Le baccalauréat haïtien, source de pauvreté!!!!!!!!

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Frantz
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Le baccalauréat haitien, source de pauvreté!!!!!!!!

Post by Frantz » Tue Jun 05, 2007 6:00 am

source: le Nouvelliste-4 Juin-2007
http://www.lenouvelliste.com/article.ph ... 2007-06-04

Le baccalauréat haitien, source de pauvreté

« Le baccalauréat haitien ne favorise pas l'épanouissement économique des scolarisés du pays. En s'attachant à l'intelligence intellectuelle et faisant abstraction de l'intelligence émotionnelle, le système n'oriente pas les gens vers la création. Il les rend tout simplement dépendant du système en place qui veut qu'on s'accroche à un emploi. » C'est le constat dressé par le PDG du group Croissance, Kesner Pharel lors d'une conférence prononcée le mercredi 30 mai dans le cadre des manifestations entourant la première décennie de la Coopérative (CECCOMH).

Pour lui, il n'existe pas un très grand rapport entre le quotient intellectuel et le dynamisme qui motive la création de richesse. Car, reconnaît-il, les plus intelligents ne sont pas forcément les plus riches et les plus pauvres ne sont pas toujours les moins intelligents.

Selon l'économiste, de nombreuses gens n'ayant pas réussi en Haiti l'aurait pu l'être aux Etats-Unis ou d'autres pays ne pratiquant pas le même régime éducatif que nous. Prenant en exemple Wyclef Jean qui, dit-il, ne brillait pas trop au niveau classique, il s'interroge sur l'éventuel sort de ce dernier si sa formation se faisait en Haiti. « Saurait-il réussir s'il se trouvait en Haiti, se demande M. Pharel. Il aurait pu se trouver dans la catégorie des très pauvres. »

Le PDG du Group Croissance plaide pour une culture financière dans l'environnement économique haitien, surtout dans le milieu des pauvres. Car, estime-t-il, il revient aux entreprises de microfinance d'aider leurs clients à mieux identifier les opportunités économiques et à provoquer cette culture financière dans leur environnement en leur inculquant le leadership et les formant en termes de construction d'actifs, de création de richesse et d'investissement.

Kesner Pharel estime que le salut des petites bourses réside dans la microfinance qui a su surmonter pendant longtemps les obstacles dressés par les grandes institutions financières.

Avec des chiffres on ne peut plus alarmants qui s'affichent dans le tableau haitien montrant une majorité écrasante au bas de l'échelle et moins d'un million de gens aisés, le micro crédit viendrait comme une manne pour le pays à travers le secteur des coopératives. Mais que faire pour redorer le blason de ce secteur après la crise de 2002 l'ayant sévèrement secoué, s'interroge-t-il.

M. Pharel recommande aux responsables des coopératives d'insuffler une nouvelle vie à ce mouvement très significatif pour le développement du pays. Car, fait-il remarquer, le doute nuit gravement à l'environnement de la finance. Il propose une forme de marketing axé sur la formation des sociétaires dans des domaines liés à l'investissement.




Lima Soirélus

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Guysanto
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Post by Guysanto » Wed Jun 06, 2007 5:01 am

C'est clair, tout ça.

Frantz
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Post by Frantz » Wed Jun 06, 2007 7:59 am

Oui "c'est clair”! La faillite, pourtant, était prévisible. Chez nous, n'importe qui s'arroge le droit d'ouvrir une école, s'affuble le titre de professeur. Et ceci depuis plus d'une vingtaine d'années. L'état n'existe presque pas. Il n'y a pas de controle. Tout est permis. Le civisme est absent. Et nos jeunes continuent à croire qu'avec le Bac, toutes les portes seront ouvertes. La réalité étant tout autre, les voilà en face d'une vie qu'íls n'ont jamais été preparés à affronter. On ne valorise pas les écoles professionnelles. On ne s'offre pas d'autres alternatives. Donc, ils n'y pensent presque pas. L'immagination, le sens de créativité leur font défaut. Le résultat ne saurait ètre autrement. Ils cherchent la voie facile. .. on connait le reste.

La microfinance à coup sur, a aidé plus d'un à sortir du statu quo. Cependant, il serait irresponsable de laissser le champ libre aux coopératives. Les petites bourses devraient ètre protégées par des lois appropriées. L'état devrait jouer son role regulateur .
frantz

Gelin
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Post by Gelin » Thu Jul 05, 2007 5:47 pm

Je me demande ce que Wyclef Jean vient faire dans l'analyse de Pharel. Je n'ai pas le texte de sa présentation, mais a t-il également nommé certains des plus aisés de la petite minorité avec une note sur leur quotient intellectuel...?

gelin

Leoneljb
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Post by Leoneljb » Fri Jul 06, 2007 8:11 am

En fait Gelin, je suis un ptit peu confus aussi. On a mentionne le succes de Wyclef qui n'a rien a voir au titre de l'etude.
Dans la communaute Internationale, on pourrait trouver pas mal d'Haitiens qui ont eu beaucoup de succes au point de vue intellectuelle pour appuyer cette etude...
je pense que le succes de Wyclef est beaucoup plus materiel qu'intellectuel. C'est vraiment deux choses tout a fait differentes.

leonel

Gelin
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Post by Gelin » Sat Jul 07, 2007 3:54 pm

leonel, il peut s'agir d'un appel voilé à mépriser toute éventuelle prise de position de Wyclef sur l'agonie nationale - sous prétexte qu'il ne peut vraiment comprendre de quoi il s'agit....

gelin

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Guysanto
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Post by Guysanto » Sat Jul 07, 2007 11:09 pm

Mon cher Gelin, je crois que tu es en train de chercher midi à quatorze heures. Je pense que Pharel a simplement voulu dire que notre éducation formelle (études des cycles primaire et secondaire) ne favorise pas l'essor de la créativité (artistique ou autre) garante de nouvelles fortunes. C'est vrai qu'on peut observer ce phénomène dans tous les pays du monde mais Haiti reste un cas particulier. L'homme le plus riche du monde, Bill Gates, a dû quitter Harvard pour gérer sa petite entreprise de garage, Microsoft qui au fil des années s'est révélée être ni "micro" ni "soft". De même, un type comme Wyclef n'aurait sûrement pas trouvé l'encouragement qu'il fallait pour poursuivre son talent extraordinaire de "show biz" s'il n'avait pas abandonné la poursuite d'un baccalauréat en première partie et en deuxième partie. Cela ne soustrait rien du tout à l'intelligence naturelle de Wyclef, tout au contraire. Si aujourd'hui il est archi-millionaire, c'est parce qu'il a pu: 1) développer son talent musical et génie en show biz; 2) appliquer son intelligence de façon à bien gérer ses affaires. Pharel explique que les études classiques en Haiti n'auraient favorisé ni l'une ni l'autre de ces éventualités. Tandis qu'aux États-Unis, Wyclef aura sûrement bénéficié d'une attention particulière à ses talents artistiques durant son passage en High School (tu sais bien que les américains sont beaucoup plus pratiques sur ce point).

Ceci dit, le cas de Bill Gates est très différent mais je l'ai cité simplement pour montrer qu'il existe partout des limites aux systèmes de scolarisation, même dans les pays les plus avancés. En classes primaires, Einstein recevait régulièrement des zéros en Allemagne et aujourd'hui il est reconnu partout comme avoir possédé l'une des intelligences les plus brillantes qui aient vu le jour. Mais revenons à Haiti et tu verras que nos limites sont beaucoup plus sévères: pour être respecté(e)s, nos élèves doivent pouvoir parler le français "sans faire des surettes"; ils (elles) doivent être familiers avec les géants de la pensée ou litérature française; ils ne doivent pas jouer à la guitare ou au foot comme des voyous; et surtout ils ne sont pas encouragés à poursuivre les options non-universitaires dont le pays a grandement besoin, particulièrement celles qui conduiraient à un meilleur aménagement de nos resources humaines et naturelles. Non, loin de là, il faut s'efforcer à réussir au Bac I, au Bac II, ensuite aller à la Faculté de Médecine ou de Génie ou quitter le pays. Ne pas le faire, c'est se soumettre à l'évidence d'une intelligence inférieure, bien qu'en réalité il y ait différents types d'intelligence et certains bien plus associés à la réussite économique et la bonne gestion des affaires.

Moi, j'aimerais plutôt mettre l'accent sur une réforme de l'éducation axée sur la survie économique de nos huit (+) millions d'habitants et la préservation (ou enrichissement) de notre environnement. Question de développement bien sûr mais d'éducation également.

Pharel n'est pas arrivé jusque là (du moins dans l'analyse comme présentée dans ce reportage plutôt court du Nouvelliste). Il semblait s'adresser surtout à la réussite personnelle. Il va de soi que les réussites personnelles devraient être liées à la réussite nationale, mais ça c'est une autre paire de manches.

Guy

P.S. Je remarque que les derniers paragraphes s'adressent aux petites bourses, aux coopératives, à la microfinance, et aux micro-crédits. Je ne suis pas sûr du lien qu'a voulu faire le PDG du group(e?) Croissance au système d'éducation nationale. C'est pas évident. Ce serait bien d'en entendre plus.

Gelin
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Post by Gelin » Thu Jul 19, 2007 6:19 pm

J'aimerais te donner raison, Guy, mais j'ai remarqué que les plus sévères critiques du système éducatif haitien viennent de ceux qui ont " réussi " à partir de ce même système - y compris Pharel (?). Le célèbre Dr. Pompilus se considérait (à tort ou à raison) comme un rescapé du système...

En Haiti, l'éducation évolue dans un contexte socio-économique des plus difficiles, et c'est ce contexte d'oppression qui ne favorise pas la créativité - pas l'éducation formelle en tant que telle. C'est là mon opinion sur la question.

gelin

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