Annonce d'un nouveau livre: "Les Traites négrières"

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Annonce d'un nouveau livre: "Les Traites négrières"

Post by admin » Mon Feb 21, 2005 11:05 am

Ce livre nous a été vivement recommandé par un ami haitien vivant en Europe, come une oeuvre essentielle. Je vous passe des informations qui vous donneront une bonne idée de l'oeuvre en question. Pour l'instant, je ne le crois pas disponible en Amérique, mais il peut être commandé d'une librairie française.

Jonas, Jaf, Yaw, Nekita, Leonel et autres..., je pense que ce livre pourrait vous intéresser énormément.

Guy

Les Traites négrières. Essai d'histoire globale
Olivier Pétré-Grenouilleau
éd. Gallimard
474 pages
32 €
209,91 FF

[quote]Traité des traites
par Luiz Felipe de Alencastro

Une étude embrasse l'ampleur du commerce des Noirs, tant oriental qu'occidental, qui se perpétua du VIIe au xxe siècle. Exhaustive et didactique.


Le livre d'Olivier Pétré-Grenouilleau comble une lacune dans l'historiographie. Il s'agit, en effet, d'un des rares ouvrages qui ne négligent aucun des aspects de la traite négrière. D'où le pluriel assigné au titre, puisque la déportation d'Africains fut organisée par deux grands ensembles, les traites occidentales et les traites orientales (ou arabo-turques). Pour mesurer la dimension du phénomène, rappelons que les traites occidentales ont déporté aux Amériques près de 11 millions d'Africains entre 1525 et 1867, alors que les traites orientales (dans les voies transsahariennes, sur la côte swahilie et sur la mer Rouge) ont transporté 17 millions de Noirs, entre le VIIe siècle et les années 1920.

Un ouvrage de synthèse actualisée. C'est dire que l'étude du commerce des Noirs se situe d'emblée dans le domaine de l'histoire globale. Professeur à l'université de Lorient, Olivier Pétré-Grenouilleau appartient au réseau international de chercheurs spécialistes de la traite négrière. Ce liv
re précieux et didactique constitue donc un ouvrage de synthèse actualisée. Il comprend aussi une contribution originale à une interrogation aujourd'hui tenace: comment cette déportation a-t-elle pu atteindre de telles proportions à l'époque où les Occidentaux découvraient la liberté et en affirmaient la prééminence?

Divers arguments ont à l'époque justifié la traite atlantique. Sauver l'âme des Africains: leur transfert vers l'Amérique rendait plus facile leur évangélisation. Sauver leur corps: les esclaves étaient des prisonniers de guerre qui auraient été tués en Afrique. Ou simplement des motifs économiques: le travail des plantations tropicales était trop pénible pour les Européens. Mais c'est la mercantilisation des esclaves qui contribua le plus fortement à l'expansion de ces traites. Au départ, en Afrique, ou à l'arrivée, en Amérique, le marchand d'esclaves payait des taxes sur cette «marchandise» vivante. Ces taxes, prélevées par le fisc royal des puissances européennes, officialisai
ent et légitimaient de ce fait la possession des esclaves. Pourquoi questionner la légalité d'une propriété qui avait déjà été imposée, donc rendue licite, par la couronne?

Au total, le poids du travail sous coercition, qu'il s'agisse des captifs amérindiens, des esclaves africains ou des «engagés» (des prolétaires européens qui, pour payer le voyage, travaillaient sans rémunération), fut considérable dans le Nouveau Monde. Ainsi, aux alentours de 1580, les Africains représentaient 24% des émigrants aux Amériques. Par la suite, les arrivages d'Africains et d'engagés européens, puis asiatiques, n'ont cessé de croître. De ce fait, c'est seulement après les années 1840 que le nombre d'émigrants libres dépasse celui des esclaves et des engagés débarquant dans les ports américains.

Ces raisons expliquent la sensibilité de l'étude de la traite négrière. Aux Etats-Unis, l'université Brown (à Providence, Rhode Island), qui compta des marchands d'esclaves et des abolitionnistes parmi ses pre
miers mécènes, créa une commission chargée de mener une «réflexion profonde et sérieuse» sur les réparations relatives à l'esclavage et à la traite négrière. Par ailleurs, la France est le seul pays à avoir déclaré, par un vote au Parlement (loi du 21 mai 2001), que «la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraibes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité». Cette même loi prévoit que les programmes scolaires accordent à ces sujets «la place conséquente» qu'ils méritent. Dans ce contexte, le livre d'Olivier Pétré-Grenouilleau va jouer un rôle essentiel dans ce renouveau attendu de l'enseignement de l'histoire en France.

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D'une autre source: Amazon.fr -
[quote]Présentation de l'éditeurMonstrueuse, la
matière de ce livre l'est, pour deux raisons. Le sujet, d'abord : le trafic d'hommes noirs, " infâme trafic " jusque dans les justifications qu'on a voulu lui trouver, philosophiques, religieuses, économiques, politiques. Monstrueuse aussi, son étendue dans l'espace, de l'Afrique à la Méditerranée orientale puis de l'Afrique aux Amériques, le fameux " commerce triangulaire " n'étant que l'une de ses composantes ; et dans le temps, puisque cette histoire est longue de près de quatorze siècles. Il fallait à Olivier Pétré-Grenouilleau, pour maîtriser dans sa totalité l'étude de ce trafic et l'ériger en objet historique, une approche globale, qui mettrait en relation l'histoire de l'esclavage avec d'autres domaines de la recherche historique - histoire des idées, des comportements, de l'industrialisation... Cette méthode comparative, alliée à une vision à la fois panoramique et plongeante, permettrait de découvrir comment des logiques différentes, propres à l'Afrique noire, au monde musulman et à
l'Occident, ont pu se connecter pour donner naissance aux traites négrières. Comment, une fois pris le pli, enclenché l'engrenage négrier, les traites ont évolué jusqu'à leur terme, résultat d'une dynamique abolitionniste, certes ambiguë, mais radicale. De l'esclavage antique à la mise en place de nouveaux systèmes d'exploitation de l'homme, ce livre restitue pour la première fois dans son ensemble la complexité d'une histoire débarrassée des clichés et des tabous, riche aussi de révoltes et de combats. Un des phénomènes mondiaux à l'origine du monde moderne.

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