L’UEH, prête a s’investir dans la mise en place

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Marilyn
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L'UEH, prête a s'investir dans la mise en place

Post by Marilyn » Tue Dec 09, 2008 11:41 am

XIIe Colloque International des Etudes Créoles

Haiti : L'UEH, prête a s'investir dans la mise en place de l'Académie Nationale de la Langue Créole

dimanche 30 novembre 2008

Par Fritz Deshommes [1]

Soumis à AlterPresse le 29 novembre 2008

Du mardi 25 au samedi 29 octobre dernier s'est tenu au Club Indigo (Nord de Port-au-Prince) le « XIIe Colloque International des Etudes Créoles » organisé par le Comite International des Etudes Créoles, le Centre de Recherches Normes, Echanges et Langages (CRENEL) en collaboration avec des partenaires nationaux dont l'Université d'Etat d'Haiti.

Il revenait au Vice-Recteur à la Recherche, le Professeur Fritz Deshommes de déclarer ouverts les travaux. A cette occasion, il a relancé la question de l'Académie Nationale de la Langue Créole prévue par la Constitution de 1987. « L'UEH est prête à s'investir dans cette entreprise. Elle en appelle à tous les chercheurs, écrivains, haitiens et étrangers, aux membres du CIEC, du CRENEL, notamment à s'y engager résolument », déclare le Vice-recteur. AlterPresse publie ci-après le texte de son intervention.

Avant de partager avec vous mon sentiment sur ce que représente pour nous l'accueil en Haiti de ce 12ème Colloque International des Études Créoles, j'aimerais, au nom du Conseil Exécutif de l'Université d'Etat d'Haiti et en mon nom propre, vous adresser mes plus chaleureuses salutations. J'aimerais dire combien nous sommes heureux de la présence en Haiti des prestigieux membres du Comité International des Etudes Créoles. J'aimerais aussi rendre un hommage spécial aux dirigeants du Centre de Recherche Normes, Échanges et Langages, qui ont eu l'audace de présenter en 2006 la candidature d'Haiti pour l'organisation d'un tel évènement. Je dis « audace » car à cette époque, le pays traversait une situation particulièrement difficile.

C'est pour moi un grand plaisir de prendre part ce matin à la cérémonie d'ouverture du douzième « Colloque des Études Créoles ». Cet événement international se tient, depuis déjà plus de trente ans, dans un état créolophone différent. Or, c'est pour la première fois que nous, en Haiti, avons l'opportunité de l'accueillir. Et cela, en dépit du fait que nous sommes la plus grande nation créolophone en plus d'être la plus ancienne. Vous comprenez que ce plaisir est d'autant plus intense que nous avons dû attendre longtemps. Nous sommes donc heureux de pouvoir accueillir cet événement, ici, en Haiti, dans le plus vaste et le plus dynamique laboratoire du créole.

D'autant plus que nous, Haitiens, sommes très sensibles et très concernés par les précieux acquis du Comité International des Etudes Créoles qui a su, entre autres réalisations :

- Créer et imposer une nouvelle discipline scientifique, au sein de la linguistique, la créolistique ;

- Elaborer et diffuser un vaste travail de description des langues créoles ;

- Rendre disponible des instruments pertinents de défense, d'illustration et de développement de la langue créole, lesquels ont pu faire leurs preuves dans la mise en place de réformes éducatives, notamment aux Seychelles et en Haiti.

Dans le même temps des pas importants ont été franchis en Haiti durant ces 30 dernières années dans le domaine de la promotion et de la valorisation de langue nationale.

A part les travaux académiques et didactiques produits en Haiti et à l'étranger, il faut noter les points suivants :

- Le créole est devenu langue officielle depuis la Constitution de 1987 ;

- Le créole est reconnu comme langue et objet d'enseignement depuis la Réforme Bernard ;

- L'enseignement supérieur s'est mis de la partie avec la création de la Faculté de Linguistique Appliquée de l'UEH ;

- A la radio, dans les discours politiques, le créole a acquis droit de cité ;

- La dernière rentrée littéraire a été consacrée à la littérature créole.

Nous sommes donc loin, très loin, de cette période où le Directeur du Quotidien Gouvernemental « Le Nouveau-Monde », un intellectuel de belle eau pourtant, le Dr. René Piquion, pour ne pas le nommer, pouvait réclamer, « au nom de la raison d'Etat », de condamner au silence tous ceux qui osaient promouvoir et défendre la langue maternelle.

Cela dit, il nous reste encore beaucoup à faire pour que la langue créole acquière sa vraie place en pays d'Haiti et cesse d'être l'objet des discriminations de toutes sortes que nous connaissons :

- au niveau de la justice,

- au niveau de l'enseignement,

- au niveau de l'administration,

pour ne citer que cela. Le créole attend encore d'être consacré effectivement langue officielle.

Au niveau de mentalités, au niveau des valeurs, nous avons encore du chemin à parcourir pour que ce patrimoine riche et divers, ce socle fondamental de notre identité, ce véhicule et réceptacle de nos savoirs, nous l'assumions pleinement, avec toute la fierté et tout l'orgueil qui lui sont dus.

Dans cette perspective, nous souhaitons ardemment un rapprochement entre ce prestigieux Comité International des Etudes Créoles et nous. Plus encore, nous espérons fermement que la tenue de ce colloque en Haiti soit le point de départ d'un nouveau mouvement de défense, de promotion, de valorisation du Créole en Haiti.

Il faut que le Créole trouve en Haiti la place qui lui est due.

Il faut que Haiti trouve dans le Créole, dans le mouvement Créole, le mouvement créole international, la place qui lui est due.

Haiti, où pour parodier le poète, le Créole, ou la « créolitude », « s'est mise debout pour la première fois ».

Le créole, ce ciment qui unit tellement de peuples du monde, tant de nations de la Caraibe, le créole qui devrait être l'une des langues officielles du CARICOM.

Au moment où vont débuter les travaux de ce XIIème Colloque, historique par le lieu de son déroulement, je lance un appel solennel aux chercheurs, aux officiels et à tous ceux ici présents pour que l'Académie de la langue créole, prévue par la Constitution 1987, puisse voir le jour prochainement.

Oh !, je sais, qu'entre chercheurs, entre académiques, les violons ne sont toujours pas accordés sur ce point. Il y a des peurs, des incertitudes, des suspicions de toutes sortes.

Mais si nous voulons disposer d'un instrument prestigieux de promotion, de développement, de valorisation de ce patrimoine, témoin et dépositaire de notre identité et de nos savoirs locaux les plus pertinents, nous devons mettre en place cette Académie.

L'UEH est prêtre à s'investir dans cette entreprise. Elle en appelle à tous les chercheurs, haitiens et étrangers, aux membres du CIEC, du CRENEL, à s'y engager résolument.

Nous voulons profiter de ce moment pour rendre un vibrant hommage aux infatigables fondateurs du CIEC, dont les professeurs Robert Chaudenson, Lambert Felix Prudent, Ulrich Fleischmann, Anagret Bolle, et bien sur, le Doyen de la Faculté de Linguistique Appliquée de l'Université d'Etat d'Haiti, le professeur Pierre Vernet. De manière encore plus spéciale, je tiens à souligner le travail inlassable, substantiel et combien pertinent du professeur Robert Chaudenson, Président du Comité depuis sa fondation, qui a su mener sa barque à bon port. Je vous demande de bien vouloir reconnaître ce travail de titan et l'applaudir chaleureusement. Au nom du Conseil Exécutif de l'UEH et en mon nom propre, j'ai donc le privilège et le plaisir de déclarer ouverts les travaux du Colloque International des Etudes Créoles que je souhaite fructueux.

25 octobre 2009

[1] Vice-Recteur à la Recherche / Université d'État d'Haiti

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Marilyn
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Post by Marilyn » Wed Dec 10, 2008 11:12 am

We've been waiting for this type of development for many years. Is this merely conference rhetoric or will feet be put to this initiative?

Marilyn

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Guysanto
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Post by Guysanto » Wed Dec 10, 2008 11:55 am

Marilyn, I cannot bring myself to believe that this would be the moment. But Windows on Haiti is on line to support this initiative.

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Post by Marilyn » Wed Dec 10, 2008 12:10 pm

Nor can I, that's why I fear that this is conference rhetoric. I don't see anything in place to support such an initiative, especially the political will. I hope I'm wrong.

Marilyn

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Marilyn
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Post by Marilyn » Wed Dec 10, 2008 9:46 pm

Le Nouvelliste en Haiti

Culture

4 Décembre 2008

L'UEH pour une académie de la langue créole

On pouvait croire que la création d'une Académie nationale de la langue maternelle, telle que prévue par la Constitution en vigueur, était jetée aux oubliettes. Mais loin s'en faut. Comme un important fait divers, l'idée a tout au moins refait surface lors du Colloque international des études créoles tenu au Club Indigo du 25 au 29 novembre 2008, sous l'égide du CIEC et du CRENEL. Déterminée, l'Université d'État d'Haiti (UEH) s'est dit prête à s'investir dans la mise en place du projet.

«Je lance un appel solennel aux chercheurs, aux officiels pour que l'Académie de la langue créole prévue par la Constitution de 1987, puisse voir le jour prochainement». Par ces mots, le Vice-Recteur à la Recherche, Fritz Deshommes, a déclaré ouverts les travaux du XII Colloque organisé par le Comité International des Etudes Créoles (CIEC), le Centre de Recherches Normes, Echanges et Langages (CRENEL), en collaboration avec des partenaires nationaux, dont l'UEH.

Heureux que son pays, considéré comme le plus vaste et le plus dynamique laboratoire du créole ait pu accueillir cet événement, qui se déroule depuis déjà plus de trente ans dans un état créolophone différent, M. Deshommes n'a pu être en reste : «Nous, Haitiens, sommes très sensibles et très concernés par les acquis du CIEC, malgré les efforts qu'il nous reste à faire pour que la langue créole acquière sa vraie place en Haiti et cesse d'être l'objet des discriminations, que nous connaissons notamment au niveau de la justice, de l'enseignement et de l'administration».

Comme pour dresser le bilan des réalisations du CIEC, le professeur Deshommes a mis l'accent sur les travaux académiques et didactiques visant la promotion et la valorisation de la langue nationale auxquels cette structure de recherche a largement contribué. Travaux qui ont permis au créole de devenir une langue officielle depuis la Constitution de 1987, langue d'enseignement depuis la Réforme Bernard. «Au niveau des mentalités, des valeurs, nous avons encore du chemin à parcourir pour que ce patrimoine riche et divers, ce socle fondamental de notre identité, ce véhicule et réceptacle de nos savoirs, nous l'assumions pleinement, avec toute la fierté et tout l'orgueil qui lui sont dûs», nuance le Vice-Recteur à la Recherche, qui souligne que l'enseignement supérieur s'est mis de la partie avec la création de la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA).

Exprimant le voeu que la tenue de ce Colloque en Haiti soit le point de départ d'un nouveau mouvement de défense, de promotion, de valorisation du créole, Fritz Deshommes estime que cette langue devrait être l'une des langues officielles de la CARICOM, étant donné qu'elle constitue ce ciment qui unit tellement de peuples du monde, tant de nations de la Caraibe.

Inscrit comme tous ceux qui l'ont précédé - de Nice en 1976 au Cap-Vert en 2005 en passant par les Seychelles en 1979 - dans le Champ de l'interdisciplinarité (linguistique, anthropologie, littérature, histoire), avec une prise en compte prioritaire des problèmes du développement durable des aires en cause, ce Colloque a pris la forme d'une «Université d'hiver» où enseignants, chercheurs,experts nationaux et internationaux se sont livrés à des échanges fructueux et déterminants pour l'avenir de la langue créole.

«Approches anthropologiques des sociétés créoles», «les sociétés, cultures et langues créoles», «école et sociétés créoles», «adaptation de la didactique du français aux situations créolophones», «Formation des maîtres et outils pédagogiques», «problèmes linguistiques», ont été les principaux thèmes débattus à ce Colloque, qui a fait ressortir l'importance des domaines créoles pour les sciences humaines et sociales.

A noter que le rôle joué par le CIEC et le CRENEL dans le déroulement de cet événement visant les études sur les langues, cultures et sociétés créoles, tient aux perspectives définies comme majeures aussi bien par la communauté internationale (UNESCO, PNUD, Objectifs du Millenaire, etc.) que par l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), à en croire Michel Acacia, professeur à l'UEH. Et dire que les actes du Colloque seront publiés dans un numéro spécial de la Revue «Etudes Créoles» du CIEC.

Robenson Bernard

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Commentaires utilisateurs

Leopold LUCIEN | 5 Décembre 2008, 07:58:54 AM

La création d'une académie créole par l'HUEH n'a rien avoir avec ce qui est écrit dans la constitution. N'importe quelle institution ou particulier peut librement décider de créer une instance sur n'mporte quelle langue en Haiti en particulier sur le créole. La création d'une instance voulue par la constitution ne relève que de la loi. Seul le gouvernement de la République peut prendre cette décision. Une telle institution aura le statut d'organe autonome par là sera placée sous la tutelle d'un ministère. Elle aura pour tache d'appliquer la politique du gouvernement en ce qui concerne la langue créole.

Cette institution ne peut en aucun cas placer sous la tutelle de l'UEH. Celle-ci ne peut prétendre mettre sur pied une institution constitutionnelle.
Poussons la réflexion plus loin. Les dirigeants de l'UEH s'ils veulent remplir leur mission le mieux serait de penser à mettre en place au sein de cette université une acdémie des langues.

Cette struture aura pour misssion de faire des études sur l'ensignement et l'importance des langues dans le pays notemment à l'intérieur de l'UEH. Contrairement à ce qu'on pense généralement Haiti n'est pas un pays bi-linguiste mais quadri-linguiste: le créole ( la langue maternelle et officielle), le français (langue officielle, etc..) l'anglais ( langue parlée par plus deux millions haitiens notemment aux USA) et l'espagnol ( langue parlée par le milion haitien vivant sur la frontière). Ces langues sont enseigné à l'école dans le pays et sont nécessaire dans le cadre de ce monde ouvert et dominé par le nouvelles technologies.

Vouloir créer une académie créole c'est une fausse bonne idée mais purement rélever de la communication. Tout simplement c'est de la facilité pour donner l'impression qu'il y de chose serieuse qui fait à l'UEH. Une université sérieuse doit se démarquer de l'émotion et ne pas courrir après l'opinion publique. Elle doit jouer son role critique en anticipant les besoins de la société.

Serge
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Post by Serge » Thu Dec 11, 2008 11:30 pm

Guy, Mariylyn,

I was also happily surprised to read about the possibility of an Academy. What better way to insure the evolution of a language. I also hope this is not rethoric.

As for the comments of this guy, Leopold Lucien, it seems to me he is out of the loop; he misses the point, writes in a very bad French and does not understand the significance of the proposal. I bet you he does not even write kreyòl properly. He is in some kind of a twilight zone..


Serge

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