille pour nous servir de supports tout au long de cet exposé.

Notre démarche est tout à simple, afin de faciliter la compréhension du thème par tous, nous essaierons d'abord de tirer au clair, ou si vous préférez, tenter d'expliquer les différents termes qui le composent. Ensuite, nous ferons des considérations juridiques sur la famille et une analyse de la situation actuelle de la famille. Enfin, nous suggérons quelques pistes de solutions.

Sans plus tarder, commençons donc par disséquer le theme, pour mieux l'étudier.


Quid des concepts “Famille – Poto Mitan (ou Axe, pivot )- Société?”

Des tentatives les plus diverses ont été faites, sont en train de se faire et se feront encore certainement pour essayer d'expliquer la réalité de la famille. Certaines d'entr'elles sont des définitions, d'autres plutôt des descriptions. Par exemple, en 1690, Antoine Furetière, dans son Dictionnaire Universel, définit la famille comme “ un ménage compose d'un chef et de ses domestiques, soit femmes, enfants ou serviteurs (1)”.. Le deuxième Concile du Vatican la présente sous le titre évocateur et combien significatif d'”Église domestique” (2). Elle est aussi par ailleurs définie comme une société naturelle et universelle (3). La Constitution haitienne en son article 259 la définit comme base fondamentale de la société

L'expression créole “Poto Mitan” sert, à notre humble avis, à décrire le pivot, l'axe, le poteau principal qui soutient un édifice et à défaut duquel ce dernier s'écroule. C'est en d'autre terme la pierre angulaire dans une construction en maçonnerie.

La Société: Selon le Larousse, ce terme désigne entre autres un ensemble d'individus unis par des gouts, une activité, des intérêts communs ou encore un groupe organisé de personnes unies dans un dessein determiné.

En affirmant que la famille est le pivot ou le “Poto mitan" de la société, nous affirmons donc du même coup le rôle fondamental et indispensable (sine qua non) qu'elle joue et est appelée à jouer au sein de la société. Famille et société sont deux termes complémentaires, en rapport dialectique constant. La famille est l'âme de la société. La société est le théâtre où se jouent les valeurs familiales. La famille est le lieu privilégié d'expérimentation des valeurs sociales. Ne répète-t-on pas souvent “telle famille, telle société?" De la qualité de nos familles dépendra la solidité de nos sociétés. Il est tout à fait insensé de prétendre protéger la société sans songer à protéger d'abord l'institution familiale.

Ici, nous aimerions expliquer un tantinet le terme “Institution” accolé à la famille. Dans la langue latine, les termes instituere,- institutio – institutum –constituere – constitutio, statuere – status- statutes, (de la racine stare) ont une importance particulière dans le langage juridique. Institution indique à la fois l'action de fonder, de faire et la chose fondée; elle implique l'idée d'ordre et de permanence dans le temps en plus de l'idée d'une réalité créee ou établie.

L'institution s'entend d'un organisme qui ne dépend pas de la libre volonté de ses membres, mais qui vit et agit en vertu d'une volonté supérieure qui la guide de l'extérieur et d'en haut (4). Ainsi, l'on comprend pourquoi nous disons que la famille est une institution fondée par Dieu le créateur. Par ailleurs, de même que l'institution, le “Poto Mitan” évoque en quelque sorte la permanence, la durée, une réalité établie.


Considérations Juridiques sur la Famille

Quand nous disons que la famille est une institution, nous voulons sous-entendre que comme toute autre institution elle a des règles qui président à sa constitution, son organisation et son fonctionnement. Étant la cellule de base de la société ou société en miniature, embryonnaire, il est donc du devoir des plus hauts responsables dans la société de la réglementer. Cependant, étant donné la maxime : “Ubi societas, ibi Ius” (chaque société a ses lois propres, les lois sur la famille peuvent varier, mais toutes se doivent de concourir à la sauvegarde de cette extraordinaire institution. Ainsi, par ex., la Constitution haitienne stipule en ses articles 259 ss:

” L'État protège la famille….Il doit une égale protection à toutes les familles qu'elles soient constituées ou non dans les liens du mariage…Un Code de la Famille doit être élaboré afin d'assurer la protection et le respect des droits de la famille…”

De même, ici aux États-Unis d'Amérique, il y a quantité de normes concernant la famille (certaines, étant malheureusement permissives, s'attaquent directement et violemment à la base même de l'institution familiale.

En effet, il n'est pas superflu de rappeler que la Famille, la plus ancienne institution sociale au monde, est tout d'abord une institution de droit naturel(5). Pour mieux comprendre l'adjectif “naturel”accolé à droit, il suffit de l'identifier à “rationnel” ou encore mieux avec l'”humain”. Le droit naturel consiste, en fait, en un ensemble de normes valides, absolues et universelles lesquelles créent une réelle obligation dans la volonté humaine…et assurent la base du droit positif ainsi que sa valeur et sa stabilité (pourquoi pas crédibilité?), autrement “ Nous n'aurons plus la loi, mais corruption de la loi: legis corruptio” pour reprendre notre cher et illustre prof. Dario Composta (6) . Disons donc pour nous résumer que le droit naturel, dans sa dualité de nature et de droit implique deux questions fondamentales une sur le concept de nature et l'autre sur celui du droit. Cette dite dualité peut être représentée par le binôme: Nature et Raison.

En effet, d'un côté, le droit naturel s'appuie sur le donné objectif et indispensable de la “nature” ou essence de l'homme; d'un autre côté, il suppose une référence à la rationalité même de l'homme, sans laquelle sa nature resterait au simple niveau d'animalité. Une nature sans raison ne fonde pas un droit; de même une raison sans nature ne fonde pas un droit naturel (7).

Tout cela nous conduit donc à parler à présent de la formation ou la constitution de la famille au point de vue du droit positif.

Selon notre doctrine, exprimée dans le Code de droit canonique, pour les fidèles catholiques la famille ne doit prendre naissance que dans le mariage chrétien. Et une des propriétés du mariage Chrétien est la constitution d'une famille selon la volonté du Créateur (8). Ainsi nous comprenons que le mariage et la famille sont interconnectés et constituent, d'après le Saint Père, l'un des biens les plus précieux de l'humanité (9).

Dans le préambule de la Charte des Droits de la Famille, nous lisons et commentons entre autres paragraphes:

La famille est fondée sur le mariage, cette union intime et complémentaire d'un homme et d'une femme, qui est établie par le lien indissoluble du mariage librement contracté et affirmé publiquement, et qui est ouverte à la transmission de la vie (10);

La famille, société naturelle, existe antérieurement à l'État ou à toute autre collectivité et possède des droits propres qui lui sont inaliénables;

La famille, bien plus qu'une simple unite juridique, sociologique ou économique, constitue une communauté d'amour et de solidarité, apte de façon unique à enseigner et à transmettre des valeurs culturelles, éthiques, Sociales, spirituelles et religieuses essentielles au développement et au bien être de ses propres membres et de la société;

La famille est le lieu où plusieurs générations sont réunies et s'aident mutuellement à croître en sagesse humaine et à harmoniser les droits des individus avec les autres exigences de la vie sociale;

Les droits, les besoins fondamentaux, le bien-être et les valeurs de la famille, bien qu'ils soient, dans certains cas, progressivement mieux sauvegardés, sont souvent méconnus et même menacés par des lois, des institutions et des programmes socio-économiques;

Beaucoup de familles sont contraintes à vivre dans des situations de pauvreté qui les empêchent de remplir leur role avec dignité;

L'Église catholique, sachant que le bien de la personne, de la société et son bien proper passent par la famille, a toujours considéré qu'il appartient à sa mission de proclamer à tous les homes le dessein de Dieu, inscrit dans la nature humaine, sur le marriage et sur la famille, de promouvoir ces deux institutions et de les defender contre tous ceux qui leur portent atteinte.

L'Institution familiale dans la tempête

Aujourd'hui, le fait que cette belle et noble institution qu'est la famille soit au milieu d'une terrible la tempête est connu de tous et partout. En effet, depuis maintenant plusieurs décennies, de sérieuses interrogations et appréhensions ont été soulevées à propos de l'institution familiale. Nous relevons entre autres que: La valeur intrinsèque du mariage est relativisée sinon décriée; la mentalité “divorciste'' (11) qui en est résultée est par ailleurs encouragée par l'expression bien connue : “le divorce n'est pas fait pour les chiens”; une tendance quasi généralisée à prioriser la loi du moindre effort et du plus facile; la libération ou la dépravation des moeurs; la conception libertine qui fait accroire que tout peut être permis même coram populo.

Dans son article “Famille en question” (12), M. Perrier note que les valeurs fondamentales que sont l'amour, la confiance, la fidélité, le respect, l'honneur, et qui ont de tout temps servi de structures de base à la famille pour avoir une société stable, sont considérées comme démodées…le vrai problème vient de ce que Dieu n'a plus sa place dans la société des hommes. Ayant perdu les vrais repères, l'homme et la femme ont bien du mal à remplir les fonctions morales et spirituelles les plus élémentaires pour vivre une vie normale et heureuse. Nous pouvons le constater à tous les niveaux de la vie sociale, mais surtout pour ce qui concerne la famille. Le noyau familial n'est plus cette première école où tous les petits peuvent apprendre ce qui est bon et ce qui est juste. C'est pourtant bien au sein de la famille que leur capacité d'affection et de confiance peut le mieux se developer, en pleine harmonie avec la croissance de leur corps et de leur intelligence. Dès leur plus jeune âge, le sens du respect et de l'amour du prochain peuvent ainsi leur être communiqué, l'exemple de leurs parents étant irremplaçable.

Dans un autre article, nous lisons:”le développement du système capitaliste dans le cadre de la révolution industrielle vole aux familles le temps de l'affection pour leur imposer un temps de labeur. Le travail de la femme ouvrière provoque des ravages sur la famille car il contribute entre autres à la reduction du nombre des naissances. Pour tenter de répondre à cette carence se développent alors de nombreuses institution créees par l'Église et par l'État pour prendre en charge les enfants des familles ouvrières délaissées (salles d'asiles, garderies) (13).

Ces articles résument en quelque sorte, à notre humble avis, les principaux éléments qui font déchaîner la tempête contre l'institution familiale, mais il faut de plus prendre en compte le problème des foyers mono-parentaux et surtout nous ne pouvons pas oublier ces deux autres éléments (et non des moindres) qui, si legalisés comme exigé erronément à cor et à cri par leurs défenseurs et sympatisans, constitueront le coup le plus fatal jamais porté contre la famille. Nous voulons parlons de la légalisation de l'avortement et du mariage entre homosexuels ou (same sex marriage).

Selon un sondage réalisé par USA TODAY, en l'an 2001, la Hollande devient le premier pays à accorder les mêmes droits issus du mariage tant aux couples hétérosexuels que ceux du même sexe. La Belgique a depuis pris une loi similaire. L'an dernier, l'Ontario et la Colombie Britanique devenaient les toutes premières provinces canadiennes à autoriser le mariage des homosexuels. Et depuis le 17 mai dernier, les couples du même sexe résidant dans le Massachusetts (USA) ont acquis le droit de se marier pendant que les législateurs et les voteurs envisagent un referendum et un amendement de la constitution pour l'interdire. Ces recours légaux peuvent prendre jusqu'à deux ans avant d'arriver à une décision (14).

Par ailleurs, au cours d'une audition par devant la cour suprême en mai dernier sur le mariage homosexuel, Mme T. Stewart, San Francisco's Chief Deputy City Attorney déclara qu'elle était préoccupée qu'une non reconnaissance des droits constitutionnels des couples engagés dans le mariage homosexuel ne leur fasse croire que leurs droits ne sont pas respectés. “Ou bien vous avez le droit au mariage, ou vous ne l'avez pas!” martela-t-elle. Enfin, “ Reconnaitre ce droit, ne va pas mettre une fin au monde ou à la civilisation”, conclut-elle (15).

D'après certains juges par contre, l'orientation sexuelle ne doit pas entrer en ligne de compte pour décider de la formation de la famille. Ainsi ils ne tiennent pas compte des considérations biologiquess, mais plutôt le rôle que les gens remplissent dans la maison. Ainsi, certaines décisions prises récemment par des tribunaux à Pensnsylvanie et à Delaware symbolisent le nouvel âge dans le droit familial, et la croissante flexibilité chez les juges dans la définition du role des parents. Ces tribunaux ont même ordonné à certaines lesbiennes de payer “le child support” pour les enfants qu'elles avaient grandi avec leurs partenaires avant leur separation (16).

Cependant, pour certains autres juges, l'homosexualité est une raison suf
fisante pour tenir quelqu'un à distance d'un enfant. Selon, le chef de la cour suprême d'Alabama, Roy Moore, la conduite homosexuelle d'un parent…crée une forte présomption d'incapacité qui à elle seule constitue une justification suffisante pour refuser à ce parent la garde de ses propres enfants. Selon divers rapports, le nombre des enfants vivant avec au moins un parent homosexuel est de 6 à 12 millions (17).

Que devons-nous faire?

Unum est necessarium! Devant la situation plus que préoccupante de la famille, il n'y a à notre humble avis qu'une seule et unique solution: “Faites tout ce qu'il vous dit…” (Jn 2, 5). Pour mieux sauvegarder les valeurs familiales, il nous faut re-braquer ou recentrer notre vie et notre conduite sur l'Évangile. A ce compte, les documents du Magistère sur la famille et le Mariage chrétiens, inpirés de la Parole de Dieu peuvent nous être d'un précieux secours. Ainsi conseille le Saint Père:

” Famille, deviens ce que tu es! …Remonter à l'origine du “geste” créateur de Dieu deviant alors une nécessité pour la famille si elle veut se connaître et se réaliser selon la vérité profonde non seulement de son être mais aussi au niveau de son action dans l'histoire…la famille a la mission de devenir advantage ce qu'elle est, c'est -à-dire communauté de vie et d'amour dans une tension qui trouvera son achievement – comme toute réalitée sauvée – dans le Royaume de Dieu…en partant de l'amour et en sy referent sans cesse, le recent Synode a mis en lumière quatre devoirs principaux de la famille:
1- La formation d'une communauté de personnes;
2- le service de la vie;
3- la participation au développement de la société;
4-la participation à la vie et à la mission de l'Église (18).”

Nous avons dit plus haut que le Mariage et la famille étaient voulues et crées par Dieu; il nous faut donc les protéger contre les attaques de ceux qui proclament la mort ou l'inexistence de Dieu pour que tout leur soit permis.

Aujourd'hui plus qu'hier, l‘Église a besoin des couples témoins; aujourd'hui plus qu'hier, l'Église a besoin au sein des chrétiens des voix audibles et persistantes pour informer tous azimuts que la Famille est et doit rester la pierre angulaire de la société;aujourd'hui plus qu'hier, l'Église a besoin de chrétiens décidés à vivre et à promouvoir les valeurs du mariage et de la famille; aujourd'hui plus qu'hier, l'Église a besoin de chrétiens prêts à oeuvrer pour que la société et, de façon particulière, l'État et les Organisations internationales, protégent la famille par des mesures politiques , économiques, sociales et juridiques, qui ont pour but de renforcer l'unité et la stabilité de la famille, afin qu'elle puisse exercer sa fonction spécifique; il nous faut, finalement, dans l'Église aujourd'hui des couples prêts à créer des associations avec d'autres familles et institutions, afin de remplir le role proper de la famille de façon appropriée et efficiente, et pour protéger les droits, promouvoir le bien et représenter les intérêts de la famille, tel que le souhaite la Charte des droits de la Famille.

Nos familles chrétiennes haitiennes gagneront à renouer avec la tradition de solidarité et d'assistance envers les divers members de la famille et qui tend à faire place à l'individualisme, au chacun pour soi; elles gagneront beaucoup à intensifier, à ne pas négliger la pratique religieuse au profit du “Time is money”. Les parents gagneraient à ne plus démissioner de leur responsabilité de modèles et de premiers formateurs de leurs enfants; les parents gagneraient à inventer des voies et moyens pour communiquer entre eux ainsi qu'avec leurs enfants. Malheureusement, nombre de nos familles confrontent un sérieux problème de communication à divers points de vue.

Au niveau du langage: souvent parents et enfants ne parlent pas la même langue. Les parents parce qu'incultes, ne peuvent pas s'exprimer dans la langue du pays d'accueil; ils ne peuvent donc pas s'informer de la situation de leurs enfants auprès de la direction de leurs écoles; souvent ils ne savent pas bien ou du tout dans quelle classe sont leurs enfants. Dans bien des situations, ce sont les enfants qui doivent traduire pour leurs parents voire prendre certaines decisions à la place de leurs parents. D'où interversion des rôles qui généralement produit de la frustration chez les parents comme chez les enfants et susceptible à la longue de dégénérer en conflit.

Au niveau physique: Dans certaines familles, les parents se voient très rarement et passent très peu ou pas de temps en famille. Conséquence, ils se parlent très peu ou presque pas. Chacun ignore tout à fait ou presque ce que fait l'autre en fait. D'où risque d'incompréhension de part et d'autre par manque ou absence de communication. Les parents de leur côté se plaignent que leurs enfants apprécient peu ou pas du tout les sacrifices qu'ils consentent pour leur assurer un avenir meilleur; les enfants estiment pour leur part qu'ils sont abandonnés, négligés, méprisés, mal aimés par leurs parents.

La communication étant un facteur capital dans toute relation sociale, l'est peut sans doute d'avantage dans la société familiale. Aussi doit- elle être priorisée dans l'intêret de la famille.


Conclusion

Parler de la famille est sans nul doute un sujet on ne peut plus simple et c'est peut être à cause de cela qu'il est si difficile à traiter. Étant la plus petite et la plus ancienne société au monde, elle donne naissance en principe à toutes les grandes sociétés ou civilisations du monde. Compte tenu des nombreuses et incessantes attaques dont elle fait l'objet pendant les derniers cinquante ans, certains prophètes de malheur annoncent sa disparition imminente. Par contre, les organisateurs de la 22e Convention de l'Apostolat haitien ont voulu, par mon humble voix, tirer la sonnette d'alarme ou si vous voulez donner un “wake-up call” à tous ceux et celles qui croient fermement que la Famille, oeuvre du Créateur ne disparaitra pas. Et tant et aussi longtemps que le Vivant la soutient, elle demeurera “Poto Mitan Tout sosyete ki vle kanpe djanm!

Excellence, Mgr, Chers amis, j'ai dit: je vous remercie!


1 www.fr.encarta.msn.com/encyclopedia

2 Concile Oecuménique Vat.II. Constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium, 11
Décret sur l'Apostolat des laics, Apostolicam Actuositatem, 11

3 Charte des Droits de la Famille, Le Saint-Siège, 22 Octobre 1983

4 Longhitano, Adolfo., Il Diritto nella realità della Ecclesiale, in Il Diritto nel Mistero della Chiesa, Pontificia Università Lateranense, Roma 1988, p.80

5 Le droit naturel, selon la conception classique, Chrétienne-Thomiste,” est dit naturel parce qu'il se fonde sur la nature de l'homme…trouve sa racine dans la capacité de raisonnement qu'à l'homme…par le fait qu'il se présente également à tous les hommes comme la raison même et partout nécessaire et obligatoire. Enfin, naturel, parcequ'il a comme premier tribunal la raison humain
e et comme juge et dernière instance Dieu.”(G.B.Biavaschi, Il diritto naturale nel moderno pensiero filosofico, Udine 1953, p.388.cite par Reginaldo Pizzorni, Il ditto naturale dale origini a S. Tommaso d'Aquino, pontificia Università Lateranense, Città Nuova Editrice, Roma, 1985, pp.605s.

6 Pizzorni, Reginaldo, op.cit.p.605

7 ibid

8 Canons 1055ss

9 Exhort.Apost. du Pape Jean Paul II, Familiaris Consortio, n.1

10 Gn 1, 27-28

11 Rappelons que les impacts d'un divorce peuvent être désastreux aussi bien pour les enfants, les parents eux-mêmes que pour les grands parents. Parfois, certains parents séparés ou divorcés éprouvent de la difficulté pour voir ou visiter leurs enfants, parceque tout simplement celui ou celle qui en a la garde leur refuse ce droit. A ce propos, David L. Levy, un expert américain, avocet et president du Children's Rights Council, parle des avantages qu'ont les enfants et les parents dans ce qu'il appelle un “shared ou co-parenting”. Sinon, ça peut être le début d'un calvaire sans fin pour tous.

12

13

14

15 C-SPN2, 5-25-04

16 ibid

17 ibid

18 FC n.17

Widy_

L'institution familiale dans la temp

Post by Widy_ » Thu Jun 17, 2004 8:49 am

Editè,

Sa se youn bon tèm dè reflèksyoun pou nou tout e dayè tout kalite rèlijioun si la tè ka pòte anlè enstitisyoun familial, kon fondman tout sosyete.

SI MWEN LA, se pa pou yenki repete gran diskou tout moun ap di men plito eseye konprann ki efe sosyete kapitalis la si fondman fanmi nou yo.

Sa nou pe di dè sa, se kè jòdijou, se nèg e siwtou nèg kreyòl ki pli dèyè, e menm tout kalite jounal ou syantifik blan ap karakterize nèg kon eklatman familyal. yo ap di kè se fanmi monoparental nou ye, e yo ap di tou kè si nèg dèyè kon sa se kè yo pa gen fondman familyal.

On biten ki vre, se kè pou detwi oun pèp 1er biten yo ka fè se atake fondman fanmi li.

Pou nou pwan oun ègzanp ann gade ki sa ki ap fèt nan kominote ewòp yo kè mwen konn pli byen:

byen de fwa, pou fè fanmi divize, gouvèlman kapitalis yo ap vante zafè a aid finansye pou fanm tou sèl, yo ka fè yo konprann kè si yo tou sèl yo ke gen oun lo lajan piskè gouvèlman ap ede yo.

Mezanmi si se mwen di zòt moun ki ka pri an sa. Lòw gade, fanm ap mande divòs kon divòs fèt, yo ap tromatize ti moun yo, yo ka malpale mari nèg yo tankou douvan pitit yo ki douvan tout kalite etranje ki ni.

Bagay tala ka mache byen pou 2w3 lanne, e oun bon jou, lè ti moun yo ap grandi, nou ka konstate kè ti moun sa yo se delenkan yo ye, yo ka vòlò, yo ka droge, yo ka vini kriminèl, piskè yo pa gen pon baz fanmi, papala menm ja pèd tout kalite enflians si pitit li, dayè se ti moun la paka menm rèspèkte-y.

SE SA KI REYALITE FANMI NèG.

Se byen lontan apwe kè se fanm la ap vini pwan konsians dè stipidite yo, piskè yo ap ba yo kòb pou 2w3 lanne men apwe sa yo pa gen anyen, yo blije pran oun bopè ba se se ti moun la, e byen souvan yo ap chanje.

SE TI MOUN LA MENM paka konprann anyen nan tou sa, e se yo ki ka sibi sa.

On dòt bagay nou ka wè ankò se oun lo fanm nèg "mono-parental" yo ka leve pitit yo sèl e pon moun pa ka mande yo anyen. Sa malere tou dè wè sa men san pran pozisyoun nou pe di kè kominote nèg se oun pwa fasil pou sistèm yo, piskè pa mank dè konesans, fanm nou ka mache adan nenpòt ki pièj men lè yo pran konsyans li ja tro ta ( tro ta ja mare yo) e tou sa ka fè kè se toujou ti nèg ki dèyè nan tout bagay.

Pou-m fin, nou pe wè tou, kè plen se fanm tala ka malpale mari yo douvan tout kalite moun, men sa mwen te vle sav, se kè ès kè se nèg (kreyòl) ki pli move si la tè ? ès kè se yo ki pli fann gas si la tè ?

Mwen menm an mwen mwen paka kwè sa, lè ou ka wè jan jouif arab, afriken e tout kalite moun si la tè ka trete fanm yo, nou pe di kè se pa nou ki pli move nonm si la tè.

Dayè oun fenomèn na p wè konyela se kè tout kalite fanm atranje pisime rete èvè nèg sa ki ka montre kè yo pa pli move ki sa, alòs kè se fanm an nou la byen de fwa yo ja gen 2w3 ti moun èvè nonm deyò e lè yo ka pòte mannèv pou yo touve oun nonm pou rete èvè yo, pon moun pa le yo ankò e yo blije demède yo tou sèl èvè se ti moun la.

Widy_

L'institution familiale dans la tempête

Post by Widy_ » Fri Jun 18, 2004 4:31 am

Editè,

Pou evite tout kalite manipilasyoun ou rekiperasyoun ki ni, e pou wouvin si tèm prinsipal la, mwen ke di-w kè rèlijioun katolik se yon referans li ye pou nou, piskè lò-w gade, se katolik ki ap divòse plis si la tè.

AN EWÒP menm, si 4 mariaj katolik ou gen 3 divòs. Alòs si se pou nou chèche oun referans fò-n gade kote rèlijioun jouif ou mizilman e menm boudist, piskè se moun tala gen oun pli gran sans a fanmi ki katolik.

Mwen byen plase pou mwen pale-w dè sa piskè oun moman mwen teka akonpaye oun koral katolik, e mwen pe di ou si tout se vie fanm la ki te adan-l pate ni oun sèl ki te gen mari, ou ankò yo tout te san nonm, alòs fò pa pon moun vin di mwen kè katolik se oun referans li ye, e menm si yo ka chante " bon dye bon bondye bon", se se menm moun tala ki ka vin ba madanm ou move lide.

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